14 septembre 2021

Zimbabwe. Limiter la déforestation grâce à une solution écologique pour les familles

Au sud du Zimbabwe, la superficie des forêts ne cesse de diminuer. Le changement climatique intensifie les sécheresses, et les communautés dépendent du bois pour cuisiner, se chauffer, ce qui accélère la déforestation. Découvrez l'histoire de Soeur et sa famille, qui ont pu bénéficier d’une solution écologique pour limiter l’utilisation du bois. Et les impacts positifs vont bien au-delà !

L'association CARE lutte contre le changement climatique et la pauvreté
© CARE

Le bois de chauffage, source d’énergie principale pour les populations au Zimbabwe

Sœur Hlongwani a 61 ans et vit avec sa famille dans le village de Neshuro, au sud-est du pays. Pour elle comme pour sa communauté, le bois est une ressource précieuse, nécessaire à leur survie depuis des générations.

« Depuis des temps immémoriaux, le bois de chauffage est notre source d’énergie principale. » 

Mais Sœur Hlongwani en a conscience. La surexploitation du bois par sa communauté a un impact sur l’environnement, et finira à terme par priver des milliers de personnes des ressources naturelles précieuses. Elle nous confie même avoir vu les changements : les pâturages et les forêts diminuent au fil des ans.

Mais les conséquences ne se limitent pas à la sauvegarde de l’environnement. La pollution intérieure due aux feux à ciel ouvert est également source de préoccupation. Elle peut entrainer des maladies respiratoires, particulièrement pour les femmes et les enfants qui passent plus de temps dans les cuisines ou autour des cheminées.

Le biogaz, une solution durable contre la déforestation qui facilite la vie des communautés

Dans le village de Sœur Hlongwani, CARE et ses partenaires mènent un projet pour permettre de réduire la dépendance des communautés locales au bois de chauffage, simplifier leur quotidien, et protéger l’environnement. Comment ? En les aidant à avoir accès à une source d’énergie écologique, grâce à la distribution de matériel pour construire un digesteur à biogaz, qui permet de nourrir une famille entière à raison de 3 repas par jour. Cette solution écologique permet de réduire les émissions de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, tout en évitant la découpe du bois.

« Nos vies ont depuis changé depuis que nous avons commencé à utiliser le biogaz. Il nous fait gagner du temps tout en protégeant la planète. Nous avons maintenant plus de temps pour travailler à la ferme et faire d'autres activités, plutôt que d’aller chercher du bois de chauffage. »

La famille utilise de la bouse de vache fraîche issue de leur bétail comme combustible. Mieux encore : le lisier restant peut être utilisé comme engrais écologique pour leur jardin !

Un système qui permet de lutter contre la descolarisation des filles

Vous vous demandez quel est le lien entre biogaz et accès à l’éducation des filles ? On vous explique : dans les zones rurales du Zimbabwe, la tâche d’aller chercher le bois de chauffage quotidiennement est souvent réservée aux femmes et aux enfants, particulièrement et aux filles. Sur la route, elles sont vulnérables face aux abus, et beaucoup arrivent à l’école en retard, ou trop fatiguées pour suivre les cours.

L’arrivée du biogaz dans la famille a changé la vie de Sœur et ses petites filles.

« Mes petits-enfants n'ont plus à aller chercher du bois de chauffage avant d'aller à l'école. Mes petites filles ont maintenant plus de temps pour se concentrer sur l'école et leurs corvées ont diminué. Elles n'arrivent plus à l'école fatiguées ou en retard, et elles ont plus de temps pour lire. Je prévois maintenant de brancher le gaz pour avoir des lumières dans la maison pour que mes petits enfants puissent lire davantage et réussir à l'école ! »

Et la routine du matin pour préparer le déjeuner du midi a bien changé !

« Ils ont simplement à faire bouillir de l'eau, cuire leurs aliments et les ranger dans leurs boîtes à lunch désormais. Ils sont si heureux. » 

Soutenir les producteurs et productrices pour les aider à se développer

Vous pensiez qu’on s’arrêterait là ? Et bien non ! Nos équipes soutiennent également les familles comme celles de Sœur Hlongwani en les aidant à améliorer leurs cultures et développer leur élevage, en les encourageant à produire des petites céréales et des légumineuses, et à rejoindre les associations villageoises d’épargne et de crédit, qui permettent aux membres de la communauté de bénéficier de prêts basés sur la solidarité. Et les effets ne se sont pas fait attendre !

« Cette année, nous avons réussi à planter des noix, des arachides, des patates douces, du millet, du sorgho, des haricots rouges et du maïs. J'ai aussi réussi à acheter des chèvres, des poulets, des ustensiles de cuisine et même des assiettes, casseroles et poêles. » 

Alors, on continue de changer des vies comme celle de Sœur Hlongwani et sa famille ensemble ?

L'action de CARE contre le changement climatique

La lutte contre les impacts climatiques est l’une de nos priorités sur le terrain et rejoint la lutte contre l'extrême pauvreté et les injustices.

  • CARE soutient les populations affectées par des chocs climatiques ponctuels (tempête, inondations) ou de long terme (variabilité des saisons et des précipitations).
  • CARE met en place des programmes de préservation de l'environnement et d'adaptation au changement climatique : soutien agricole aux communautés qui souffrent de la disparition des glaciers ; mise en place de réseaux d'accès à l'eau ; projets de plantation de mangroves et de restauration de systèmes de défense côtiers.
  • CARE participe également aux négociations internationales sur le climat et mène des actions de plaidoyer pour inciter les gouvernements à mettre en oeuvre des politiques climatiques ambitieuses.