23 décembre 2019

Yémen : « À 18 ans, je suis devenue un fardeau : j’ai perdu mes jambes à cause de la guerre »

Il y a deux ans, Thaibah a perdu l’usage de ses deux jambes en marchant sur une mine au Yémen. Après quatre ans de guerre interminable, les Yéménites traversent la plus grave crise humanitaire au monde. CARE se mobilise pour leur apporter une aide humanitaire, particulièrement aux femmes et aux enfants, très vulnérables en période de conflits. Découvrez son témoignage bouleversant.

« J'ai senti que je marchais sur quelque chose et j’ai perdu connaissance. »

« J’étais en train de promener nos chèvres. Tout semblait normal puis j'ai senti que je marchais sur quelque chose et j’ai perdu connaissance. Quand je me suis réveillée, je ne sentais plus rien. J'ai regardé autour de moi, de la fumée sortait de l'herbe. J’ai vu du sang, tellement de sang, autour de ma jambe. Mon autre jambe n’était plus là.

On m’a emmené à l'hôpital à moto sans même me couvrir les jambes. Après l’opération, je me suis réveillée à cause de la douleur. Et j'ai vu que ma jambe manquait toujours. Je ne pouvais pas sentir l’autre. C'est à ce moment-là que j'ai su que je ne pourrais plus jamais marcher. »

© CARE

« Nous avons fui les combats. »

« Ça faisait longtemps que la situation dans notre village était horrible. Il y avait beaucoup d'affrontements et de tirs. J'ai vu des gens se faire tuer devant leur maison.

Après que j’ai perdu ma jambe, mes parents ont eu peur de ce qui pouvait nous arriver. Nous avons pris quelques vêtements et nous avons fui. Nous nous sommes déplacés plusieurs fois pour nous rapprocher d’un hôpital parce que j’ai besoin de traitements réguliers et que les transports sont devenus très chers. Les trajets sont aussi dangereux à cause de la guerre. »

« Mes parents ont vendu tous leurs biens pour me faire soigner. »

« Mes parents ont utilisé toutes leurs économies. Ils même ont vendu leurs biens, leurs terres et leurs troupeaux, pour me faire soigner. La prothèse pour ma jambe manquante n’est pas de bonne qualité et provoque des infections. Et j'ai été opérée plusieurs fois pour ma jambe fracturée. Mon corps n'accepte pas de plaque de métal, alors la seule solution est de placer ma jambe dans un plâtre qu’on change tous les deux mois.

Mes parents sont vieux et il ne leur reste que deux vaches. Mon jeune frère est le seul qui travaille. Il nous envoie de l'argent, mais c’est à peine suffisant pour nous nous nourrir. Nous recevons de l’aide de CARE et cet argent nous sert à payer de la nourriture et mes soins. Nous vivons à six personnes dans deux pièces, mais au moins nous avons un toit au-dessus de nos têtes. »

« Mon plus grand souhait est de pouvoir marcher à nouveau. Mais je sais que c’est impossible. »

« Avant, je m'occupais de nos troupeaux. Mais maintenant, je me sens comme un fardeau. Ça me rend triste. Je devais me marier mais je ne sais pas s’il m’acceptera encore.

Je reste toute la journée dans la chambre où je dors avec mes parents. Je ne peux que me déplacer en avant avec mes bras. Je regarde beaucoup par la fenêtre. C’est tout ce qui me reste. Mon plus grand souhait est de pouvoir marcher à nouveau. Mais je sais que c’est impossible. »

Comme Thaibah, des milliers d’innocents subissent les conséquences dramatiques de la guerre. Les femmes et les enfants sont bien souvent les premières victimes.

CARE fait partie des rares ONG internationales toujours présentes au Yémen. Dans des conditions extrêmement difficiles, nous apportons une aide à 1,5 million de personnes chaque mois. Nous avons besoin de vous pour continuer notre action. Sans votre générosité, rien de cela ne serait possible. 

Ensemble, nous avons le pouvoir de les protéger !

CARE aide les populations affectées par les conflits partout dans le monde, avec une attention particulière aux femmes et aux enfants. Nos équipes distribuent des biens vitaux pour la survie des populations qui vivent dans le dénuement le plus total: abris, nourriture, kits d’hygiène, soins de santé.

Mais ce n’est pas tout. CARE participe également à la reconstruction d’infrastructures, telles que les écoles ou les centres de santé. Nous aidons les victimes, notamment de violences sexuelles à se reconstruire, grâce à un soutien psychologique et économique.

En faisant un don, vous pouvez nous aider à continuer nos actions et à les soutenir ! 

  • Avec un don de 80€, soit 20 € après déduction fiscale, vous apportez, par exemple, une aide alimentaire pendant un mois à une famille dans un camp de déplacés au Yémen.
  • Avec un don de 120 € à CARE, soit 30€ après déduction fiscale, vous permettez, par exemple, de former des personnes à lutter contre les violences faites aux femmes.