18 mars 2019

4 ans de guerre au Yémen. Les femmes, premières victimes du conflit.

Après 4 années de guerre, la situation du Yémen est dramatique : choléra, famine, effondrement du système de santé, bombardements quotidiens... Depuis le début du conflit, des millions de familles n’ont plus les moyens de subvenir à leurs besoins. Souvent seules à devoir prendre en charge leur famille, les femmes sont les plus affectées par la situation.

© CARE

"Nous n’avons vraiment rien pour vivre"

« Dans la plupart des familles, les femmes doivent se débrouiller seules pour subvenir aux besoins de leur famille, après avoir perdu leur mari à la suite des combats. Imaginez non seulement souffrir de la perte d’êtres chers mais également devoir vous battre tous les jours pour nourrir vos enfants, trouver de l'eau potable ou des médicaments. C’est presque impossible à imaginer », explique Johann Mooji, directeur de CARE au Yémen.

Ce combat, c’est le quotidien d’Ateqah, 33 ans, qui vit dans le gouvernorat d'Amran, au nord du Yémen. Son mari est sorti un jour et elle ne l'a jamais revu - elle ne sait pas s'il est vivant ou mort. Depuis, elle vit avec ses trois enfants et leur grand-père, âgé de 70 ans.

« Je n’ai personne pour m’aider à prendre soin de ma famille. J’aimerais trouver du travail, mais où ? Heureusement que nos voisins nous ont aidés pour nous loger et partagent de la nourriture et de l'eau. Nous n’avons vraiment rien pour vivre. » 

Les violences domestiques augmentent à cause de la guerre

Les femmes sont également très souvent exposées à des violences domestiques, en augmentation à cause de la guerre et du stress généré par la situation. 

« Un jour, je souffrais de forte fièvre et j’étais incapable de faire la cuisine. La faim a mis mon mari en colère et il m'a presque battue à mort », témoigne Samer qui vit avec son mari, son beau-père et ses enfants dans un petit village près de Sanaa. 

Samer a survécu, mais chaque jour, de nombreuses femmes sont victimes de ce genre de violences et bien souvent, elles n’ont nulle part où aller. Le système de protection social s’est effondré et il n’existe que six foyers pour femmes dans l’ensemble du Yémen, alors que 120 000 femmes et filles sont exposées aux risques de violences.

C’est pourquoi, en plus de fournir une aide humanitaire d’urgence (distribution de nourriture, accès à l’eau), CARE met en œuvre des projets d’autonomisation économique et de suivi psychologique à destination des femmes et des jeunes afin de leur permettre d’avoir des revenus et de reprendre espoir.

Le 26 mars marque les quatre ans du conflit au Yémen. Aujourd’hui, 80% de la population a besoin d'une aide humanitaire, 10% de plus qu’en 2018.

En quatre ans, le pays a connu la pire épidémie de choléra de son histoire, une déclaration de famine, l’effondrement de son économie. Près de 20 000 frappes aériennes ont fait plus de 70 000 morts. 4 millions de personnes ont dû quitter leur foyer. 

L'action de CARE

CARE travaille au Yémen depuis 1992 et continue d’apporter une aide humanitaire dans les circonstances actuelles, extrêmement difficiles.

CARE aide actuellement un million de personnes tous les mois notamment à travers des distributions de nourriture et de kits d’hygiène, un soutien financier notamment pour la création d’activités génératrices de revenus, l’accès à l'eau potable et la réhabilitation de latrines. CARE soutient également les femmes et lutte contre les violences sexistes.