16 septembre 2016

Sommets pour les réfugiés : une nouvelle occasion pour les États de se défausser de leurs responsabilités ?

Les dirigeants du monde entier se réuniront lundi 19 et mardi 20 septembre, à New York, pour évoquer la crise globale des réfugiés et des migrants. L’ONG CARE met en garde contre les promesses et engagements de façade. De trop nombreux pays n’assument toujours pas leurs responsabilités éthiques, morales et légales. Voici l’analyse de nos équipes qui participeront à ces sommets, en tant qu’observateurs de la société civile. 

Des Sommets au rabais ?

Beaucoup des 90 paragraphes du document qui a été approuvé en août et sera officiellement adopté la semaine prochaine, intitulé "la déclaration de New York", ne contiennent aucun engagement. Il ne s’agit que de "considérations" qui seront appliquées "de façon appropriée". Ces formulations vagues sont autant de tentatives d’amoindrir les obligations et standards en termes de respect des droits humains. 

CARE dénonce l'indifférence choquante des États face à ce drame humain.

Hormis l’engagement de quelques États tels que le Canada ou l’Allemagne, l’indifférence choquante des gouvernements amplifie les souffrances des réfugiés, déplacés et migrants qui fuient violences, persécutions et extrême pauvreté. 

L’inefficacité des États aggrave cette crise humanitaire mondiale. Ils ne doivent pas fermer les yeux, ni se défausser de leurs responsabilités. Les six pays les plus riches de la planète n’accueillent aujourd’hui que 8,88% des réfugiés. Et ce, alors même que l’Éthiopie, le Kenya, la Jordanie, le Liban, le Pakistan et la Turquie, qui ne représentent qu’1,6 % de l’économie mondiale, accueillent un tiers des réfugiés du monde.

Il y a un clair manque de volonté politique de la part des pays développés.

La position des États de l’Union européenne en est la triste illustration aussi bien ce qui concerne le faible nombre de personnes accueillies que la précarité des conditions d’accueil. Par exemple, la nouvelle politique d’asile européenne met désormais l’accent sur les obligations des demandeurs d’asile plutôt que sur leurs droits ou sur la responsabilité des États membres à les accueillir ou à les protéger. De même, il est totalement révoltant et inacceptable que les conditions de vie des dizaines de milliers de réfugiés actuellement bloqués en Grèce ou dans les Balkans soient en-deçà des standards humanitaires de base. 

Faut-il rappeler encore une fois à nos dirigeants qu’il est urgent d’agir ? 

CARE demande aux États de : 

  • Assurer la protection de toutes les personnes qui fuient des conflits ou persécutions, mettre en place des routes migratoires sûres.
  • Respecter le droit d’asile et en faciliter les procédures, permettre la réinstallation des réfugiés et le regroupement familial.
  • Favoriser l’intégration des réfugiés et migrants, l’accès aux services de base (notamment en termes d’éducation) et à des travails décents.
  • Soutenir les personnes déplacées et les communautés hôtes dans les pays d’accueil, notamment via des financements humanitaires.
  • S’impliquer diplomatiquement pour mettre fin aux conflits en Syrie, en Irak et partout ailleurs.
Contact médias :

Nos porte-paroles à New York et Paris sont disponibles pour tout commentaire. Contactez Laury-Anne Bellessa, chargée des relations médias chez CARE France, bellessa@carefrance.org, 07 86 00 42 75