13 mars 2019

Venezuela. « Suite à la panne d’électricité, les gens ont épuisé leurs réserves d’eau et de nourriture »

Depuis 6 jours, le Venezuela est en proie à une panne d’électricité sans précédent. Insécurité, manque d’eau, de nourriture… La situation humanitaire, déjà catastrophique, ne cesse de s’aggraver, alertent nos équipes sur place.

© CARE / Paddy Dowling

Les gens n'ont plus rien à manger ni à boire

Cette coupure d’électricité a un impact terrible sur une situation humanitaire déjà catastrophique.

« Les gens ont très peur de ce qu’il va se passer : ils ont épuisé leurs réserves d’eau et de nourriture déjà très minces. Les réserves de viandes qu’ils avaient pu constituer dans leur frigo sont perdues. Certaines familles n’ont plus que des fruits secs pour se nourrir ! Les gens n’ont plus rien à manger, ni à boire. En effet, les pompes qui permettent d’alimenter la ville de Caracas en eau potable ont besoin d’électricité pour fonctionner », explique Catalina Vargas, coordinatrice de la réponse humanitaire en Amérique latine pour l’ONG CARE, en contact avec nos équipes partenaires à Caracas.

30 millions de Vénézuéliens sont affectés par la crise économique qui sévit depuis des années

La panne d’électricité qui paralyse le pays depuis bientôt une semaine ne fait qu’empirer la crise alimentaire déjà existante : depuis deux ou trois ans déjà, la plupart des personnes ne mangent qu’un seul repas par jour. 72 % des enfants souffrent de malnutrition et la mortalité infantile a doublé en quelques années. 

Depuis des années, la situation au Venezuela est critique. Près de 30 millions de Vénézuéliens sont touchés par l'hyperinflation, les pénuries de nourriture et de médicaments, la détérioration des services de santé et d'accès à l'eau... 

Les supermarchés sont vides ou fermés

Dans tout le pays, cela fait des mois que la plupart des supermarchés sont vides et les produits de première nécessité - eau, farine - coûtent une véritable fortune.

À cause de la coupure d'éléctricité, seuls 10% des supermarchés de Caracas, ceux disposant d’un générateur, ont pu rester ouverts. Mais de toute façon, les gens n’ont pas de quoi payer : cela fait des années que les Vénézuéliens ne payent que par carte bancaire car, à cause de l’hyper inflation, la monnaie ne vaut plus rien. Mais sans électricité, les terminaux bancaires ne peuvent pas fonctionner et la seule monnaie acceptée est le dollar, dont personne ne dispose, expliquent nos partenaires locaux à Caracas.

Les gens restent chez eux et ont peur de sortir

« Cette situation très tendue a entrainé une hausse de l’insécurité. Les gens restent chez eux et ont peur de sortir. On assiste à beaucoup d’émeutes et de pillages de magasins. À Caracas, c’est le chaos et même la police est débordée », décrit Catalina Vargas.

Pour faire face à cette insécurité, Nicolas Maduro a décrété trois jours fériés en début de semaine jusqu’à aujourd’hui et a recommandé aux Vénézuéliens de ne pas sortir de chez eux.

« Pour le moment nous avons été contraints de suspendre nos actions de distributions de nourriture à Caracas », explique Catalina Vargas.

CARE est également très inquiet pour les populations en zone rurale.

« Nous n’avons pas réussi à joindre nos équipes dans les campagnes à cause de la panne d’électricité mais nous redoutons que la situation soit encore plus difficile qu’à Caracas, car il y a encore moins d’infrastructures et de supermarchés. »

Contact médias

Des porte-paroles (francophones) dans la région sont disponibles pour des interviews. Contactez Camille Nozières, CARE France : nozieres@carefrance.org ; 01 53 19 87 68 / 07 86 00 42 75. 

Notes aux rédactions
  • Photos / vidéos : CARE dispose de photos de la crise des réfugiés Venezueliens ainsi que de témoignages vidéos de nos équipes sur place : www.careimages.org/  Ce matériel est à disposition des rédactions en créditant © CARE / Paddy Dowling
  • Contexte : 3 millions de Vénézuéliens ont dû fuir leur pays. Près de 30 millions de Vénézuéliens sont touchés par l'hyperinflation, les pénuries de nourriture et de médicaments, la détérioration des services de santé et d'accès à l'eau... La mortalité infantile a doublé en quelques années.
  • L’action de CARE : CARE et ses partenaires locaux interviennent au Venezuela, en Equateur, au Pérou et en Colombie, pays touchés de plein fouet par cette crise. Nos équipes apportent une aide d'urgence pour permettre aux populations au Venezuela, aux réfugiés et migrants dans les pays voisins de couvrir leurs besoins vitaux : distributions alimentaires, de produits d'hygiène, de couvertures…  Pour soutenir les actions de CARE : www.carefrance.org