15 septembre 2019

Dans trop de pays, pour trop de femmes, les règles représentent autant de jours à éprouver un sentiment de honte ou être victimes de discriminations. Il faut que ça change ! Douze influenceuses se mobilisent aux côtés de CARE et des Nanas d’Paname pour dénoncer les impacts du tabou des règles.

Libérer la parole, ne pas se sentir écrasées par le tabou des règles… Découvrez les témoignages de quatre femmes inspirantes. Et pour découvrir cette campagne sur Instagram, c'est ici.

« Aucune jeune fille ne devrait pleurer de honte parce que son corps se développe. »

©Chloé Bonnard.

Anaïs Delva, @anaisdelva, chanteuse

« À force de voir un liquide bleu systématiquement utilisé pour illustrer le sang des règles dans les publicités pour les serviettes qu’on appelle "hygiéniques" j’ai grandi en associant le sang des menstruations au sentiment de HONTE.

Il ne pouvait être que répugnant ce sang puisqu’il fallait le cacher, le transformer dans l’inconscient collectif en un joli liquide couleur azur. Et puis il n’était pas « hygiénique » (donc sale) d’être indisposée puisque c’était dans l’intitulé même des protections intimes qui accueillaient ces stupides taches bleues. Alors évidemment le jour où mes règles sont arrivées pour la toute première fois j’étais effondrée.

Je m’en suis rendue compte en voyant une tache de sang sur ma serviette de bain et ma première réaction a été d’éclater en sanglots, non pas parce que j’étais bouleversée du changement phénoménal que vivait mon corps, non... Parce que j’étais morte de honte à l’idée de devoir avouer que j’avais tachée une serviette de bain avec ce sang si sale dans mon inconscient auprès de ma propre famille.

Mes règles venaient à peine d’arriver et je demandais déjà pardon... 20 ans plus tard, je me surprends encore à cacher mes protections intimes quand je les sors de mon sac pour ne surtout pas gêner mon entourage.

Aucune jeune fille ne devrait pleurer de honte parce que son corps se développe. Aucune femme ne devrait se sentir sale uniquement parce qu’elle est capable de porter la vie. Il est temps de cesser cette mascarade et de voir la vérité en face : je suis fière de mes règles et je refuse qu’elles soient considérées comme impures. »

« Un nez qui saigne en public ne gêne personne alors qu’un vagin qui saigne fait l’effet d’une bombe. »

©Chloé Bonnard.

Noémie de Lattre, @noemie.de.lattre, artiste et humoriste

« Comment est-il possible qu’un nez qui saigne en public ne gêne personne, tandis qu’un vagin qui saigne fait l’effet d’une bombe ?

Le tabou des règles TUE. Aux 4 coins du monde il tue des femmes ostracisées menacées, chassées ou condamnées; en France il tue des femmes infectées par des matériaux toxiques et mal testés; dans nos rues il tue des femmes qui, faute de moyens, ont utilisé des objets inappropriés et sales.

Sérieusement on marche sur la lune et il n’existe toujours pas de médicament décent contre le syndrome prémenstruel qui touche des MILLIARDS de femmes ??

À quel moment on dépense plus d’argent pour lutter contre les problèmes de calvitie que pour lutter contre les dégâts physiques et psychologiques liés aux règles ? »

« Avoir mes règles n'a jamais été un obstacle pour moi. »

©Chloé Bonnard.

Sarah da Silva, @hurricaneofbeauty, make-up artist vegan

« Avoir mes règles n'a jamais été un obstacle pour moi.
J'ai toutefois eu peur des "fuites" et en parler naturellement avec mes ami(e)s n'a pas vraiment été facile pour moi.

Je dirai que c'est plus une peur du jugement parce qu'à la fin, les règles ne sont-elles pas naturelles ? »

« Mes règles ne m’ont jamais empêché de vivre ou boxer ma vie. »

©Chloé Bonnard.

Kelly Bessis,@kellybessis, sportive et entrepreneuse

« Pour moi les règles ont toujours été le symbole de douleur mais ça ne m'a jamais empêché de vivre ou boxer ma vie !!!

En revenant du Népal c'est la premières fois de ma vie que j'étais fière d'avoir mes règles d'être une femme et surtout une femme en France !!

Alors soutenons CARE pour que dans aucun pays se soit une honte d'être une femme une d'avoir ses règles. »

Le tabou autour des règles a des conséquences dramatiques pour la vie des filles et femmes dans le monde :

  • dans certains pays, les femmes sont considérées comme impures quand elles ont leurs règles, elles sont exclues socialement voire exilées de leur maison. 
  • leur santé est mise en danger : 500 millions de femmes dans le monde n'ont pas accès à des protections hygiéniques.
  • à la puberté, beaucoup arrêtent leur scolarité, à cause des préjugés et faute d'accès à des protections hygiéniques ou des infrastructures sanitaires.

Trop de femmes souffrent de ces discriminations ou en meurent. Il faut que ça change ! Mais le tabou des règles, vieux de plusieurs millénaires, ne disparaîtra pas facilement, alors nous avons toutes et tous un rôle à jouer !

L’action de CARE contre le tabou des règles

CARE est une ONG de solidarité internationale qui lutte contre l’extrême pauvreté et défend les droits des femmes.

CARE lutte contre le tabou des règles partout dans le monde. Au Népal, à Madagascar, au Rwanda, au Vanuatu… Nos actions sont multiples car il faut s’attaquer à toutes les causes et conséquences du tabou des règles pour que les choses changent de manière durable. 

  • CARE mène des séances d’information à la santé sexuelle et reproductive. Nous sensibilisons les filles, les femmes, les hommes et les garçons à l’égalité de genre. Notre ambition est de briser les préjugés pour permettre à chaque fille et femme de vivre ses règles en toute sérénité, sans danger pour sa santé et sans impacter ses droits.
  • CARE construit également des toilettes et des points d’eau adaptés aux filles dans les écoles et les maisons. Nous soutenons la fabrication de serviettes hygiéniques réutilisables ou distribuons des cups lors d’urgences.
#RespectezNosRègles, une campagne de sensibilisation en France

Cette action est le nouvel opus de la campagne de sensibilisation contre le tabou des règles lancée par l’association CARE France : 

  • une campagne d’information sur les réseaux sociaux en janvier 2019, soutenue par plus de 50 personnalités et collectifs féministes et vue par plus de 2 millions de personnes sur les réseaux sociaux.
  • une soirée de mobilisation avec des humoristes pour libérer la parole sans complexe sur le tabou millénaire des règles, en mai 2019.
  • cette nouvelle action est mise en place avec le collectif féministe Les Nanas d'Paname. Co-fondé par Chloé Bonnard dans le but de rassembler, les Nanas d’Paname est un collectif solidaire de 50 femmes, artistes, entrepreneuses et parisiennes. Ce projet humain, fédérateur et artistique met en avant des femmes inspirantes et porteuses de projets, qui s'assument et qui croient en leurs rêves... http://lesnanasdpaname.com/