Le One Planet Summit a multiplié les
annonces climatiques, bonnes comme mauvaises. La France, elle, a joué les
passe-plats. Maintenir la question climatique à un haut niveau politique est
indispensable, mais encore faut-il ne pas accueillir un sommet les mains vides.
Annonces des acteurs non-étatiques : un écran de
fumée face aux maigres annonces des pays
Le sommet a débouché sur un flot
d’engagements de banques, d’entreprises, de collectivités locales, et même de
pays du Sud. Certains engagements sont à saluer, comme celui d’Axa de
désinvestir et de réduire ses soutiens assurantiels au charbon et aux sables
bitumineux ou celui de la Banque Mondiale de cesser de financer l’exploitation
du pétrole et du gaz après 2019. Ils ne sont qu’un début et doivent faire effet
boule de neige auprès de l’ensemble des acteurs pour qu’au plus vite, pas un
euro de plus ne soit attribué aux énergies fossiles. Mais dans l’ensemble, les
annonces, nombreuses et peu lisibles, se sont surtout contentées de
“réchauffer” d’anciens engagements.
Par ailleurs, les annonces des acteurs
non étatiques ne doivent pas occulter le rôle indispensable des Etats pour
encadrer et s’assurer de l’intégration de la lutte contre les changements
climatiques dans l’économie réelle. Nous attendons que les pays sortent du banc
de touche en 2018 pour se remettre sur les rails de l’accord de Paris.
La France joue les passe-plats
La France, attendue par nos associations
sur de nouveaux engagements, s’est surtout contentée de jouer les passe-plats :
- Alors que la banque mondiale a fait un pas en
avant, la France n’a pas saisi l’occasion pour annoncer un calendrier de
suppression, à la fois du soutien de ses institutions publiques aux
énergies du passé et des 7 milliards d’euros de son budget qui chaque
année viennent soutenir les énergies fossiles ; - Alors que la nécessité de rééquilibrer les
financements dédiés à l’adaptation par rapport à ceux dédiés à la
réduction des émissions a été maintes fois soulignée, la France a annoncé
une augmentation de 300 millions d’euros de ses financements pour 2020, un
montant bien faible comparé aux 300 milliards que devront débourser chaque
année les pays pauvres pour s’adapter aux impacts des changements
climatiques. Sur le plan d’action genre, la France reste aux abonnés
absent. Sur la taxe européenne sur les transactions financières, la France
a bien proposé une taxe, mais au rabais, calquée sur le modèle français ; - Enfin, alors que le sommet était dédié à
l’action, le Président de la République n’a pas donné de gages sur
l’aboutissement des multiples chantiers sur le climat lancés depuis le
début du quinquennat dans les secteurs responsables des changements
climatiques en France (sur la mobilité, la rénovation des bâtiments,
l’agriculture et l’alimentation, le développement des énergies renouvelables
et l’efficacité énergétique, la refonte de la politique commerciale
européenne). Il a par ailleurs esquivé le rôle moteur que l’Union
européenne doit avoir dans la mise en oeuvre de l’Accord de Paris et qui
passe nécessairement par un renforcement de ses engagements, pour le
moment insuffisants. Pire, un certain nombre d’engagements pourraient
comporter des risques forts de soutien aux fausses solutions telles que
les OGM ou le nucléaire.
Signataires
Réseau Action Climat
France, ATTAC France, CARE France, Coordination SUD, France Nature
Environnement, Greenpeace France, Oxfam France, WECF France.
Contact médias
Fanny Petitbon, responsable plaidoyer, a assisté au Sommet. Elle est
disponible pour tout commentaire.
Contactez Laury-Anne Bellessa,
responsable des relations médias, +33 (0)7 86 00 42 75, bellessa@carefrance.org
La finance climat en action pour les femmes
En marge du One Planet Summit, le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a organisé le 11 décembre 2017, une conférence à haut niveau sur les enjeux du genre et de la finance climat.
A cette occasion, près d’une cinquantaine d’organisations de la société civile d’Europe, d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine ont remis aux pouvoirs publics français un document de recommandations intitulé « La finance climat en action pour les femmes« , élaboré à l’initiative de membres du groupe de travail Genre et climat de la Plateforme Genre et Développement, dont CARE France. Ce plaidoyer reste ouvert à la signature des organisations de la société civile.