21 juin 2019

Vote historique pour les droits des femmes à l’OIT : première convention mondiale contre la violence au travail

Aujourd’hui, a été votée la toute première convention internationale contre la violence et le harcèlement au travail au sein de l’OIT. C’est une grande victoire pour les femmes du monde entier ! L’ONG CARE se félicite de l’adoption de cette convention qui permettra de protéger des millions de travailleuses dans le monde entier et appelle maintenant les gouvernements à la ratification rapide de ce texte.

Une victoire historique pour les travailleuses et travailleurs

La toute première convention internationale contre la violence et le harcèlement au travail vient d’être votée au sein de l’OIT par les représentants des gouvernements, des employeurs et des syndicats. Ce texte, une fois ratifié par les Etats, sera juridiquement contraignant ce qui constitue un énorme pas en avant pour lutter et condamner la violence et le harcèlement au travail et protéger les travailleurs et travailleuses du monde entier, quel que soit leur contrat de travail.

« C’est réellement une victoire historique qui va changer la réalité de millions de personnes : la violence et le harcèlement au travail sont un problème mondial qui appelle une réponse mondiale. À l’heure actuelle, plus d'un pays sur trois n'a pas de loi pour interdire le harcèlement sexuel au travail. C’est un énorme angle mort et cette convention va permettre d’y mettre fin », explique Sophie Chassot, chargée de plaidoyer chez CARE France.

Cette victoire doit se concrétiser avec des mesures précises

L’adoption de cette convention arrive après plusieurs années de négociations à l’OIT et dans les différents pays suite à une forte mobilisation de la société civile. Les appels de l’ONG CARE pour que cette convention soit réellement ambitieuse ont été entendus. CARE se félicite ainsi de l’intégration de définitions larges :

  • des notions de « violence » et de « harcèlement » couvrant la diversité et la multiplicité des abus ;
  • du terme de travailleur et travailleuse pour une prise en compte de l’économie formelle et informelle, des secteurs privés ou publics, en zone urbaine ou rurale ;
  • de la notion de « monde du travail » qui couvre à la fois les espaces publics et privés quand ceux-ci sont des lieux de travail. Le trajet domicile-travail est également pris en compte.

Cette convention ainsi que la recommandation qui l’accompagne constituent la combinaison la plus solide d'instruments de l'OIT permettant de garantir la responsabilité juridique des Etats et des employeurs.

«La prochaine étape est cruciale : il faut maintenant que les pays ratifient cette convention et la mettent en œuvre. Au Cambodge, une femme sur trois travaillant dans l’industrie textile a été victime de violences sur son lieu de travail en 2016 1. En France, même si des lois existent déjà, 82% des employeurs n’ont toujours pas mis en place de mesures de prévention contre le harcèlement 2. Nous espérons que la ratification de cette convention permettra d’aller plus loin et entrainera un changement durable des mentalités », explique Sophie Chassot.

L’ensemble du monde du travail, les gouvernements, les syndicats et les employeurs devront se mobiliser pour prendre des mesures fortes et concrètes pour prévenir ces violences au travail et les condamner. L’adoption de cette convention est une grande victoire qui doit maintenant se concrétiser en mesures précises. 

L'action de CARE : deux ans de mobilisation en faveur de cette convention !
  • Depuis deux ans, CARE se bat pour défendre cette convention.
  • CARE a mobilisé 200 000 citoyens et citoyennes dans le monde via des pétitions remises aux gouvernements. Des grandes entreprises, telles que L’Oréal, Kering, Sodexo, BNP Paribas, Marks & Spencer ou Unilever ont également soutenu publiquement ce texte, à l’appel de CARE, pour faire pression sur les représentants d’employeurs.
  • Partout dans le monde, CARE défend les droits des femmes et lutte contre les violences faites aux femmes aussi bien dans la sphère privée que professionnelle. Par exemple : en Amérique latine, nous soutenons des organisations de travailleuses domestiques pour la défense de leurs droits. En Asie, nous luttons contre les violences dans les usines. Nos programmes soutiennent l’autonomisation économique des femmes et le travail digne.
Contact médias

Nos porte-paroles sont disponibles pour des interviews. Contactez Camille Nozières, CARE France : nozieres@carefrance.org ; 01 53 19 87 68 / 07 86 00 42 75. 

Notes aux rédactions