04 décembre 2019

Climat. La COP25 doit être celle de la justice climatique !

Nous ne sommes pas tous et toutes égaux face au changement climatique. Certaines populations sont plus durement touchées par ses conséquences. Oui, mais ça veut dire quoi concrètement ? Y-a-t-il des solutions pour lutter contre ces inégalités ? La réponse dans cet article ! 

©CARE/Mauro Vombe

L’injustice climatique, kezako ?

C’est l’idée selon laquelle toutes les populations ne sont pas égales face aux conséquences du changement climatique. Les causes de ces injustices peuvent être géographiques (zones affectées par des catastrophes naturelles : cyclones, sécheresses, etc), économiques ou sociales (impossibilité de s’adapter aux changements climatiques ou de s’y prémunir).

Si nous sommes toutes et tous affectés par le changement climatique, les populations les plus pauvres et les pays en développement sont les plus durement touchés. Et ce alors qu'ils en sont pourtant les moins responsables du changement climatique. En effet, 80% des émissions de gaz à effet de serre sont émises par seulement 20 pays industrialisés dans le monde. 

Quel est le lien avec la pauvreté et changement climatique ?

Le changement climatique menace aujourd'hui les droits vitaux des populations les plus vulnérables : accès à l’eau, alimentation, santé... Il accentue ainsi les inégalités sociales. Le constat est alarmant : 122 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans la pauvreté d'ici 2030, du fait du changement climatique. Ce phénomène pourrait exacerber les crises sociales qui affectent déjà certains pays.

Les populations les plus exposées aux catastrophes naturelles n’ont souvent pas la possibilité de s’adapter et de se préparer. Par exemple, les cyclones Idai et Kenneth, qui ont dévasté le Mozambique coup sur coup en début d’année 2019, ont causé des dégâts équivalents à un cinquième du PIB du pays. Les conséquences pour un pays comme le Mozambique et ses populations sont donc dramatiques et ce alors qu’ils n’ont pas les moyens de se relever. 

Y-a-t-il vraiment une urgence climatique ?

Oui ! Pour éviter une catastrophe climatique mondiale, il faut absolument mettre en place des actions fortes au cours des 10 prochaines années, ont alerté les experts du GIEC.

Tout dixième de degrés d’augmentation de la température de notre planète menace des populations entières. C’est notamment les cas des États insulaires qui pourraient disparaître totalement dans les prochaines années. À l’occasion de l’ouverture de la COP25, le constat de la Présidente des îles Marshall, Hilda Heine, était sans appel : 

« Les atolls les plus vulnérables comme mon pays sont déjà dans le couloir de la mort », a t-elle alerté. 

Que peut-on faire pour y remédier ?

La COP25 peut (et doit) être celle de la justice climatique. Tout d’abord, les États les plus responsables doivent prendre des mesures fortes pour limiter l’impact des dérèglements, pour leurs populations, mais aussi pour celles des pays les plus durement touchés. Or aujourd’hui, nous sommes loin du compte. 

Il ne leur reste qu'un an avant de devoir rendre des comptes sur leurs engagement de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de la COP26, qui aura lieu fin 2020.

Seuls 68 pays se sont engagés à revoir à la hausse leurs engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre adoptés d’ici à 2020. Mais il s’agit pour la plupart de pays en développement qui n’émettent que 8 % des émissions mondiales. 

Les pertes et dommages, l’un des sujets centraux évoqués par les États lors de la COP25, doivent également être pris en compte. Il s’agit des dégâts inévitables et irréversibles causés par le changement climatique dans certains pays, et ce, même si les États prennent des mesures d’urgences concrètes et fortes rapidement.

Selon les principes de responsabilité et justice climatique, les États-Unis et l’Europe devraient couvrir plus de 50% des coûts de réparation suite aux dégâts causés par les catastrophes climatiques dans les pays du Sud en raison de leur part des émissions de gaz à effet de serre. Pour cela, les États industrialisés doivent explorer de nouvelles pistes de financement pour rétablir l’équité climatique : taxe sur l’extraction des énergies fossiles, sur les émissions des secteurs maritime et aérien, annuler les dettes des pays touchés par les catastrophes climatiques. Avec un objectif ambitieux : mobiliser au moins 50 milliards de dollars d’ici 2022.

Faire face ensemble et de façon solidaire aux conséquences du changement

« Il y a beaucoup à faire, en particulier sur le soutien financier des pays exposés. Les États du Nord ont une énorme responsabilité. Longtemps, ils ont éludé cette question, mais l’urgence est telle qu’ils ne le peuvent plus », affirme Fanny Petitbon, experte climat chez CARE France.

L'action de CARE contre le changement climatique

La lutte contre les impacts climatiques est l’une des priorités stratégiques de nos actions de lutte contre l'extrême pauvreté et les injustices.

  • CARE soutient les populations affectées par des chocs climatiques ponctuels (tempête, inondations) ou de long terme (variabilité des saisons et des précipitations).
  • CARE met en place des programmes d'adaptation : soutien agricole aux communautés qui souffrent de la disparition des glaciers ; mise en place de réseaux d'accès à l'eau ; projets de plantation de mangroves et de restauration de systèmes de défense côtiers.
  • CARE participe également aux négociations internationales sur le climat et mène des actions de plaidoyer pour inciter les gouvernements à mettre en oeuvre des politiques climatiques ambitieuses.