Aujourd’hui
s’ouvre la 4e Conférence nationale humanitaire à laquelle plus de 500 acteurs
de l’aide humanitaire participent, sur l’invitation du ministère de l’Europe et
des Affaires étrangères. L’occasion pour le ministre de dévoiler la nouvelle
stratégie humanitaire de la France. Un programme bienvenu pour Coordination SUD
mais mis à l’épreuve des nombreux défis des ONG sur le terrain.
Les crises humanitaires s’aggravent et se prolongent
Organisée tous les deux ans depuis 2012, la conférence nationale
humanitaire permet aux nombreux acteurs de l’aide de soulever et proposer des
réponses aux défis actuels de l’action humanitaire. Quatre thématiques sont à
l’ordre du jour de la conférence 2018 : le financement de l’aide humanitaire,
le droit international humanitaire (DIH), le lien urgence-développement et la
localisation. Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves le
Drian présentera la nouvelle stratégie humanitaire française pour la période
2018-2022.
Les crises humanitaires s’aggravent et se prolongent, comme
cela sera rappelé par les ONG membres de Coordination SUD agissant en
République démocratique du Congo, au Sahel, au Yémen, en Syrie ou en Birmanie,
à l’occasion d’une conférence de presse.Le contexte politique et financier
général se complexifie, rendant l’accès humanitaire plus ardu alors que les
besoins augmentent. Selon l’ONU, en 2018, les conflits – en particulier, les
crises prolongées – continueront de représenter la cause principale des besoins
humanitaires et 136 millions de personnes dans le monde auront besoin d’une
assistance humanitaire et de protection.
Coordination
SUD, qui a eu accès à l’avant-projet du texte de la stratégie, salue l’ambition
de la France pour rester le pays promoteur et défenseur de l’humanitaire,
malgré un contexte international tendu. Les ONG soulignent en particulier les
engagements de la France pour la défense et le respect du droit international
humanitaire, vital pour les populations civiles victimes des conflits et la
promotion d’un accès libre et direct de celles-ci à l’aide humanitaire.
Pour
Philippe Jahshan, président de Coordination SUD « Il est vital que les
principes humanitaires d’humanité, d’indépendance, de neutralité et d’impartialité
soient respectés, promus et mis en oeuvre et que l’accès à l’aide humanitaire
se fasse sans entrave. L’aide humanitaire ne doit pas être prise en otage par
des intérêts politiques ou militaires ».
Au-delà de cette stratégie, les ONG attendent de la France des actes concrets et une action diplomatique forte pour régler les conflits et protéger les civils, en totale adéquation avec sa place et ses obligations internationales.
Une part plus conséquente des moyens doivent être consacrés à l’action humanitaire
Coordination
SUD, tout en reconnaissant des avancées pour rendre l’aide française plus
efficace, appelle au
renforcement de la coordination des actions sur le long-terme, notamment en
s’assurant du lien urgence-développement.
« La
multiplication des catastrophes naturelles sous l’effet des changements
climatiques et l’extension de la durée des crises politiques, sociales,
économiques ou sécuritaires exigent une réponse concertée et coordonnée de tous
les acteurs en présence, des humanitaires et du développement ainsi que des
gouvernements et des acteurs militaires, dans le respect des mandats de chacun.
», complète Pauline Chetcuti, cheffe de file de la commission Humanitaire
de Coordination SUD et responsable Plaidoyer humanitaire à Action contre la
Faim.
Le président
Macron s’est engagé à ce que l’aide publique au développement française
atteigne 0,55 % de sa richesse nationale d’ici 2022, ce qui représente une
augmentation d’environ six milliards d’euros sur cinq ans (soit 1,2 milliard
par an). Ainsi le dernier Comité interministériel de la coopération
internationale et du développement actait l’engagement gouvernemental d’un
financement de l’action humanitaire à hauteur de 500 millions d’euros pour
2022. Pour Coordination SUD, il faut aller plus loin.
Pour Alain
Boinet, administrateur de Coordination SUD pour la CHD et fondateur de
Solidarités international : « Une part plus conséquente des moyens doivent
être consacrés à l’action humanitaire pour atteindre à terme les 10 % de l’aide
publique au développement, qui est dans la moyenne des pays de l’OCDE ».
Coordination
SUD poursuivra son engagement pour un financement de l’aide humanitaire à
hauteur des besoins, pour une pleine prise en compte du lien entre urgence et
développement, pour le respect inconditionnel du droit international
humanitaire et pour une aide au plus proche des populations.
CARE France est membre de Coordination SUD – Solidarité Urgence Développement, coordination nationale des ONG françaises de solidarité internationale. Elle rassemble aujourd’hui 164 ONG, adhérents directs ou au travers de six collectifs (Clong-Volontariat, Cnajep, Coordination humanitaire et développement, Crid, Forim, Groupe Initiatives), qui mènent des actions humanitaires d’urgence, d’aide au développement, de protection de l’environnement, de défense des droits humains auprès des populations défavorisées mais aussi des actions d’éducation à la solidarité internationale et de plaidoyer.