13 novembre 2017

Les appels au secours des Syriennes assiégées dans la Ghouta orientale

Depuis 4 longues années, la région syrienne de la Ghouta orientale est assiégée par le gouvernement. Les partenaires syriens de CARE ont recueilli les témoignages des femmes de cette région. Voici quelques-uns des messages qu'elles souhaitent partager avec le monde. 

Plus de 360 000 personnes vivent en état de siège

Avec une population de plus de 360 000 habitants, la Ghouta orientale était autrefois connue pour ses richesses agricoles. Désormais, pour les populations prises au piège, chaque jour est une lutte pour survivre.

L'accès à l'eau potable est menacé. Les prix des denrées alimentaires se sont envolés à cause d’une pénurie de nourriture. Les cas de malnutrition sont en hausse. Et il n’y a quasiment plus de médicaments ou de matériel médical. 40 centres de santé et hôpitaux ont été détruits.

Les routes sont totalement coupées et les agences humanitaires n’ont pas accès aux populations. 

Cinq femmes témoignent de cette situation qualifiée d’ « urgence humanitaire » par l’ONU

  • « Mon bébé d'un an ne pèse que cinq kilos. Elle a besoin de nourriture et de lait. Elle est déshydratée. S'il vous plaît, j'ai besoin d'aide. Il y a beaucoup de malnutrition ici. »

  • « Ma fille a deux ans, elle s'appelle Esraa. Esraa est née avec un trou dans son cœur. Elle a besoin d'une intervention chirurgicale, mais il n'y a pas de médicaments et aucun moyen de pratiquer cette opération. Elle souffre à cause de ce siège : nous ne pouvons pas partir pour la faire soigner. Nous espérons que les routes vont rouvrir le plus vite possible. »
  • « Je suis Mariam, j'ai 29 ans. Je suis mère de deux enfants. Chaque jour, je rentre du travail après avoir passé toute la journée à me demander comment trouver de quoi nourrir mes enfants. Quand j’arrive à la maison, ils m’attendent près de la porte et me demandent: “As-tu de la nourriture ? Maman, nous avons faim. Nous voulons juste du pain. ” Je reste silencieuse, je n’arrive pas prononcer un seul mot. Je suis si fatiguée de voir mes enfants avoir faim. » 

  • « J'ai 26 ans, j'ai un cancer de l'utérus. J’ai été opérée une première fois juste avant le siège. Le médecin m’avait dit que j’avais besoin d'une deuxième intervention. Mais le siège a commencé. Ici, aucun médecin n’est capable de pratiquer cette intervention. Ma santé se détériore. Ils doivent ouvrir les routes le plus vite possible, lever le siège. Je suis en danger. » 

  • « J'ai trois enfants. Chaque jour, je souffre. Chaque jour, je me réveille et aide mes enfants à se préparer pour aller à l'école. Le plus jeune pleure : “Je veux un petit morceau de pain.” Un autre de mes fils me dit : “J'ai faim. Quand je suis à l'école, je ne me sens pas bien. J’ai des vertiges.” Ils se sont habitués à ne plus avoir de fruits ou de gâteaux. Mais ne même pas avoir du pain pour les nourrir, c’est une honte ! Quand je leur donne un peu de pain, ils sont heureux. »

Il faut mettre fin aux sièges en Syrie !

L’ONG CARE et ses partenaires syriens présents dans la Ghouta orientale soutiennent des boulangeries locales qui permettent de nourrir 1 800 familles, mais les approvisionnements sont limités. Cette réponse n'est pas durable. Le siège doit prendre fin !

CARE et ses partenaires appellent à la levée de tous les sièges en Syrie. Les populations doivent avoir un accès immédiat et sans entrave à l’aide humanitaire. Les civils doivent pouvoir circuler librement, être en mesure de trouver un lieu sûr et de l’aide, sans être menacés de représailles.

Soutenez nos actions en Syrie

L’ONG CARE et ses partenaires ont fourni une aide humanitaire à plus de 2,5 millions de personnes en Syrie et dans les pays voisins.