27 avril 2018

Syrie. Réaction commune des ONG suite à la conférence de Bruxelles

Alors que la sixième conférence internationale sur la crise en Syrie s’est achevée ce mercredi, neuf ONG internationales saluent les engagements pris par les participants et communiquent leurs réactions suite aux conclusions de la conférence.

CARE France est une ONG de solidarité internationale
©CARE

Sur l’aide humanitaire :

Le conflit en Syrie entre désormais dans sa huitième année. Il est vital que les donateurs prennent des engagements conséquents pour faire face aux besoins grandissants et toujours non satisfaits de millions de femmes, d’hommes et d’enfants

Cependant, cette conférence n’est pas allée assez loin pour garantir un soutien suffisant pour les millions de Syriens qui ont besoin d’aide humanitaire et qui font face à un futur incertain.

Sur le besoin d’approfondir les engagements pour l’accès à l’emploi, à l’éducation et à la réinstallation :

Les promesses faites à Bruxelles, bien que saluées, ne mettront pas fin au travail des enfants au Liban et ne permettront pas le retour de tous les enfants à l’école en Jordanie. Il faut pour cela qu’elles soient accompagnées de mécanismes solides qui garantissent la mise en œuvre d’actions réelles. Les engagements pris doivent garantir un emploi à plus d’un million de réfugiés syriens et assurer le retour de millions d’enfants à l’école. Le rôle des femmes doit aller au-delà des discours et se traduire par de réelles opportunités de travail afin de permettre à toutes les familles de vivre dans la dignité.

De plus, les donateurs et les États qui accueillent des réfugiés doivent s’assurer que tous les Syriens aient accès à une protection juridique effective, que les plus vulnérables bénéficient de mesures de réinstallation et que les autres réfugiés accèdent à d’autres formes d’admission telles que le regroupement familial.

Sur la protection des civils syriens :

Il est primordial que les responsables politiques apportent leur soutien réel, et non pas seulement leur sympathie, au peuple syrien. Les civils sont les premiers à subir la violence permanente et les attaques sur les hôpitaux et les écoles. 

Les États qui se sont réunis à Bruxelles ont envoyé un message fort de soutien en appelant à la protection des civils pris au piège dans ce conflit et en réaffirmant l’impossibilité d’envisager le retour de Syriens tant que les conditions d’un retour sécurisé, digne et volontaire ne seront pas réunies

La communauté internationale a aussi insisté sur l’importance d’un accès sans entrave et durable de l’aide humanitaire vers les civils sur le territoire syrien. C’est un élément indispensable pour leur permettre d’accéder aux aides de premier secours et à une meilleure protection.

Cependant, les pays donateurs n’ont, une fois de plus, rien fait pour augmenter les mesures de réinstallation au-delà du chiffre dérisoire de 3% de réfugiés syriens réinstallés. A l’inverse, ils ont choisi de laisser cette responsabilité aux pays voisins de la Syrie alors que ces derniers accueillent déjà plus de cinq millions de réfugiés.

Sur la reconstruction :

Nous saluons le fait que la conférence ait reconnu que la reconstruction du pays n’était pas encore possible et ce tant que le conflit continue et qu’une solution inclusive n’a pas été trouvée. En attendant, les pays donateurs doivent soutenir des mesures de long terme pour permettre aux populations d’accéder aux services de bases, à l’emploi et au logement, mais aussi à des documents d’identité en Syrie et dans les pays voisins afin de faciliter leur réhabilitation.

Signataires

CARE, Mercy Corps, NRC, Save the Children, Oxfam, Humanité et Inclusion, Action Contre la Faim, World Vision

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