04 juillet 2016

Soudan du Sud : une femme déplacée sur cinq a été victime de viol, comme arme de guerre

Au Soudan du Sud, les attaques contre les populations civiles, et les femmes en particulier, se poursuivent malgré le fragile accord de paix signé en août 2015. Une femme déplacée sur cinq a été victime de viol, selon une récente évaluation. Depuis le début du conflit, il y a plus de deux ans, le viol comme arme de guerre s’est fortement généralisé et prend des proportions horrifiques, alerte l’ONG internationale CARE. 

Les célébrations du cinquième anniversaire de l'indépendance du Soudan du Sud - le 9 juillet - seront bien ternes pour les 5,1 millions de Sud Soudanais qui ont besoin d'une aide d'urgence.

« La situation humanitaire est critique et les violences contre les populations se multiplient dans l'indifférence générale. 100 000 à 300 000 civils auraient été tués au cours de ce conflit. Et la proportion de l’utilisation du viol comme arme de guerre est tout simplement horrifique. Ces violences dépassent l'entendement », alerte Fred McCray, directeur de CARE au Soudan du Sud.

Une récente évaluation de l'ONU démontre l'ampleur de cette crise : une femme déplacée sur cinq a été violée au cours du conflit. Dans la ville de Bentiu, théâtre de violents affrontements et lieu d'accueil de nombreux déplacés au nord du pays, 23% des familles ont été victimes de violences sexuelles au cours des cinq dernières années, selon une étude complémentaire. 87% de ces agressions ont eu lieu en 2015.

Et le chiffre réel de victimes pourrait être bien supérieur à ces estimations car ces crimes ne sont pas assez documentés et les violences sexuelles restent un sujet tabou. De nombreuses victimes ne se manifestent pas auprès des autorités ou des centres de santé car elles craignent d'être stigmatisées par leur famille ou leur communauté.

« La condition des femmes au Soudan du Sud était déjà très précaire avant le conflit. Beaucoup nous disent qu'elles sont considérées comme un bien, que leur valeur se compte au nombre de vaches que leur dot peut apporter. Leur situation s'est encore dégradée depuis deux ans. Aujourd’hui, les femmes sont spécifiquement ciblées par les groupes armés. L'usage du viol comme arme de guerre s'est généralisé », explique Philippe Lévêque, directeur de CARE France.

CARE interpelle les différentes parties au conflit pour demander la fin des attaques contre les civils. Sur le terrain, nos équipes sont mobilisées pour combattre cette forte augmentation des violences faites aux femmes : nous menons des actions de prévention qui impliquent les hommes et les garçons. Nous aidons également les victimes à accéder à une assistance légale, psychologique et médicale. Cela passe notamment par le soutien de plusieurs centres de santé. Enfin, nous soutenons les victimes à subvenir à leurs besoins par la création ou le renforcement d’activités génératrices de revenus.

« De manière plus globale, il faut revaloriser le rôle des femmes dans la société sud soudanaise. C'est pourquoi nous demandons leur participation au processus de paix et de reconstruction. Nous le constatons à travers le monde, la participation des femmes aux décisions politiques et à l'économie contribue à la pacification et au développement des nations », témoigne Fred McCray.

Contact médias

Nos équipes au Soudan du Sud sont disponibles pour tout commentaire.

Contactez Laury-Anne Bellessa, chargée des relations medias, bellessa@carefrance.org, 01 53 19 89 92/ 06 24 61 85 37

A propos de CARE :

CARE est un réseau humanitaire international de lutte contre l’extrême pauvreté et de réponse aux urgences, créé il y a 70 ans. En 2015, CARE était présent dans 95 pays.

CARE intervient dans la région du Soudan du Sud depuis 1993. Nos équipes ont déjà soutenu 300 000 personnes depuis le début du conflit : aide médicale, alimentaire, soutien aux activités économiques.  Nous menons également des programmes de retour de la paix et de prévention des violences basées sur le genre dans les régions du Nil Supérieur, d’Unité, du Nil Supérieur et d’Équatoria-Oriental.