25 mai 2016

Grèce : expulser les réfugiés du camp d’Idoméni n’est pas la solution

Alors que près de 8 000 migrants et réfugiés sont expulsés du camp informel d’Idoméni, la crise humanitaire en Grèce se poursuit. CARE et son partenaire local, SolidarityNow, appellent les gouvernements européens à respecter leurs engagements et à faciliter la réinstallation des réfugiés. 

L'association CARE aide les réfugiés en Grèce
Le camp de Diavata Camp est l'un des camps officiels de réfugiés. Près de 2 500 personnes vivent ici.  ©  2016 / Johanna Mitscherlich pour CARE

« La solution à cette crise est entre les mains des pays européens »

Les pays européens ont les moyens et l’expertise nécessaire pour fournir à la Grèce l’aide demandée et essentielle pour soutenir les réfugiés. Nous demandons également aux pays de l’Union européenne de respecter les droits fondamentaux des réfugiés et de mettre en place des voies d’accès légales et sûres pour les personnes ayant besoin de protection.

« Il s’agit de la seule solution durable qui permettrait d’atténuer la crise humanitaire en Grèce. Le fait d’évacuer les camps informels, comme celui d’Idoméni, ne met pas fin à la précarité des conditions de vie des réfugiés, ni à l’incertitude qu’ils vivent au quotidien », déclare Thomas Rottland, membre des équipes de CARE en Grèce.

L’objectif initial de l’UE d’accueillir au moins 20 000 réfugiés à la mi-mai n’a pas été atteint. Pourtant, 35 000 à 40 000 personnes, bloquées actuellement en Grèce, pourraient bénéficier d’une procédure de réinstallation.

« La crise humanitaire qui se déroule en Grèce pourrait être évitée. Et la solution est entre les mains des gouvernements européens », déclare Epaminondas Farmakis, directeur général de SolidarityNow.

Réinstallation ou réunification familiale : des procédures peu accessibles pour les réfugiés

Depuis novembre 2015, seuls 979 réfugiés, qui étaient sur le territoire grec, ont été accueillis par d’autres États européens. En cause, un manque de volonté politique et des procédures peu accessibles.

« Avoir un rendez-vous avec les services dédiés aux réfugiés, c’est comme gagner au loto, nous disent les familles que nous soutenons. L’accès ne peut se faire que via Skype. Cette ligne est souvent saturée et les horaires réduits des services administratifs ne permettent qu’à 300 appels d’aboutir par semaine », raconte Thomas Rottland. 

Il faut prévenir les guerres, cause majeure de la crise des réfugiés

La communauté internationale doit également s’attaquer aux causes profondes de l’afflux de réfugiés, comme la guerre en Syrie ou les crises en Afghanistan et en Irak.

« Malheureusement, lors du Sommet humanitaire mondial, les États ne se sont pas engagés à faire le nécessaire afin de mettre fin à ces conflits. Aujourd’hui, ce sont des dizaines de millions de personnes qui en pâtissent », ajoute Epaminondas Farmakis.

Hier, la police grecque a commencé à expulser près de 8 000 migrants et réfugiés, vivant dans le camp informel d’Idoméni, proche de la frontière entre la Grèce et la Macédoine. Ils seront réinstallés dans 35 camps surpeuplés où les conditions de vie sont extrêmement précaires : manque d’accès à des infrastructures sanitaires, à une nourriture de qualité.

« Les réfugiés, installés à Idoméni, ne veulent pas retourner dans les camps officiels, gérés par l’État grec. Ces camps sont isolés. Selon les réfugiés, la vie dans ces camps est pire que la situation à Idoméni », déclare Thomas Rottland. 

CARE et son partenaire ont aidé 2 200 réfugiés en Grèce.

Vous pouvez soutenir nos actions de soutien aux réfugiés

CARE et son organisation partenaire Solidarity Now ont fourni une assistance financière à environ 2 200 réfugiés en Grèce, pour répondre à leurs besoins les plus urgents. Dans certains camps, CARE a mis en place des services gratuits d’accès à internet et de rechargement de téléphone.

Dans les mois à venir, CARE prévoit d’aider les réfugiés en Grèce en leur fournissant une assistance financière, des kits d’hygiène, et un accès à de l’eau et à des installations sanitaires.