11 août 2016

Syrie : « 2 000 jours après le début de la guerre. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment on en est arrivé là. »

Depuis 2 000 jours, la Syrie est ravagée par un violent conflit. Des réfugiés syriens, vivant en Jordanie, racontent les impacts de cette guerre sur leur vie quotidienne. 

« Tous les lieux où nous allions étaient bombardés. »

L'association CARE aide les réfugiés syriens
Sur la pancarte « Cela fait 2 000 jours que je n'ai pas été à mon école, depuis le début de la guerre. »© 2016 / CARE

Zain al Abideen, 12 ans, réfugié syrien originaire d’Alep.

« Je ne me rappelle que de peu de choses sur la Syrie. Je me souviens de mes amis, de mon école qui a été détruite par un missile. 

On s’est déplacé plusieurs fois en Syrie pour fuir les combats. A un moment, on vivait sur un terrain avec 20 familles. Tous les lieux où nous allions étaient bombardés. 

Ici, en Jordanie, je vis avec ma famille et je vais à l’école. J’ai des amis et je m’amuse avec mes cousins. »

« Ici, nous vivons à onze dans un deux-pièces. »

L'association CARE aide les populations victimes de la guerre en Syrie
Sur la pancarte « Cela fait 2 000 jours que je n'ai plus de chambre à moi. » © 2016 / CARE

Fatima, 40 ans, réfugiée syrienne originaire d’Alep.

« Nous avons fui après le bombardement de notre maison. Nous étions soudainement pauvres et sans maison. Daech est arrivé dans le village où nous nous étions réfugiés. Nous avons fui encore une fois. 

Avant la guerre, je travaillais dans une école. Ici, en Jordanie, je travaille en tant que volontaire dans un centre de réfugiés géré par l’ONG CARE. Je suis la seule de la famille à gagner un peu d’argent. 

En Syrie, nous avions une grande maison avec un toit terrasse sur lequel nous avions des plantes et des fleurs. J’adorais boire du thé entourée de tous ces parfums. 

J’avais aussi ma propre chambre. Ici, nous vivons à onze dans un deux-pièces. Nous sommes en sécurité, loin des horreurs de la guerre, mais la vie n’est pas la même qu’en Syrie. »

« Comment tout ça a changé si soudainement ? Je n’arrive toujours pas à le comprendre. »

L'association CARE aide les populations victimes de la guerre en Syrie
Sur la pancarte « Cela fait 2 000 jours que je n'ai plus pris de café avec mes amis. » © 2016 / CARE

Rami, 28 ans, réfugié syrien originaire de Daraa.

« Je n’ai pas vu ma famille depuis quatre ans. Ils sont tous restés en Syrie, ils ne voulaient pas abandonner leur maison. Ils ne voulaient pas devenir des réfugiés. Mon père m’a dit : « Si je laisse ma propriété derrière moi, où vais-je aller ? ». 

Je suis venu en Jordanie tout seul. Je m'y suis marié il y a deux ans. J’ai un fils de huit mois. J’espère qu’un jour il pourra voir la Syrie, rencontrer ses grands-parents et le reste de notre famille. 

En Syrie, nous étions heureux, notre vie était belle. Pendant mon temps libre, je jouais au foot, j’allais nager, pêcher. C’était un lieu merveilleux. Comment tout ça a changé si soudainement ? Je n’arrive toujours pas à le comprendre. »

CARE a déjà soutenu 1,5 million de personnes en Syrie et dans les pays voisins. Vous pouvez nous aider à poursuivre notre action.

CARE a déjà fourni une aide humanitaire à plus d'1,5 million de personnes : populations en Syrie, réfugiés syriens ou communautés hôtes des pays voisins comme la Jordanie ou le Liban.

Pour soutenir les réfugiés syriens, nos équipes :

  • distribuent de la nourriture et des biens de première nécessité (vêtements, ustensiles de cuisine, matelas),
  • améliorent l'accès à l'eau et à l'assainissement,
  • apportent un soutien financier (pour l'achat de nourriture, le paiement des loyers ou l'accès à des soins de santé),
  • apportent un soutien psychosocial,
  • informent les réfugiés sur leurs droits.