26 mars 2020

En Sierra Leone, le personnel soignant s’organise contre le Coronavirus.

Le coronavirus se répand de jour en jour à travers le monde. En Sierra Leone, les autorités et le personnel soignant se préparent à l’arrivée du virus. Sur place, Rosaline, infirmière dans un établissement de santé soutenu par CARE nous raconte son quotidien depuis que la pandémie menace le pays.

Rosaline, infirmière pour CARE en Sierra Leone
©CARE

Comment réagit la population face à cette menace de pandémie ?

La situation n’est pas facile, la population est très inquiète. Les premiers cas suspects ont été déclarés en Guinée, notre pays voisin. Nous avons peur parce que cette pandémie nous rappelle le virus Ebola qui nous a frappé il y a quelques mois. Nos capacités médicales sont limitées et nous sommes inquiets de ne pas pouvoir faire face à la multiplication des cas.

Nous avons vraiment besoin d’une aide internationale pour combattre le coronavirus. Nous n’avons pas assez de matériels. Si nous ne l’obtenons pas, j’ai peur que ce virus décime notre population

Comment les autorités et centres de santé se préparent-ils à l’arrivée du virus ?

Tout d’abord, nous devons prévenir et sensibiliser les populations. Nous avons installé de quoi se laver les mains dans tous les lieux publics (écoles, établissements de santé…). Les gens ne se serrent plus la main et la plupart des rassemblements ont été arrêtés (boites de nuit, sports collectifs…). En tant qu’infirmière, je me rends directement dans les communautés, je m’assois avec eux et leur explique tout ce qu’il faut savoir sur ce nouveau virus. Parfois, les gens sont hésitants et ont du mal à me croire. Alors, je prends le maximum de temps pour bien leur expliquer. Ils me font confiance car je suis née dans la région, ils me connaissent.

De manière plus globale, CARE coordonne sa réponse au Coronavirus avec l’OMS et d’autres acteurs de la santé publique. CARE renforce ses programmes d’accès à l’eau potable et à l’hygiène dans de nombreuses communautés, ce qui servira à protéger les populations en enrayant la propagation du virus. Dans nos centres de santé, par exemple, nous sommes en train de mettre en œuvre nos protocoles de prévention et de contrôle des infections. Nous avons reçu des équipements de protection individuelle envoyés par CARE mais nous espérons en recevoir d’avantage, sinon nous allons rapidement en manquer.

Qu’avez-vous appris d’Ebola et qui vous servira pour le coronavirus ? Quels conseils donneriez-vous au personnel soignant qui lutte contre l’épidémie ?

Ce que nous avons retenu d’Ebola, nous l’appliquons au maximum dans le cadre de cette nouvelle épidémie : prévenir, sensibiliser au maximum à l’hygiène et aux gestes à effectuer en cas d’infection, se laver les mains et limiter les contacts avec les personnes infectées. 

Vous savez, pendant Ebola, beaucoup de soignants sont morts… Maintenant, je pense que si le virus se déclare en Sierra Leone, nous sommes beaucoup mieux préparés grâce aux protocoles. 

Pourquoi choisir d’être en première ligne pour combattre les épidémies ?

Je suis devenue soignante car mon père est mort d’une maladie. Je voulais sauver la vie des gens de ma communauté. Tout simplement. Alors mes conseils à vous toutes et tous ? Prenez soin de vous, de vos proches. 

Faites un don pour aider les populations les plus vulnérables à lutter contre le Coronavirus dans le monde

La pandémie du coronavirus n'a pas de frontières. Les populations les plus vulnérables, qui n’ont pas accès à l’eau potable, aux soins ni à l’hygiène, sont les plus menacées. Notre mission est de leur apporter une aide d’urgence. Aidez-nous !

Nos équipes sur le terrain, habituées à lutter contre les pires épidémies comme Ebola, Zika ou le choléra, sont mobilisées. Nous renforçons dès à présent nos programmes de santé, d’accès à l’eau et aux produits d’hygiène. Mais pour continuer nos actions, face à une crise d’une ampleur sans précédent, nous avons besoin d’une mobilisation sans précédent.

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