07 juin 2016

Malawi : « Nous ne faisons qu’un repas par jour car El Niño a détruit nos récoltes »

Au Malawi, 3 millions de personnes souffrent de la faim. En cause, le phénomène climatique d’El Niño qui a dévasté une grande partie des récoltes agricoles. « Parfois, nous ne mangeons qu’une fois par jour », témoigne Rose qui s’inquiète pour la santé de ses enfants. CARE apporte une aide d’urgence à 167 485 personnes, tout en soutenant des solutions agricoles durables. 

L'association CARE aide les populations affectées par El Nino
Au Malawi, 3 millions de personnes souffrent de la faim, à cause d’El Niño qui a dévasté une grande partie des récoltes agricoles. « Parfois, nous ne mangeons qu’une fois par jour », témoigne Rose. © 2016 / CARE

Le Malawi a déclaré l’état d’urgence nationale

Dans sa maison, Rose frotte sa marmite qui n’a jamais été aussi propre. Car Rose a désormais beaucoup de temps libre : ses récoltes ont été détruites par les impacts d’El Niño et il est devenu très difficile de trouver du travail.

« Habituellement, ma famille vit grâce au maïs que nous cultivons. Mais cette année la sécheresse a tout détruit. Nous vivons au jour le jour », explique Rose.

Rose n’est pas seule dans cette situation : les trois quarts des habitants de son village ont perdu leurs récoltes. Le 14 avril 2016, le Malawi a officiellement déclaré l'état de catastrophe nationale, après deux ans d'une combinaison dramatique de crues soudaines et de sécheresses. 

Près de trois millions de Malawites sont en situation d’insécurité alimentaire. Et ce nombre pourrait être multiplié par cinq au cours des prochains mois, notamment au moment de la période de soudure, quand les stocks de nourriture et d'argent sont au plus bas.

L’aide humanitaire n’est pas suffisante

Dans le district de Ntcheu où vit Rose, CARE soutient financièrement près de 8 000 personnes. Mais l’augmentation des prix des produits alimentaires complique d’autant plus le quotidien de ces populations. Dans certaines régions du Malawi, le prix du maïs est 73% plus élevé qu’au cours des trois dernières années, selon l’ONU. 

« En mars, nous n’avons même pas pu acheter un sac entier de maïs. Et la semaine dernière, nous ne mangions qu’une fois, en fin de journée, pour ne pas dormir le ventre vide. Les enfants sont plus souvent malades parce qu’ils sont plus faibles. J’ai peur que notre futur soit très sombre », s’inquiète Rose.  

Il faut soutenir les populations sur le long terme

L’apport d’une aide d’urgence est essentiel et doit être augmenté. Il faut aussi penser au long terme. 

« Nous devons renforcer la résilience des populations face à ce type de crise. Il existe des pratiques agricoles pour pallier le manque de pluie et les autres impacts climatiques : culture de semences résistantes à la sécheresse, mises en place de systèmes d’irrigation plus efficace », explique Michelle Carter, responsable des programmes menés par CARE en d’Afrique australe.

Le développement de ces pratiques est soutenu par CARE et d’autres ONG. En près d’un an, certaines familles sont devenues plus résilientes. Elles ont pu sauver leurs récoltes en plantant des arbres pour créer des zones d’ombres, en utilisant du paillis (matériaux organiques ou minéraux placés sur le sol) pour conserver l’humidité des terres. 

« Il existe des solutions que nous devons soutenir afin d’initier des changements positifs pérennes », conclut Michelle Carter.