Alors que les ministres de l’environnement du G7 se réuniront les 19 et 21
septembre, un nouveau rapport de l’ONG CARE analyse les financements de ces
pays pour l’adaptation et l’égalité entre les sexes. La France se trouve tout
en bas de ce classement. Pourtant, inclure les femmes dans la lutte contre le
changement climatique est non seulement une question de justice sociale et de
respect des droits humains, c’est aussi la garantie de mettre en place des
politiques d’adaptation efficaces.
Il reste beaucoup à faire
Pour la première fois,
le nouveau rapport de CARE fournit une analyse approfondie des financements du
G7 en matière de soutien à l’adaptation des pays pauvres et de l’attention
qu’ils accordent à l’empowerment des femmes et des filles, en se basant sur les
données de l’OCDE de 2013 à 2016. Conclusion : il reste beaucoup à
faire !
Sur cette période, ce sont les États-Unis (74%), le Canada
(71%) et l’Allemagne (61%) qui ont accordé le plus d’attention à l’égalité
entre les sexes dans le cadre de leurs financements pour l’adaptation. Le Japon
(29%) et la France (24%) se classent aux derniers rangs.
Pourquoi une approche genre des financements climat est-elle
importante ?
« Les impacts du changement climatique
frappent déjà les communautés pauvres du monde entier et ce sont souvent les
femmes et les filles qui sont les plus touchées. Or, elles sont un levier indispensable
pour promouvoir des solutions concrètes au changement climatique. Dans
l’agriculture, par exemple, qui est l’un des principaux secteurs touchés par
les dérèglements climatiques, les femmes représentent 43% de la main d’œuvre
agricole mais ne reçoivent que 5% des formations mises en œuvre par les
services agricoles de l’Etat. Comment espérer mettre en place de nouvelles pratiques
d’adaptation efficaces si les femmes ne sont pas inclues ? On risque même
d’accroitre les inégalités », s’inquiète Aurélie Ceinos, spécialiste résilience
et changement climatique de CARE.
Apporter une réponse à la hauteur des enjeux actuels
CARE appelle donc les gouvernements à aller bien plus loin en transformant leurs engagements en matière d’adaptation au changement climatique et de protection des plus vulnérables, en actes concrets, en particulier pour les femmes et les filles.
« La France a trop longtemps considéré d’un côté les financements climat et de l’autre les financements genre. Il faut mettre fin à ce silo et s’attaquer simultanément aux deux problématiques, comme préconisé par l’Accord de Paris sur le climat et les Objectifs de Développement Durable», demande Fanny Petitbon, responsable plaidoyer de CARE France.
Il faut également apporter une réponse à la hauteur des enjeux actuels. Si les financements adaptation augmentent de manière continue depuis 2014 pour l’Union européenne et le Canada et depuis 2016 pour les États-Unis, le revirement de l’administration Trump menace cette tendance positive et pourrait accroître le nombre de personnes sans protection face aux risques climatiques.
« Le G7 rassemble les pays les plus responsables du changement climatique, c’est pourquoi ces gouvernements doivent intensifier leur soutien à l’adaptation des pays vulnérables. Nous estimons qu’il faudra tripler les financements pour l’adaptation (9 milliards USD en 2016 selon les chiffres rapportés à l’OCDE) d’ici à 2020 pour contribuer de manière appropriée à l’objectif de 100 milliards promis par les pays développés », alerte Fanny Petitbon.
Notes aux rédactions
– Le rapport complet (en anglais) se trouve sur le site de CARE France : Punching below their weight
–
L’analyse a été faite à partir des données fournies à l’OCDE par les pays
donateurs. C’est l’un des jeux de données les plus complets sur le sujet
cependant, il est à noter que la comptabilisation de certains éléments est
imparfaite et mériterait d’être améliorée pour assurer une meilleure analyse.
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