08 février 2018

Syrie : à Idlib et dans la Ghouta, les civils vivent dans des conditions inhumaines

Alors que les combats continuent dans ces zones « de désescalade », les civils sont contraints de manger du foin faute de nourriture, de boire de l’eau non potable et de se soigner avec des médicaments périmés vendus à des prix exorbitants. Les populations syriennes et les ONG appellent à un cessez-le-feu immédiat dans l’ensemble du pays pour permettre l’acheminement d’une aide d’urgence. 

Témoignage d’humanitaires syriens à Idlib

Alors que les ONG renforcent leurs actions dans les endroits accessibles, l’augmentation rapide des personnes déplacées ne permet pas de couvrir tous les besoins. Voici le témoignage de Maryam*, travailleuse humanitaire à Idlib pour une association syrienne, partenaire de CARE :

« La situation est terrible, c’est du jamais vu. Plus de 200 000 civils ont été déplacés depuis décembre 2017 et chaque jour, de nouvelles personnes fuient les frappes aériennes. Certaines avaient déjà été déplacées par de précédents combats, il ne leur reste plus rien. Des camps de fortune sont construits au milieu des champs. Dans un de ces camps près de la ville de Saragreb, où 17 000 personnes ont fui les frappes aériennes qui ont fait des dizaines de morts et de blessés, les populations essayent de se protéger des intempéries sous les oliviers. Des tentes sont construites avec quelques couvertures. On observe de nombreux cas de dépression chez les enfants. Dans un autre camp près de la ville d’Hama, les gens vivent avec le minimum. Ils essayent de brûler un peu de bois pour cuisiner et se réchauffer. Un camion apporte de l’eau des villes voisines, mais elle n’est pas propre. »

Témoignage d’humanitaires syriens dans la Ghouta Orientale

Près de 400 000 personnes vivent dans la Ghouta orientale, assiégée depuis 2012 par les forces gouvernementales. Les populations souffrent du durcissement du siège et de l’intensification des frappes aériennes. Voici le témoignage de Zeina*, travailleuse humanitaire pour une association syrienne présente dans la Ghouta, partenaire de CARE :

« Beaucoup de personnes n’ont plus du tout d’électricité. Il est très difficile de trouver de quoi se nourrir. A mesure que le siège s’intensifie, les produits de contrebande sont de plus en plus chers. Tout est 8 à 10 fois plus cher qu’à Damas. Le manque de soins et de nourriture pousse les familles à avoir recours à des solutions extrêmes. Elles mélangent du fourrage avec de la farine ou de l’orge pour faire du pain, et utilisent des antibiotiques périmés. Depuis le début d’année, aucune évacuation médicale n’a été autorisée. 24 civils en sont morts, selon l’ONU. »

CARE et ses partenaires syriens réclament la protection des civils

CARE et ses partenaires syriens réclament la protection des civils :

« Si les frappes aériennes et les affrontements continuent, nous serons comme des pompiers essayant d'éteindre les flammes à un endroit, alors qu’il y a deux, trois, quatre autres départs de feu. Les attaques contre les zones peuplées et les infrastructures civiles doivent cesser immédiatement. Depuis décembre, on dénombre 16 attaques contre des établissements de santé dans la région d’Idlib », alerte Joelle Bassoul, porte-parole de CARE pour la crise syrienne.

CARE et ses partenaires syriens font également écho à l'appel de l'ONU et demandent une trêve d'un mois dans toute la Syrie, afin de permettre aux agences humanitaires de fournir une aide d’urgence à des centaines de milliers de personnes et d'évacuer les cas médicaux urgents des zones assiégées. 

Contacts médias :

Des porte-paroles sont disponibles pour des interviews. Contactez Camille Nozières, CARE France : 07 86 00 42 75, nozieres@carefrance.org

Notes aux rédactions

  • Photos disponibles.
  • CARE et 5 autres ONG ont publié un rapport lundi Dangerous Ground: Syria’s refugees face an uncertain future pour dénoncer le retour forcé des réfugiés syriens dans leur pays alors que les combats continuent et que leur sécurité n’est pas assurée.
  • CARE et ses partenaires ont fourni, depuis 2014, une aide humanitaire à plus de 2,7 millions de personnes en Syrie et dans les pays accueillant les réfugiés syriens. Fondé en 1945, CARE est l'un des plus grands réseaux d'aide humanitaire au monde, apolitique et non confessionnel.