16 décembre 2015

#DearDaddy : CARE interpelle les hommes contre le sexisme

La vidéo #DearDaddy demande aux pères et futurs pères de protéger leurs filles contre le sexisme ordinaire et les violences sexistes, qui touchent une femme sur trois. Une campagne de notre bureau en Norvège.

La demande d’une petite fille à son père

Cette vidéo donne la parole à une petite fille qui n'est pas encore née. De l'adolescence à sa vie d'adulte, elle va être la cible de violences sexistes.

« Mon cher papa,

Je voulais juste te remercier de t’être si bien occupé de moi, même si je ne suis pas encore née. Je sais que tu fais déjà plus d’efforts que Superman, tu ne laisses même pas maman manger des sushis !

Mais je dois te demander une faveur. Attention : ça concerne les garçons. »

A l'école, on la traitera de « pute, de salope, de connasse et de plein d'autres choses » parce qu'elle est une fille

L'association CARE soutient l'égalité entre hommes et femmes
© CARE

« Parce que moi, je vais naître fille. Ce qui veut dire qu’avant mes 14 ans, les garçons de ma classe m’auront déjà traitée de salope, de pute, de connasse, de plein d’autres choses. C’est juste pour rire, bien sûr ! C’est typique des garçons, alors tu ne t’inquièteras pas. Et je peux le comprendre.

Peut-être que tu faisais la même chose quand tu étais jeune, en voulant impressionner d’autres garçons. Je suis sûre que tu ne pensais pas vraiment ces mots que tu employais.

 Avant mes 16 ans, certains de ces garçons auront mis leur main dans mon pantalon, un soir où j’aurai tellement bu que je ne tiendrai plus debout. Et même si je dis « non », ils rigoleront. Parce que c’est drôle, non ? »

A 21 ans, elle sera victime d’un viol

L'association CARE soutient l'égalité entre hommes et femmes
© CARE

« 21 ans, et sur le chemin de la maison, à l’arrière d’un taxi conduit par le fils d’un mec avec qui tu allais à la piscine tous les mercredis. Qui faisait tout le temps des blagues insultantes. Mais ce n’était que des blagues, alors tu riais.

Si tu avais su que son fils deviendrait mon violeur, tu lui aurais dit de changer de disque. Mais comment aurais-tu pu savoir ? Ce n’était qu’un garçon qui racontait des blagues bizarres, et dans tous les cas, ce n’était pas ton problème. Tu étais juste poli. Mais son fils, élevé dans ces blagues, est devenu mon problème. »

Adulte, "Monsieur Perfection" la frappe

L'association CARE soutient l'égalité entre hommes et femmes
© CARE

« Un jour, il arrête d’être Monsieur Perfection, et je ne sais pas pourquoi. Attends, est-ce que je suis en train d’exagérer ? Une chose est sûre, je ne suis pas « une victime ». J’ai été élevée en tant que femme forte et indépendante. Mais un soir, c’est juste trop pour lui : entre le travail, la belle-famille, le mariage qui approche… alors il me traite de pute, exactement comme toi tu as traité une fille de pute, au collège, une fois.

Il me frappe. Je veux dire, j’ai vraiment dépassé les bornes, je peux être une vraie connasse parfois, mais nous sommes toujours le meilleur couple du monde, et je ne sais plus où j’en suis parce que je l’aime, et je le hais, je ne suis pas sûre d’avoir vraiment fait quelque chose de mal ?

Et un jour, il manque de me tuer.

Tout devient noir. »

Une femme sur trois est victime de violences au cours de sa vie

L'association CARE soutient l'égalité entre hommes et femmes
© CARE

CARE dénonce ces violences qui sont le quotidien de millions de femmes à travers le monde. Une femme sur trois subit au moins une fois dans sa vie des actes de violence physique ou sexuelle, le plus souvent de la part d'un partenaire masculin, selon les chiffres de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

« Les femmes ne peuvent lutter seules contre ces violences sexistes, les hommes doivent s’engager à leurs côtés. L’égalité entre les hommes et les femmes ne se fera pas sans les hommes. Nous devons déconstruire le sexisme, racine de toutes ces violences. Nous devons prendre position contre la culture du viol en élevant nos enfants dans le respect des femmes », explique Philippe Lévêque, directeur de CARE France.

Le sexisme, racine des violences faites aux femmes

L'association CARE soutient l'égalité entre hommes et femmes
© CARE

Nous ne voulons pas faire d'amalgame. Un garçon qui traite une fille de « pute » ne deviendra pas forcément un homme violent ou un violeur. Mais il est important de changer les mentalités dès le plus jeune âge.

Comme le rappelle la jeune fille de cette vidéo :

« Papa, une chose en entraîne toujours une autre, alors arrête ce cercle vicieux, avant qu’il ne recommence.

Ne laisse pas mes frères traiter les filles de pute. Parce que ce n’est pas vrai. Et qu’un jour, un petit garçon pourra penser que c’est vrai.

N’accepte pas les blagues insultantes de mecs bizarres à la piscine, ni celles de tes amis, parce que derrière chaque blague, il y a toujours une part de vérité.

Mon cher papa, je vais naître fille. Je t’en prie, fais tout ce qui est en ton pouvoir pour que ça ne reste pas la plus grande des menaces pour moi. »

L'action de CARE

CARE contribue à l'implication de l'ensemble de la société - les hommes, les entreprises, les institutions et les Etats - en faveur de l'égalité de genre.

L'ONG CARE mène des programmes dans plus de 80 pays en développement. Nos projets soutiennent l' « empowerment » des femmes par une action conjuguée dans trois domaines :

  • le renforcement de la capacité d'agir des femmes : CARE leur permet de développer leurs connaissances et compétences, favorise la confiance en soi et facilite l'accès aux ressources.
  • la promotion de relations de pouvoir équitables : CARE aide les femmes à comprendre leurs droits et les encourage à participer aux décisions prises au sein de leur famille et de leur communauté.
  • l'évolution des structures et normes sociales : CARE soutient l'adoption et la mise en œuvre de lois et de pratiques permettant aux femmes d'exercer leurs droits en toute autonomie.