Les
négociations qui viennent de s’achever à Bonn ont avancé, quoique lentement, et
se sont concentrées sur des sujets techniques. Une chose est sûre : il
reste beaucoup de travail pour permettre la mise en œuvre de l’Accord de Paris
dès 2019… État des lieux et décryptage par CARE France.
Rester sous la barre des +1,5°C de réchauffement climatique est une question de survie
Six mois après l’entrée en vigueur de l’Accord de
Paris, la grande majorité des délégations nationales présentes à Bonn a réitéré
sa détermination à le mettre en œuvre rapidement. Représentant plus d’un
milliard d’individus, les 48 pays membres du Forum de la vulnérabilité climatique,
parmi lesquels le Niger, le Bangladesh, Haïti, les îles Fidji, ont rappelé que
rester sous la barre des +1,5°C de réchauffement climatique est littéralement
une question de survie pour leurs territoires et populations.
Appliquer l’Accord
de Paris et rehausser l’ambition : tout reste à faire !
Au cours des deux dernières semaines, les
négociations sur la définition des règles de mise en œuvre de l’Accord de Paris,
applicable aux pays développés et en développement, ont progressé de manière
inégale. Si les délégations se sont mises d’accord sur l’importance d’avoir des
règles solides, les pays en développement ont appelé à ce qu’elles soient
également flexibles et équitables, afin de prendre en compte les différences en
termes de capacités et de moyens. Les premières versions de certaines règles,
signes de progrès concrets, étaient espérées pour la fin de cette
session : nous n’y sommes pas encore.
Les modalités du dialogue de facilitation – qui,
prévu à la COP24 en 2018, doit permettre de faire le point sur les avancées de
la lutte contre les changements climatiques [1] –
restent encore en suspens. Elles constituent une priorité pour les mois à
venir. En effet, les États devront profiter de cette première mise en commun
des efforts menés au niveau de chaque pays pour revoir à la hausse leurs
objectifs nationaux : c’est pourquoi ils ont besoin de l’anticiper et
d’avoir des directives claires.
Par ailleurs, les initiatives de lutte contre le
changement climatique doivent s’accélérer mais pas à n’importe quel prix. Le
respect des droits humains et la prise en compte des intérêts des plus
vulnérables constituent des conditions sine qua non de l’action climatique.
Des
interférences dans le déroulement des négociations
Pendant cette session, les ONG et plusieurs États
ont dénoncé l’action des lobbies industriels interférant dans les négociations
et défendant leurs intérêts financiers, au détriment de la lutte contre les
changements climatiques.
Une vague d’inquiétude a également gagné les
observateurs de la société civile qui se sont vus refuser l’entrée à plusieurs
discussions sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. En vue de la COP23, il
est essentiel que la société civile puisse faire entendre sa voix. Les règles
de l’Accord de Paris doivent affirmer clairement la participation de la société
civile au processus.
En route
vers la COP23 : la communauté doit rester mobilisée
Sous la présidence des îles Fidji, la COP23 qui
aura lieu à Bonn en novembre devra, non seulement, avancer sur les chantiers
détaillés ci-dessus, mais aussi surmonter l’impasse des négociations sur
l’agriculture qui stagnent depuis plus d’un an et permettre l’adoption du plan
d’action sur le genre de la Convention-Cadre des Nations unies sur les
changements climatiques.
D’ici là, la communauté internationale aura les
yeux rivés sur les leaders du G7 (26 et 27 mai) et du G20 (7 et 8 juillet). La
société civile compte sur les chefs d’État et de gouvernement pour envoyer un signal
fort sur leur volonté de ne pas remettre en question l’Accord de Paris et les objectifs qu’ils se sont fixés, notamment
en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de financements
pour la lutte contre le changement climatique.
[1] À l’heure actuelle, les contributions nationales
placent le monde sur une trajectoire de réchauffement de plus de 3°C d’ici la
fin du siècle : une situation particulièrement injuste pour les pays et
populations les plus vulnérables.
Contact médias
Fanny Petitbon, responsable plaidoyer, est
disponible pour tout commentaire.
Contactez Laury-Anne Bellessa,
responsable des relations médias, +33 (0)7 86 00 42 75, bellessa@carefrance.org