25 juin 2021

Deux ans après la Convention mondiale, qu’en est-il de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail ?

Souvenez-vous, en 2019, la toute première convention internationale contre les violences sexistes et sexuelles au travail était adoptée après de longs mois de combat par les associations ! Alors, deux ans après, qu’est-ce-qui a changé dans le monde ? Découvrez les avancées positives mais aussi les combats qu'il reste à mener. 

Des travailleuses domestiques au Guatemala manifestent pour leurs droits
© CARE

Un élan contre les violences sexistes et sexuelles au travail

Les femmes doivent avoir le droit de travailler sans avoir peur de subir des violences sexuelles ! 

Vous vous étiez battus à nos côtés pour que la toute première convention internationale contre les violences sexistes et sexuelles au travail soit adoptée en 2019. C'était une première victoire qui donnait enfin espoir à des millions de femmes victimes d'abus sexuels dans le monde. 

Deux ans après, un tout petit nombre de pays ont ratifié cette convention. C'est un début mais il faut aller plus vite. Les associations, dont CARE, restent donc mobilisées pour inciter l'ensemble des États à s'engager concrètement. Pour cela, un élan positif a été lancé. Car pour pouvoir ratifier la convention, beaucoup de pays avaient besoin au préalable de renforcer leurs politiques nationales de protection des travailleuses. Par exemple : 

  • Au Vietnam, de nouvelles dispositions sur la prévention du harcèlement sexuel au travail ont été adoptées par le Code du travail en 2019.

  • En Indonésie, un projet de loi sur l'élimination de la violence sexuelle a été annoncé en 2020 et le ministère de la Main-d'œuvre examine la ratification de la Convention 190 de l'OIT.

Nous continuons de nous battre pour des millions de femmes dans le monde soient enfin protégées contre les abus sexuels au travail ! 

La France doit faire encore plus !

Et en France ? La première étape va bientôt se concrétiser : le gouvernement a annoncé une prochaine ratification de la convention. C'est un premier pas positif. Mais ce n'est pas suffisant. Les lois françaises doivent être renforcées pour mieux protéger les femmes au travail. Mais là, ça bloque. Le ministère du Travail trouve que tout est déjà parfait dans notre pays. Pourtant, une Française sur trois a déjà été victime de violences au travail. C'est bien la preuve qu'il faut faire plus et rapidement ! 

C'est pourquoi, une trentaine d'organisations féministes continuent de se battre ensemble : CARE, la CGT, ActionAid France, Human Rights Watch... Le collectif nous donne plus de poids face au gouvernement. De même que votre soutien et vos signatures à la lettre que nous avons adressée au gouvernement. Nous ne lâcherons rien : nous continuons de rencontrer et d'interpeller le Président Emmanuel Macron et les ministres pour qu’ils prennent leurs responsabilités. La France doit agir concrètement contre les violences sexistes et sexuelles au travail. 

Là aussi, le combat continue ! 

30 associations interpellent E.Macron dans les médias !

Découvrez la tribune ici sur le site de Slate.fr

Liste des signataires de la tribune : 

Sophie Binet, dirigeante de la CGT en charge des droits des femmes, Philippe Lévêque, directeur général de Care France, Françoise Vinson, vice-présidente d’Action Aid France, Alyssa Ahrabare, porte-parole d’Osez le Féminisme?!, Stacy Algrain, présidente du média Penser L’après, Ana Azaria, présidente de Femmes Egalité, Marylin Baldeck, déléguée générale de l’AVFT, Sadia Benhamou, présidente de l’association «Les Ateliers du Travail», Marie-Claude Bertrand, présidente du Conseil national des femmes françaises CNFF, Claire Charlès, porte-parole de l’association Les effronté-es, Geneviève Couraud, présidente d’honneur d’Elu·es contre les violences faites aux femmes, Caroline De Haas, militante féministe #NousToutes, Monique Dental, présidente fondatrice du Réseau Féministe «Ruptures», Claire Desaint, co-présidente de Femmes pour le dire, femmes pour agir, Catherine Sophie Dimitroulias, présidente de l’association des Femmes de l’Europe méridionale (Afem), Gabrielle Dorey, coprésidente du collectif Pour une parentalité féministe, Chantal Girard, co-présidente CEL Marseille, Murielle Guilbert, co-déléguée de l’Union syndicale solidaires, Sigrid Gérardin, secrétaire nationale FSU, coanimatrice du secteur droits des femmes, Jacqueline Julien, présidente de l’association Bagdam Espace lesbien, Toulouse, Séverine Lemière, présidente Association FIT une femme un toit, Yveline Nicolas, coordinatrice de l’association Adéquations, Marianna Rey, CMPDF, Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes, Roselyne Rollier, présidente Maison des Femmes Thérèse-Clerc-Montreuil, Laurence Rossignol, présidente de l’Assemblée des femmes, Sabine Salmon, présidente de femmes solidaires, Muriel Salmona, présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie, Jacqueline Spire, présidente de Valeurs de femmes, Youlie Yamamoto, co-animatrice du Collectif féministe les Rosies, Ariane Colson et Anna van der Lee, initiatrices du collectif étudiant #PasSansLaVraie190, Léa Thuillier, porte-parole d’En avant toute(s).