Alors que les combats
continuent dans ces zones « de désescalade », les civils sont contraints
de manger du foin faute de nourriture, de boire de l’eau non potable et de se
soigner avec des médicaments périmés vendus à des prix exorbitants. Les populations syriennes et les ONG appellent
à un cessez-le-feu immédiat dans l’ensemble du pays pour permettre
l’acheminement d’une aide d’urgence.
Témoignage d’humanitaires
syriens à Idlib
Alors que les ONG
renforcent leurs actions dans les endroits accessibles, l’augmentation rapide
des personnes déplacées ne permet pas de couvrir tous les besoins. Voici le
témoignage de Maryam*, travailleuse humanitaire à Idlib pour une association
syrienne, partenaire de CARE :
« La situation est terrible, c’est du jamais
vu. Plus de 200 000 civils ont été déplacés depuis décembre 2017 et chaque
jour, de nouvelles personnes fuient les frappes aériennes. Certaines avaient
déjà été déplacées par de précédents combats, il ne leur reste plus rien. Des
camps de fortune sont construits au milieu des champs. Dans un de ces camps près de la ville de
Saragreb, où 17 000 personnes ont fui les frappes aériennes qui ont fait des
dizaines de morts et de blessés, les populations essayent de se protéger des
intempéries sous les oliviers. Des tentes sont construites avec quelques
couvertures. On observe de nombreux cas de dépression chez les enfants. Dans
un autre camp près de la ville d’Hama, les gens vivent avec le minimum. Ils
essayent de brûler un peu de bois pour cuisiner et se réchauffer. Un camion
apporte de l’eau des villes voisines, mais elle n’est pas propre. »
Témoignage d’humanitaires syriens dans la
Ghouta Orientale
Près de 400 000 personnes vivent dans
la Ghouta orientale, assiégée depuis 2012 par les forces gouvernementales. Les
populations souffrent du durcissement du siège et de l’intensification des
frappes aériennes. Voici le témoignage de Zeina*, travailleuse humanitaire pour
une association syrienne présente dans la Ghouta, partenaire de CARE :
« Beaucoup de personnes n’ont plus du
tout d’électricité. Il est très difficile de trouver de quoi se nourrir. A
mesure que le siège s’intensifie, les produits de contrebande sont de plus en
plus chers. Tout est 8 à 10 fois plus cher qu’à Damas. Le manque de soins et de
nourriture pousse les familles à avoir recours à des solutions extrêmes. Elles
mélangent du fourrage avec de la farine ou de l’orge pour faire du pain, et utilisent
des antibiotiques périmés. Depuis le début d’année, aucune évacuation
médicale n’a été autorisée. 24 civils en sont morts, selon l’ONU. »
CARE et ses partenaires
syriens réclament
la protection des civils
CARE et ses partenaires
syriens réclament la protection des
civils :
« Si les frappes aériennes et les
affrontements continuent, nous serons comme des pompiers essayant d’éteindre
les flammes à un endroit, alors qu’il y a deux, trois, quatre autres départs de
feu. Les attaques contre les zones peuplées et les infrastructures civiles doivent
cesser immédiatement. Depuis décembre, on dénombre 16 attaques contre des
établissements de santé dans la région d’Idlib », alerte Joelle
Bassoul, porte-parole de CARE pour la crise syrienne.
CARE et ses partenaires syriens
font également écho à l’appel de l’ONU et demandent une trêve d’un mois dans
toute la Syrie, afin de permettre aux agences humanitaires de fournir une aide d’urgence
à des centaines de milliers de personnes et d’évacuer les cas médicaux urgents
des zones assiégées.
Contacts médias :
Des
porte-paroles sont disponibles pour des interviews. Contactez Camille Nozières,
CARE France : 07 86 00 42 75, nozieres@carefrance.org
Notes aux rédactions
- Photos
disponibles. - CARE et 5 autres ONG ont
publié un rapport lundi Dangerous Ground: Syria’s refugees face an
uncertain future pour
dénoncer le retour forcé des réfugiés syriens dans leur pays alors que les
combats continuent et que leur sécurité n’est pas assurée. - CARE et ses partenaires ont fourni, depuis
2014, une aide humanitaire à plus de 2,7 millions de personnes en Syrie et dans
les pays accueillant les réfugiés syriens. Fondé en 1945, CARE est l’un des
plus grands réseaux d’aide humanitaire au monde, apolitique et non
confessionnel.