27 octobre 2017

Bilan de la table ronde: Building Africa’s financial ecosystem for development

Le 25 octobre 2017 à Bruxelles, CARE a organisé une table ronde sur les investissements permettant de soutenir l’autonomisation économique des femmes. Un mois avant le sommet UE-Afrique et le lancement du nouveau plan d’investissement extérieur de l’Union européenne, des expert-e-s de tous milieux* (secteur privé, banques de développement, Etats membres et institutions) ont identifié certaines bonnes pratiques.

Modifier en profondeur les normes sociales pour favoriser l’autonomisation économique des femmes

« Pour parvenir à l’autonomisation économique des femmes, il est nécessaire qu’elles aient davantage accès à la terre et aux ressources. Le travail familial non rémunéré doit également être mieux réparti entre les hommes et les femmes », a rappelé Claudia Fumo de DFID.

L’ensemble des panélistes s’est accordé sur l’importance de modifier en profondeur les normes sociales qui restreignent encore le rôle des femmes dans la société et leur place dans l’économie formelle.

Selon Cynthia Kamikazi de la Banque Africaine de Développement, pour que des financements puissent favoriser l’autonomisation économique des femmes, il est également nécessaire de créer un environnement favorable en renforçant la législation pour les droits des femmes. Il faut également améliorer l’accès des femmes à l’information ou encore avoir des réglementations facilitant la création d’entreprises dans le secteur formel.

Un propos soutenu par Cécile Poulain d’Advans : « Des centaines de millions de femmes travaillent dans le secteur informel sans aucune protection sociale et sans aucun cadre juridique. » 

Des investissements clés pour l’autonomisation économique des femmes

« Les Objectifs de développement durable (ODD) sont basés sur l’idée de changement. Le plan européen d'investissement extérieur devra apporter ce changement. » C'est ainsi que Zissimos Vergos de la Commission européenne a présenté les grands axes du plan d’investissement extérieur de l’UE.

Zissimos Vergos a précisé qu’il ne s’agit pas seulement d’un plan de financement mais plutôt d’un plan d’investissement inclusif. Un des cinq piliers de ce plan portera sur les petites et moyennes entreprises. Il accordera une attention particulière aux petites entreprises du secteur informel et aux femmes entrepreneures, dans le but de créer des emplois décents dans les États fragiles en Afrique.

Les investissements, des institutions comme du secteur privé, doivent aussi se concentrer sur l’inclusion financière des femmes, un facteur clé de leur autonomisation économique et de l’accès à de nouvelles opportunités financières.

Cécile Poulain d’Advans a notamment présenté le partenariat existant entre CARE et Advans en Côte d’Ivoire pour l’autonomisation des femmes au travers des associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC). Les AVEC, initiées par CARE, sont des groupes de micro-épargne permettant de renforcer les capacités des femmes les plus vulnérables. CARE met en lien certains groupements d’AVEC avec les institutions de microfinance, comme Advans, pour que les femmes aient accès à des produits financiers adaptés à leurs besoins.

Cet exemple illustre l’importance du partenariat entre le secteur privé et la société civile qui permet à la fois l’inclusion financière de femmes hors du secteur formel et qui favorise la création d’instruments financiers adaptés à leurs besoins. 

L’importance des partenariats multi-acteurs et actrices

Abigail Burgesson du Fonds de développement des femmes africaines (AWDF) a rappelé la nécessité de travailler avec les associations locales présentes sur le terrain. Celles-ci apportent des compétences et connaissances complémentaires et permettent de s’assurer que les femmes soient au cœur de ces financements.

L’ensemble des panélistes a conclu les échanges en insistant sur l’importance des partenariats multi-acteurs-trices pour s’assurer que les investissements soient bien investis en faveur des droits des femmes. Travailler en partenariat avec le secteur privé, les institutions et la société civile permet également de favoriser la mise à l’échelle de projets ayant déjà fait leurs preuves en faveur de l’autonomisation économique des femmes. 

*Composition du panel :

• Abigail Burgesson, Fonds de Développement des femmes africaines, Cheffe de projet

• Zissimos Vergos, Commission Européenne, DG DEVCO, Chef d’équipe C.4 – Politique de développement du secteur privé, Environnement économique propice, Compétitivité, Partenariat public-privé

• Cécile Poulain, Advans (institut de microfinance) Côte d'Ivoire, Chargée de projet

• Cynthia Kamikazi, Banque Africaine de Développement, Cheffe des Partenariats et diffusion, Experte des droits légaux et de propriété, Genre, Femmes et Société civile (AHGC)

• Claudia Fumo, Département du Développement International (DFID) au Royaume-Uni, Cheffe d’équipe Économie inclusive et genre et Conseillère principale sur le Développement social