Nous ne sommes pas tous et toutes égaux face au changement
climatique. Certaines populations sont plus durement touchées par ses
conséquences. Oui, mais ça veut dire quoi concrètement ? Y-a-t-il des solutions
pour lutter contre ces inégalités ? La réponse dans cet article !

L’injustice climatique, kezako ?
C’est l’idée selon laquelle toutes les populations ne sont
pas égales face aux conséquences du changement climatique. Les causes de ces
injustices peuvent être géographiques (zones affectées par des catastrophes
naturelles : cyclones, sécheresses, etc), économiques ou sociales
(impossibilité de s’adapter aux changements climatiques ou de s’y prémunir).
Si nous sommes toutes et tous affectés par le changement
climatique, les populations les plus pauvres et les pays en développement sont
les plus durement touchés. Et ce alors qu’ils en sont pourtant les moins responsables du
changement climatique. En effet, 80% des émissions de gaz à effet de serre sont
émises par seulement 20 pays industrialisés dans le monde.
Quel est le lien avec la pauvreté et changement climatique ?
Le changement climatique menace aujourd’hui les droits
vitaux des populations les plus vulnérables : accès à l’eau, alimentation,
santé… Il accentue ainsi les inégalités sociales. Le constat est alarmant :
122 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans la pauvreté
d’ici 2030, du fait du changement climatique. Ce phénomène
pourrait exacerber les crises sociales qui affectent déjà certains pays.
Les populations les plus exposées aux catastrophes naturelles n’ont souvent pas la possibilité de s’adapter et de se préparer.
Par exemple, les cyclones Idai et Kenneth, qui ont dévasté le Mozambique coup
sur coup en début d’année 2019, ont causé des dégâts équivalents à un cinquième
du PIB du pays. Les conséquences pour un pays comme le Mozambique et ses
populations sont donc dramatiques et ce alors qu’ils n’ont pas les moyens de se
relever.
Mais y-a-t-il vraiment une urgence climatique ?
Oui ! Pour éviter une catastrophe climatique mondiale, il
faut absolument mettre en place des actions fortes au cours des 10 prochaines
années, ont alerté les experts du GIEC.
Tout dixième de degrés d’augmentation de la température de
notre planète menace des populations entières. C’est notamment les cas des États insulaires qui pourraient disparaître totalement dans les prochaines
années. À l’occasion de l’ouverture de la COP25, le constat de la Présidente
des îles Marshall, Hilda Heine, était sans appel :
« Les atolls les plus vulnérables
comme mon pays sont déjà dans le couloir de la mort », a t-elle alerté.
Que peut-on faire pour y remédier ?
Il faut limiter nos émissions de gaz à effet de serre
La COP25 peut (et doit) être celle de la justice climatique.
Tout d’abord, les États industrialisés, les plus responsables du changement climatique, doivent prendre des mesures
fortes pour limiter l’impact des dérèglements, pour leurs populations, mais
aussi pour celles des pays les plus durement touchés. Or aujourd’hui, nous
sommes loin du compte.
Aujourd’hui, seuls 68 pays se sont engagés à revoir à la hausse
leurs engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre adoptés d’ici à 2020. Mais il s’agit pour la plupart de pays en
développement qui n’émettent que 8 % des émissions mondiales. Il ne leur reste qu’un an à l’ensemble des États, et notamment les pays industrialisés, avant de devoir rendre des comptes
sur leurs engagement de réduction des émissions de gaz à effet de serre
dans le cadre de la COP26, qui aura lieu fin 2020.Le temps presse !
Il faut soutenir les populations les plus affectées par le changement climatique
Les pertes et dommages, l’un des sujets centraux évoqués par
les États lors de la COP25, doivent également être pris en compte. Il s’agit
des dégâts inévitables et irréversibles causés par le changement climatique
dans certains pays, et ce, même si les États prennent des mesures d’urgences
concrètes et fortes rapidement.
Selon
les principes de responsabilité et justice climatique, les États-Unis et
l’Europe devraient couvrir plus de 50% des coûts de réparation suite aux dégâts
causés par les catastrophes climatiques dans les pays du Sud en raison de leur
part des émissions de gaz à effet de serre. Pour cela, les États industrialisés
doivent explorer de nouvelles pistes de financement pour rétablir l’équité
climatique : taxe sur l’extraction des énergies fossiles, sur les émissions des
secteurs maritime et aérien, annuler les dettes des pays touchés par les
catastrophes climatiques. Avec un objectif ambitieux : mobiliser au moins 50
milliards de dollars d’ici 2022.
Faire face ensemble et de façon solidaire aux conséquences
du changement
Nous avons toutes et tous une responsabilité face au changement climatique et la possibilité d’agir !
Chaque geste au quotidien a un impact sur le climat : transports, énergie, consommation. Si nous nous y mettons toutes et tous ensemble alors nous pourrons contribuer à éviter une catastrophe climatique. Mobilisez-vous !
L'action de CARE contre le changement climatique
La lutte contre les impacts climatiques est l’une des priorités stratégiques de nos actions de lutte contre l’extrême pauvreté et les injustices.
- CARE soutient les populations affectées par des chocs climatiques ponctuels (tempête, inondations) ou de long terme (variabilité des saisons et des précipitations).
- CARE met en place des programmes d’adaptation : soutien agricole aux communautés qui souffrent de la disparition des glaciers ; mise en place de réseaux d’accès à l’eau ; projets de plantation de mangroves et de restauration de systèmes de défense côtiers.
- CARE participe également aux négociations internationales sur le climat et mène des actions de plaidoyer pour inciter les gouvernements à mettre en oeuvre des politiques climatiques ambitieuses.