18 mai 2016

Crise des réfugiés en Grèce : « Après deux jours à Idomeni, on n'est plus la même personne. »

En dépit de ses propres difficultés, la population locale tente de venir en aide aux milliers de réfugiés qui sont présents sur le territoire de la Grèce. Xenia évoque son action en tant que bénévole au camp d'Idomeni, à la frontière de la Macédoine, et sa rencontre avec Fadwa, professeure ayant dû fuir la Syrie.

Une rencontre particulière qui incite à l'action

Xenia, bénévole au camp d'Idomeni ©CARE/Johanna Mitscherlich

Xenia est graphiste. Mais ces derniers mois, elle travaille en tant que bénévole au camp d'Idomeni aux côtés de réfugiés comme Fadwa.

« Quand j'ai rencontré Fadwa, j'ai immédiatement eu un coup de cœur. C'est une femme très belle et une battante.  »

Fadwa, qui était professeur à Alep, vivait alors à Idomeni avec ses trois jeunes enfants. Sa fille de 6 ans est atteinte d'une hépatite.

« Au bout d'un certain temps, je n'ai plus supporté de voir cette fillette, si maigre, presque un fantôme, dont l'état se dégradait sous mes yeux. J'ai demandé à mes parents si Fadwa et ses enfants pouvaient vivre dans leur appartement inoccupé. »

L'hospitalité des Grecs en faveur des réfugiés

Désormais, ses parents hébergent non seulement la famille de Fadwa, mais aussi deux autres familles, soit neuf enfants et cinq adultes au total.

« Je ne peux pas les laisser retourner à Idomeni. Les femmes n'y sont pas en sécurité, nous avons souvent entendu parler de prostitution et de viols. Ici, on devient quelqu'un d'autre. On est épuisé et on finit par être désespéré. Il suffit de deux jours pour ne plus être la même personne. »

Le regroupement familial : une procédure longue et difficile

« Fadwa ne mange presque plus et ne rit plus. Elle est constamment inquiète : son mari et ses enfants qui sont déjà en Allemagne lui manquent énormément. Son mari a un problème cardiaque et a besoin d'un traitement urgent. Elle a très peur qu'il ne meure avant d'avoir pu le revoir. »

Comme de nombreux réfugiés en Grèce, elle devrait avoir droit au regroupement familial, mais c'est un processus long et difficile. Les réfugiés doivent passer leurs appels via Skype, mais la plupart d'entre eux n'ont qu'un accès limité, voire nul, à Internet. Les horaires d'ouverture du bureau consacré à cette procédure au sein des services grecs de l'asile sont très limités : le jeudi matin, de 9h à 10h seulement.

Vous pouvez soutenir nos actions d'aide aux réfugiés

En Grèce, nous avons déjà aidé plus de 2 000 personnes. CARE distribue des kits d’hygiène ainsi qu’une assistance financière pour aider les réfugiés. Nous participons également à favoriser un accès à de l’eau potable et à des équipements sanitaires. Nos équipes ont également mis en place des accès gratuits à internet ainsi que des endroits pour recharger les téléphones portables. 

En plus de ces actions de terrain, nous demandons aux pays de l’Union européenne de respecter les droits fondamentaux des réfugiés et de mettre en place des voies d’accès légales et sûres pour les personnes ayant besoin de protection.