18 juillet 2017

Crise syrienne : « Avocat respecté en Syrie et aujourd’hui réfugié en Jordanie, je dépends de l’aide des associations. »

Fayez était un avocat respecté en Syrie. Il était fier de pouvoir subvenir aux besoins de sa famille. Mais la guerre a tout bouleversé. Aujourd’hui réfugié en Jordanie, il dépend de l’aide des ONG - dont CARE - pour survivre. Il nous raconte son quotidien. 

«Quand nous avons fui la guerre, j’ai tout laissé derrière moi.»

« En Syrie, j’étais respecté et reconnu. J’avais de quoi faire vivre ma famille dans le confort et j’aidais également mes sœurs. Je donnais de l’argent aux associations caritatives. J’avais un revenu stable et je possédais 250 hectares de terres. Quand nous avons fui la guerre, j’ai tout laissé derrière moi. Désormais, je dépends de l’aide que je reçois. C’est difficile à vivre. » 

Fayez et sa famille ont fui la Syrie en 2012. 

« Nous sommes arrivés ici avec très peu de choses : nos économies et une valise contenant notamment des documents officiels, tels que nos diplômes. Mais après quatre ans d’exil et de chômage, nos économies se sont épuisées. Nous avons dû vendre les bijoux de ma femme et de ma sœur qui nous a accompagnés. » 

« En Jordanie, nous vivons dans un petit appartement. »

Bien que diplômés de l’enseignement supérieur, ses fils n’ont pas trouvé de travail. 78 % des réfugiés syriens interrogés par nos équipes en Jordanie sont dans le même cas. De ce fait, ils sont de plus en plus dépendants de l’aide humanitaire. Certains, à l’image de trois des fils de Fayez, tentent la dangereuse traversée en mer pour rejoindre l’Europe dans l’espoir d’offrir une vie meilleure à leur famille. 

« L’un de mes fils est ingénieur en systèmes d’information, tout comme sa femme. Ils vivent désormais en Allemagne. » 

Fayez, quant à lui, vit dans la banlieue d’Irbid, dans le nord de la Jordanie, où les loyers sont plus bas. 

« Comme de nombreux Syriens que nous connaissons, nous vivons dans un petit appartement pour 160 euros par mois. Parfois, il arrive que notre propriétaire accepte de ne rien nous faire payer. Mais sinon, nous dépendons très souvent des aides caritatives pour payer notre loyer.»

CARE soutient les populations syriennes

82 % des réfugiés syriens en Jordanie vivent sous le seuil de pauvreté, selon un rapport réalisé par l’ONG CARE

CARE et ses partenaires ont fourni une aide humanitaire à plus de 2,5 millions de personnes en Syrie et dans les pays voisins.