20 janvier 2016

Balkans : des jeunes s'engagent pour l'égalité entre hommes et femmes

Depuis 2007, CARE mène des ateliers de sensibilisation au respect des droits des femmes dans les écoles de 5 pays des Balkans. Découvrez les témoignages des jeunes qui défendent désormais l'égalité hommes-femmes.

Be a man : des ateliers de sensibilisation dans les écoles

Les sociétés des pays dans les Balkans sont marquées par des valeurs traditionnelles et patriarcales, ainsi que par l’héritage de la guerre. Cela se traduit par un fort taux de dépressions et d’actes de violences faites aux femmes. 

Depuis 2007, CARE a développé un projet dans les écoles de 5 pays des Balkans : la Serbie, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, le Kosovo et l’Albanie.

Des groupes de jeunes hommes, âgés de 13 à 19 ans, se rassemblent pour parler de la masculinité, de l'égalité des genres, des violences faites aux femmes, de la sexualité et del’alcoolisme. Ces ateliers permettent de favoriser une réflexion critique et de déconstruire les stéréotypes de genre très enracinés dans les mentalités.

Ces ateliers permettent aussi de développer les compétences des jeunes et de communiquer sur la question du genre au travers de photo, films, BD ou danses de rue…

42 719 jeunes ont déjà participé à ce programme.

© 2015/ Jelena Medic pour CARE

« On fermait les yeux face aux violences, comme si c’était quelque chose de normal. »

« Ici nous avons appris que la violence verbale est aussi une violence. Les gens ne prennent pas la violence verbale au sérieux, comme si c’était quelque chose de normal. A travers la violence verbale les personnes se "vident". Et ben, qu’ils se vident contre les murs de leur chambre ! Ici nous apprenons à canaliser l’énergie. »

© 2015/ Jelena Medic pour CARE


« Je suis venue par curiosité et pour apprendre à réfléchir par moi-même. A l’école, on ne fait pas ça. »

« Je pensais que ce groupe était nul et maintenant j’adore. Je peux parler ouvertement, notamment des relations homme/femme. Les membres viennent de nationalités différentes. On apprend aussi la tolérance. »

© 2015/ Jelena Medic pour CARE

« Je ne savais pas où m’informer. J'avais peur de poser des questions sur les relations entre hommes et femmes, la sexualité, les violences. »

« On est devenu une famille. Je confie des choses au groupe que je ne dis pas à mes parents. »

© 2015/ Jelena Medic pour CARE

« J’étais entouré par des violences, je ne savais pas comment faire. Je voulais trouver un entourage sans violence. L’origine des violences est la lutte pour une idée, le nationalisme. L’humour est la meilleure manière de s’en sortir. »

« J’ai trouvé les infos sur cet atelier sur internet. J’y participe depuis 2 mois. Il y a beaucoup de violences dans ma famille. Je ne savais pas comment faire, j’ai cherché une solution. »

Témoignage de l'écrivaine Irène Frain qui a visité ce programme à l'automne 2015

© 2015/ Jelena Medic pour CARE

« Du concret, rien que du concret. Ateliers, prises de parole, jeux de rôles, à l’endroit même où l’agressivité éclôt, dans les écoles.

C’est par eux-mêmes que les jeunes issus de communautés traditionnellement ennemies identifient les ressorts de la violence. Vite, des passions, des questionnements et des idéaux communs les réunissent, au cœur de leur quotidien : le lycée, la rue.

A Sarajevo, à Mostar, où rôde encore la mémoire des bombes et des balles, mais aussi dans les petites cités où s’agglutinent les réfugiés des camps adverses, ces milliers de jeunes choisissent librement, en toute conscience, le respect des femmes et le règlement des conflits par la négociation. Un miracle tranquille dont ils sont les principaux acteurs. »

Pour aller plus loin :