15 novembre 2019

Syrie, Myanmar, Soudan du Sud...Les civils sont devenus les premières victimes des conflits armés dans le monde, en complète violation du droit humanitaire international. Fanny Petitbon, responsable plaidoyer de CARE France, alerte sur cette situation en 4 points. 

Les nombreux civils touchés par les conflits ont besoin d'une aide humanitaire, apportée par des ONG telles que CARE.
© Holly Frew/CARE

Les civils sont aujourd’hui les premières victimes des conflits dans le monde. Ça n’a pas toujours été le cas.

Aujourd’hui, 80 % à 90% des victimes dans les conflits dans le monde sont des civils*. C’est une tendance contemporaine. Lors de la Première Guerre mondiale, 9 tués sur 10 étaient des combattants, 1 sur 10 était un civil. Un siècle plus tard, la proportion s'est inversée. 

En 2018 seulement, plus de 22 800 civils ont été tués ou blessés rien que dans six pays : l'Afghanistan, l'Irak, le Mali, la Somalie, le Soudan du Sud et le Yémen**. Cela s’explique notamment par le fait que la plupart des combats se déroulent désormais au cœur des villes. Quand les civils ne sont pas directement ciblés comme en République démocratique du Congo, des nombreuses attaques indiscriminées touchent les populations. Les armes explosives utilisées en zones peuplées font une victime toutes les 24 minutes.

Les infrastructures civiles sont également régulièrement attaquées : les hôpitaux, écoles… Par exemple, au Yémen, 1 140 bombardements ont ciblé la production et l’approvisionnement en nourriture du pays : fermes, marchés ou réservoir d’eau potable... Cela a des conséquences dramatiques sur les besoins humanitaires. Aujourd'hui, 80% de la population yéménite, soit 24 millions de personnes, ont besoin d’aide humanitaire pour survivre. 

Pour ceux qui survivent aux conflits, les violences ont aussi des conséquences à long terme.

Les dangers liés à un conflit pour les civils seront présents pendant des années. On estime qu’il faudra cinquante ans pour déminer la Syrie après la fin de la guerre. Le déminage au Cambodge, suite au conflit des années 70, se poursuit encore aujourd’hui, faisant des victimes chaque année. 

Et combien d’années faudra-t-il pour reconstruire toutes les infrastructures vitales pour les populations ? La ville de Mossoul en Irak a été détruite à 70 %. En Syrie, les destructions sont estimées à près de 400 milliards de dollars. Ce sont des économies entières qui ont été détruites. Au Yémen, l’ONU estime que le conflit en cours a entraîné un retour en arrière de plus de 20 ans en matière de développement humain. Même si le conflit prenait fin demain, il faudrait des décennies pour revenir à la situation d’avant-guerre en termes d’accès à la santé, l’éducation...

Et il faut penser aux traumatismes, aux blessés et aux impacts sur des générations d’enfants qui n’ont pas pu aller à l’école et n’ont connu que les violences au cours de leur vie.  

Quelle est la responsabilité de la communauté internationale ?

Il y a un non-respect flagrant du droit international humanitaire. Les parties en conflit au Yémen, Syrie attaquent les civils en toute impunité. 

Régulièrement, CARE et de nombreuses associations exhortent la communauté internationale à améliorer de manière significative la protection des civils. Mais la réponse de la communauté internationale est insuffisante : manque de condamnation publique et de pressions diplomatiques sur les pays impliqués dans des crimes de guerre, impunité pour de nombreux responsables de ces violations. Nous avons pourtant une responsabilité et un devoir vis-à-vis de ceux qui souffrent. 

Et quelle est la responsabilité de la France ?

La France continue d’exporter des armes à des pays qui mènent sans scrupule des attaques contre des civils, au mépris de ses obligations internationales et du respect des droits humains. La France ne doit pas faire passer ses intérêts commerciaux avant les vies humaines ! Par exemple, les principaux pays impliqués dans les bombardements et le blocus imposé aux civils au Yémen figurent dans le top 3 des pays ayant acheté des armes françaises entre 2009 et 2018, pour plus de 10,3 milliards d’euros de bénéfices. 

CARE France a d’ailleurs lancé une pétition pour exiger la fin des ventes d’armes aux pays impliqués dans la guerre au Yémen. 12 pays européens ont déjà stoppé ou réduit leurs ventes d’armes aux pays impliqués dans la guerre au Yémen. La France doit suivre cet exemple ! Ce sont des obligations morales et légales. Vous pouvez rejoindre notre mobilisation ! 

* source UN : https://www.un.org/press/fr/2019/cs13822.doc.htm 

** source UN : https://news.un.org/fr/story/2019/05/1044151 

Au Yémen, les armes françaises tuent ? Dites stop et signez notre pétition !

Les civils sont les premières victimes de la violente guerre au Yémen. La France participe à cette crise humanitaire en vendant des armes et des navires aux pays qui bombardent le Yémen et maintiennent un blocus illégal affectant les populations civiles. 

La France doit cesser ses ventes d’armes aux pays impliqués dans le conflit. Refusons d’être complices de la souffrance de millions de personnes/de cette guerre ! Signez notre appel #PasEnMonNom que nous remettrons aux députés français !