06 novembre 2020

Malgré le report de la COP 26, les États doivent agir d’urgence pour le climat

Malgré le report d’une année de la COP 26 l’urgence de répondre à la crise climatique est plus pressante que jamais. Pourtant, à moins de deux mois de l’échéance, seuls 17 des 189 pays signataires de l'Accord de Paris ont soumis de nouveaux plans nationaux d’action sur le climat. Voici l'appel de CARE aux pays du G20.

L'association CARE lutte contre le réchauffement climatique partout dans le monde

L'urgence climatique ne peut pas être mise sur pause.

Si la COP26 a dû être reportée à l’an prochain en raison de la pandémie, l’action climatique, elle, ne peut pas être mise sur pause pendant une année. Des vagues de chaleur de plus en plus précoces en Europe, des typhons de plus en plus dévastateurs en Asie du Sud-Est, des sécheresses sans précédent en Afrique australe : les conséquences du dérèglement climatique n’épargnent personne !  

Les politiques des États nous condamnent à un réchauffement climatique de +3°C ou +4°C.

Or les gouvernements du monde entier échouent à protéger leurs citoyens et citoyennes en dépit des engagements pris il y a cinq ans à Paris. Il leur reste moins de deux mois pour présenter des plans nationaux d’action sur le climat plus ambitieux que ceux soumis en 2015 qui nous condamnent à un réchauffement de +3°C voire +4°C d’ici la fin du siècle, avec des impacts catastrophiques pour la planète et ses habitants.  

Si l’Union européenne, la Chine et le Japon ont récemment fait part de leur intention d’intensifier leurs efforts en matière climatique, la quasi totalité des pays du G20 responsables de 80% des émissions globales de gaz à effet de serre n'ont pour l'instant toujours pas officiellement corrigé leurs copies, à l'exception de la Russie !

La sortie des États-Unis de l'Accord de Paris est un mauvais signal.

Le 3 novembre , les États-Unis, deuxième pays le plus émetteur de gaz à effet de serre, sont officiellement sortis de l’accord de Paris, faisant craindre de lourdes conséquences pour le climat, bien au-delà du continent américain. Et même si, en cas de victoire, Joe Biden s’est engagé à ce que le pays rejoigne de nouveau l’accord dans les plus brefs délais, le chemin à parcourir pour compenser l’inaction climatique de l’administration Trump reste colossal.

Les pays développés ne doivent plus détourner le regard des millions de personnes, en particulier dans les pays du Sud qui subissent de plein fouet leur inaction à travers la perte de leurs maisons, de leurs biens ou même de membres de leur famille. 

Face à l’augmentation des conséquences irréversibles du changement climatique, connues sous le nom de pertes et dommages, les pays développés restent aux abonnés absents quand il s’agit d’apporter un soutien financier aux pays et populations les plus vulnérables.  

Les plans de relance post Covid-19 doivent être écologiques.

CARE exhorte les pays à garantir que les plans de relance post Covid-19 visent non seulement à limiter les effets de la pandémie mais aussi à bâtir un "monde d’après” plus prometteur pour les jeunes générations. Cela signifie investir massivement dans les énergies renouvelables, protéger les écosystèmes et doter les communautés vulnérables, et en particulier les femmes, des outils et du soutien nécessaires pour mieux rebondir face aux chocs climatiques et aux pandémies. 

Le gouvernement français, qui s’est encore fait épingler pendant l’été par le Haut Conseil pour le Climat en raison de ses efforts insuffisants pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, doit être exemplaire en la matière.

Le Vietnam, victime de terribles inondations, appelle le G20 à agir contre l'urgence climatique.

« Au Vietnam, le centre du pays est touché par de graves inondations alors que nous nous apprêtons  à faire face au cinquième cyclone tropical d’affilée ce mois-ci : des millions de personnes sont déjà aux prises avec les effets du changement climatique. 

La crise du Covid-19 s’ajoute à des impacts climatiques de plus en plus sévères. CARE appelle les pays développés à mobiliser au plus tard d’ici à 2022, 50 milliards de dollars supplémentaires  pour lutter contre les impacts du dérèglement climatique dans les pays du sud », interpelle Yen Thi Nguyen, experte climat de l’ONG CARE au Vietnam.

Contact médias

Nos expertes sont disponibles pour des interviews. Contactez Camille Nozières : nozieres@carefrance.org, 07 86 00 42 75 

L'action de CARE contre le changement climatique

La lutte contre les impacts climatiques est l’une de nos priorités sur le terrain et rejoint la lutte contre l'extrême pauvreté et les injustices.

  • CARE soutient les populations affectées par des chocs climatiques ponctuels (tempête, inondations) ou de long terme (variabilité des saisons et des précipitations).
  • CARE met en place des programmes de préservation de l'environnement et d'adaptation au changement climatique : soutien agricole aux communautés qui souffrent de la disparition des glaciers ; mise en place de réseaux d'accès à l'eau ; projets de plantation de mangroves et de restauration de systèmes de défense côtiers.
  • CARE participe également aux négociations internationales sur le climat et mène des actions de plaidoyer pour inciter les gouvernements à mettre en oeuvre des politiques climatiques ambitieuses.