03 novembre 2021

Changement climatique : 3 actions à mettre en place par les États pour une COP réussie

La très attendue COP26, qui se tient actuellement à Glasgow, est l’occasion pour les États de prendre leurs responsabilités et d’accélérer leurs efforts face au réchauffement climatique. Nos experts climat sont aussi présents. Découvrez notre checklist pour une COP réussie.

L'association CARE lutte contre le changement climatique.
© CARE

Ne pas dépasser un réchauffement planétaire de +1,5°C

Ne pas dépasser un réchauffement planétaire de +1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle. C’est l’objectif de l’accord de Paris signé en 2015 par 192 États.

Cet objectif repose sur la science : dépasser cette limite, c’est exposer les écosystèmes et les populations humaines à des conséquences catastrophiques, selon le GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Chaque dixième de degré compte.

Les 9 prochaines années sont cruciales !

Pourtant, les mesures annoncées par les États nous condamnent à une trajectoire de réchauffement de +2,7°C d’ici la fin du siècle. Pourquoi ? En l’état actuel des engagements climatiques, les émissions de gaz à effet de serre vont augmenter de 16 % en 2030 par rapport à 2010, alors qu’il faudrait les réduire de 40 % d’ici 2030 pour rester sous la limite de 1,5°C. Les États doivent inverser la tendance de toute urgence et entamer immédiatement une baisse massive de leurs émissions. Les 9 prochaines années sont cruciales ! 

Augmenter les ressources financières pour lutter contre le changement climatique

Les financements climatiques sont essentiels : ils rendent possible le développement de projets d’énergies renouvelables ou d’adaptation des pratiques agricoles aux impacts du changement climatique. Ce sont des ressources financières mobilisées par les pays les plus riches - ceux majoritairement responsables de la crise climatique - à destination des pays, principalement du Sud, qui subissent les pires impacts du changement climatique et qui ont le moins de moyens financiers pour y répondre. 

En 2009, les États riches se sont engagés à mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 pour soutenir les pays vulnérables. Pourtant, en 2019, 20 milliards manquaient toujours à l’appel. Et une semaine avant la COP26, les États ont annoncé que ce n’est qu’en 2023 qu’ils rempliront leur promesse. Pourtant, le changement climatique lui ne se met pas en pause. Chaque année qui passe sans honorer cet engagement augmente la facture finale.

Les petites îles du Pacifique estiment qu’elles sont déjà dans le couloir de la mort.

Non seulement les pays riches doivent augmenter leurs financements climat au plus vite, mais doivent aussi les accorder sous forme de dons et non de prêts pour ne pas alourdir la dette des pays du Sud, non responsables du changement climatique et encore plus fragilisés par la pandémie de la Covid-19. C'est une question de justice climatique. 

En plus des 100 milliards de dollars, les pays les plus pollueurs doivent mobiliser des financements supplémentaires pour dédommager les pertes et dommages irréversibles provoqués par les catastrophes naturelles (destructions de routes, pertes de vies humaines suite aux cyclones) ou par les phénomènes plus lents (comme la montée des eaux qui entraîne la salinisation des terres et des migrations forcées). Les petites îles du Pacifique estiment qu’elles sont déjà dans le couloir de la mort.

Inclure tous les pans de la société dans ce combat, en particulier les femmes et les filles

Les femmes et les filles sont les premières impactées par le changement climatique dans le monde. Le réchauffement climatique se transforme en surcharge de travail. Ce sont elles qui parcourent des kilomètres pour trouver de l’eau et du bois. Des ressources naturelles de plus en plus rares à cause de la déforestation et des sécheresses. C’est autant de temps qu’elles ne peuvent pas consacrer à leur éducation, à des activités économiques ou à la participation aux décisions de leurs villages. Ce sont elles aussi qui se privent en premier quand la nourriture vient à manquer. 

Pourtant, les femmes jouent un rôle primordial au sein de leurs communautés pour s’adapter aux dérèglements climatiques et respecter la biodiversité.

L’action contre le changement climatique ne doit laisser personne de côté !

CARE appelle à ce que les voix des femmes soient davantage entendues dans les négociations climatiques. La lutte contre changement climatique doit aussi contribuer à réduire les inégalités de genre. Pour cela, les États doivent augmenter leur soutien aux organisations féministes ou menées par des femmes qui sont en première ligne du combat contre le changement climatique. 

L’action contre le changement climatique ne doit laisser personne de côté ! 

L'action de CARE pour le climat

CARE est l’un des plus grands réseaux humanitaires au monde créé en 1945. La lutte contre les impacts climatiques est l’une des priorités stratégiques de nos actions de lutte contre l'extrême pauvreté et les injustices.

  •  CARE soutient les populations affectées par des chocs climatiques ponctuels (tempête, inondations) ou de long terme (variabilité des saisons et des précipitations).
  •  CARE met en place des programmes de préservation de l'environnement et d'adaptation au changement climatique : soutien agricole aux communautés qui souffrent de la disparition des glaciers ; mise en place de réseaux d'accès à l'eau ; projets de plantation de mangroves et de restauration de systèmes de défense côtiers.
  •  CARE participe également aux négociations internationales sur le climat et mène des actions de plaidoyer pour inciter les gouvernements à mettre en oeuvre des politiques climatiques ambitieuses.