26 avril 2017

Népal. Le rôle essentiel des femmes dans la reconstruction

Deux ans après les séismes qui ont durement touché le Népal, le pays poursuit sa phase de reconstruction. CARE propose des formations mixtes à d’autres méthodes de construction et l’opération est doublement positive : d’une part, les nouvelles habitations sont plus adaptées aux risques de séismes et, d’autre part, la situation des femmes a évolué. Manu Tamang témoigne.

Manu Tamang, 36 ans, se faufile sur un chemin étroit qui mène vers le chantier en cours, où un groupe d’hommes attend ses conseils. Elle se tient parmi eux, sûre d’elle, et commence à répondre à leurs questions avec des explications précises au sujet des règles de construction récemment adoptées, de l’utilisation des matériaux et des techniques efficaces pour que les habitations résistent mieux aux tremblements de terre. Les choses ont bien changé…

Manu Tamang est devenue une maçonne reconnue. © CARE

« J’ai toujours voulu développer mes compétences pour subvenir aux besoins de ma famille.»

Manu travaille sur les chantiers depuis l’âge de 16 ans. Mais elle n’avait jamais eu l’opportunité de travailler directement sur la conception des constructions.

« On me disait de porter des briques et du sable puis de les apporter aux autres maçons qui étaient directement impliqués dans le plâtrage, la construction de piliers et le développement de fondations, mais j’ai toujours voulu apprendre ces savoir-faire afin d’améliorer mes revenus et de subvenir aux besoins de ma famille. »

« Faute d’argent, nous ne pouvions pas payer les frais de scolarité de ma fille. »

Les revenus complémentaires de Manu et de son époux n’étaient pas suffisants pour répondre aux besoins de leurs trois enfants.

« Ma fille aînée a dû abandonner l’école car nous ne pouvions plus payer les frais de scolarité », explique Manu.

Désespérée, au bout de 20 ans d’expérience, de ne pas parvenir à accroître les revenus du foyer, Manu a décidé de s’inscrire à une formation de maçonnerie dispensée par CARE et ses partenaires.

Les ouvriers du village de Uhiya déblaient les débris du centre de santé sérieusement endommagé par le séisme de 2015 et font place nette pour la reconstruction d’un nouveau centre. © CARE

Une formation très utile pour faire reconnaître ses talents

Manu nous explique que cette formation a été très utile pour accroître ses connaissances.

« Avant le tremblement de terre, il existait divers systèmes de construction, mais ils ne résistaient pas aux secousses des séismes. Désormais, de nouvelles règles de construction s’appliquent. Avec cette formation, j’ai appris à conformer mon travail à ces nouvelles méthodes. »

Grâce à CARE, Manu est devenue une maçonne reconnue ; son revenu a augmenté de 10 USD par jour, soit le double de ce qu’elle percevait avant sa formation.

Une évolution de l’image des femmes dans la société

Avec une nette amélioration des revenus de la famille, Manu peut désormais mettre de l’argent de côté pour reconstruire sa propre maison qui a été détruire par le séisme. Elle souhaite également que ses enfants poursuivent leur scolarité :

« J’espère que mes enfants n’auront plus jamais à abandonner l’école. »

Le rôle de Manu dans la construction des maisons de son village est significatif de la place qu’ont prise les femmes dans la reconstruction.

« En tant que femmes, les gens n’avaient pas confiance en nos capacités de maçonnes, mais après avoir reçu nos diplômes, nous avons commencé à recevoir de nombreuses demandes. »

Impressionné par les talents de Manu, son endurance au travail et son attention aux détails, le propriétaire de la maison actuellement en chantier reconnaît sa chance :

« Nous sommes heureux qu’une maçonne comme Manu nous aide à construire une maison solide. »

CARE poursuit ses actions auprès des populations touchées par les tremblements de terre de 2015 : plus de 1300 artisans locaux ont été formés aux techniques de construction adaptées aux risques de séismes.