09 juillet 2019

Ministérielle Développement et Éducation du G7 : réaction des ONG féministes du Women 7

Les 4 et 5 juillet, les ministres de l’éducation et du développement des pays du G7 se sont réunis à Paris. Les droits des femmes et des filles ont été intégrés dans les déclarations, peu d’engagements concrets ont été pris, notamment en faveur d’une aide publique au développement féministe. 

Ministérielle Développement, 4 juillet

Aucun indicateur de suivi des politiques du G7 n'a été établi

La Ministérielle Développement a placé la région du Sahel au sein de ces discussions, donnant lieu à plusieurs communiqués des pays du G7 sur le financement du développement durable, la lutte contre les fragilités et enfin un communiqué conjoint entre les pays du G7 et du G5 Sahel.

De manière générale, les différents engagements pris par les pays du G7 et du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) ne sont assortis d’aucun objectif chiffré ou d’aucune date limite. Sans indicateurs de suivi, le Women 7 craint que ces engagements ne soient que des promesses. 

La France doit faire ses preuve en termes de financements féministes.

Le Women 7 attendait également que cette ministérielle permette d’avancer sur deux sujets-clés : d’abord, une meilleure intégration des droits des femmes et des filles au sein de l’Alliance Sahel, promue par la France au travers du G7. Ensuite, la promotion d’une aide publique au développement féministe, augmentant significativement les financements alloués aux droits des femmes et des filles. Sur ces deux points précis, les engagements concrets se font encore attendre.

La France, figurant parmi les mauvais élèves du G7 en termes d’intégration de l’égalité femme-homme dans sa politique de développement, doit encore faire ses preuves, en particulier en termes de financements.

Ministérielle Conjointe Education & Développement, 5 juillet

Les jeunes leaders d'Afrique écoutés par le G7 et le G5.

Le Women 7 salue la priorité donnée par la Ministérielle conjointe Education & Développement à l’égalité de genre dans l’éducation ainsi que l’importance accordée à l’enseignement et à la formation technique et professionnelle dans les pays d’Afrique subsaharienne, le Sahel en particulier, pour mieux lutter contre les inégalités.

Nous saluons également le format inédit de cette ministérielle, à deux points de vue : l’invitation des ministres du G5 Sahel et du Sénégal d’une part et la présence de 6 jeunes délégués de ces pays d’autre part. Ces derniers ont partagé les résultats d’une consultation menée auprès de 657 jeunes leaders d’Afrique de l’Ouest et du centre. Cette consultation a porté sur l’égal accès des filles et des garçons à l’école, l’école comme lieu de promotion de l’égalité filles-garçons et la qualité de la formation technique et professionnelle comme levier d’insertion socio-économique des jeunes.

La société civile doit être impliquée dans la mise en place des politiques d'éducation.

Le W7 salue la création de l’initiative « Priorité à l’égalité » endossée par les ministres de l'Éducation du G7 et du G5 Sahel, en faveur de la planification sectorielle de l'éducation transformatrice des rapports sociaux de genre. Dotée d’un budget d’environ 5 millions d’euros (encore à confirmer), cette initiative permettra d’accompagner notamment les pays du Sahel qui le souhaiteraient, pour que leurs plans sectoriels éducatifs intègrent le genre de manière transversale. 

La société civile, qui appuie cette initiative sur le terrain, n’avait pas été suffisamment associée en amont de cette initiative. Si l’intention est réellement d’apporter des impacts concrets sur les rapports sociaux de genre inégalitaires, il est impératif que les organisations et associations féministes locales soient impliquées dans la phase de mise en œuvre.

Nous attendons des engagements financiers plus importants.

Par ailleurs, le Women 7 regrette l’absence de la prise en compte de l’éducation complète à la sexualité. Véritable outil d'autonomisation, d'émancipation, de promotion de l’égalité et de prévention des violences sexuelles et sexistes, l’éducation complète à la sexualité doit être au cœur des politiques de développement et d’éducation des États.

La société civile attend des engagements financiers plus importants des leaders du G7 au sommet de Biarritz des 24-26 août prochains, à commencer par l’allocation de 15% de l’APD et 4 % de l’aide humanitaire au secteur éducatif, en mettant la priorité sur un apprentissage gratuit, de qualité et transformateur des rapports sociaux de genre.

Le W7 (Women 7) rassemble des organisations féministes des pays du G7 et du monde entier. Sa mission principale est de s’assurer que les pays du G7 prennent des engagements tant financiers que politiques en 2019 et au-delà, qui permettront d’avoir un impact concret et durable sur la vie des femmes et des filles partout dans le monde.

Pour en savoir plus : feministscount.org

Contact presse

Camille Nozières, 07 86 00 42 75, nozieres@carefrance.org