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COP 22. Zoom sur l’agriculture et la journée africaine

Nos experts commentent deux actualités de la COP 22 : le lancement des initiatives triple A et 4 pour 1000 demain ; ainsi que la journée africaine. 

« La multiplication d’initiatives parallèles en termes d’agriculture complexifie et peut fragiliser l’action climatique. L’urgence climatique exige plus d’efficacité et de cohérence de la part des Etats. »

Aurélie Ceinos, responsable climat de CARE France.

« La COP 22 devait être celle de l’action. C’est mal parti en ce qui
concerne les négociations sur l’agriculture.
Elles sont aujourd’hui au point
mort, les discussions sont pour l’instant reportées au printemps prochain.
Depuis plusieurs jours, nous demandons aux ministres de réviser la décision sur
la table. Pour cela, ils doivent dépasser le blocage entre le G77 et les pays
développés. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre un an de travail sur
un secteur qui est au coeur des contributions nationales et si fortement
émetteur de gaz à effet de serre. On appelle les pays à définir des actions
concrètes sur l’agriculture et la sécurité alimentaire. Par exemple, des
critères clairs doivent être établis pour l’attribution des financements
climat.

Nous sommes aussi inquiets quant aux initiatives parallèles – 4 pour 1000
et triple A – qui se multiplient face à la lenteur et au manque de concret des
négociations. Ces actions sont trop peu encadrées.
Elles laissent le champ
libre à des pratiques – telles que les OGM et l’utilisation d’intrants
chimiques nocifs – qui sont néfastes pour l’environnement ou la sécurité
alimentaire. Nous demandons aux Etats de ne pas rejeter le cadre des négociations malgré sa complexité.
Seul ce multilatéralisme peut garantir une cohérence des actions pour atteindre
un but commun : la lutte contre le changement climatique.
»

« Nous savons comment limiter les impacts climatiques pour les populations les plus vulnérables mais beaucoup de pays africains n’en ont tout simplement pas les moyens. L’adaptation doit rester une priorité pour éviter des catastrophes de grande ampleur. »

Vitumbiko Chinoko, coordinateur des projets climats de CARE en Afrique australe.

« Nous sommes très inquiets par l’issue prochaine de cette COP : la question
des pertes et dommages a pu avancer alors que des blocages importants
subsistent sur l’adaptation. Nous rappelons aux Etats qu’ils ne doivent pas se
contenter de compenser les impacts du changement climatique mais aussi les
prévenir et les réduire.
De nombreuses méthodes ont déjà fait leurs preuves sur
le terrain (pratiques agricoles plus adaptées, semences écologiques et plus
résistantes, diversification des sources de revenus) mais le problème est
toujours le même : nous avons besoin de plus de financements pour développer
ces politiques d’adaptation et de réduction des risques liés aux catastrophes
naturelles.

Les Etats doivent se rendre compte des impacts environnementaux et sociaux
qui affectent actuellement des millions de personnes en Afrique. Dans le sud du
Mozambique, affecté par la pire sécheresse depuis 35 ans, 80% des familles
doivent se contenter d’un à deux repas par jour. Les femmes et les filles sont les
premières victimes de cette catastrophe provoquée par les impacts couplés d’El
Nino et du changement climatique. Leurs conditions de vie se sont fortement
dégradées et elles sont plus exposées aux violences sexuelles. Dans la région
d’Inhambane, les femmes passent trois fois plus de temps à collecter de l’eau.
Elles y consacrent désormais 6 heures par jour.
Beaucoup de filles sont
déscolarisées pour aider aux tâches domestiques. Celles qui vont chercher de
l’eau se voient proposer des rapports sexuels en échange de nourriture ou
d’argent. Certaines n’ont que 11 ans et sont rejetées par leur communauté si
elles tombent enceintes. »

Suivez les avancées de la COP 22 avec CARE France

Contact médias

Nos équipes (francophones et anglophones) sont disponibles pour toute demande d’interview. 

  • Aurélie Ceinos, responsable climat de CARE France, sera à Marrakech du 12 au 19 novembre.
  • Fanny Petitbon, responable plaidoyer de CARE France, sera disponible à Paris. 

Contactez Laury-Anne Bellessa (à Marrakech du 12 au 19/11), responsable des relations medias, +33 (0)7 86 00 42 75, bellessa@carefrance.org

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