Passé les déclarations de façade, le cynisme des pays riches face au changement climatique

 Maintenant que nous avons un pied dans la porte, nous devons l’ouvrir en grand et obtenir une décision des parties à la COP27 qui permette d’établir un mécanisme de financement des pertes et dommages. Il est crucial que cette COP27 apporte enfin un soutien vital aux populations qui subissent les pires impacts climatiques sans en être responsables. 

Dès l’ouverture des négociations sur ce sujet, il est devenu clair que la nécessité de mobiliser des financements pour répondre aux pertes et dommages ne fait maintenant plus débat. Malheureusement, passé les déclarations de façade, les pays riches, au premier rang desquels les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande, sont ensuite retombés dans leurs vieux travers, usant de tactiques bien rôdées pour noyer le poisson : proposant d’organiser des dialogues, des ateliers, pour identifier des besoins bien connus déjà depuis des années (phénomènes à occurrence lente, pertes non économiques, réponse rapide suite aux événements climatiques extrêmes pour aider les communautés à reconstruire leurs vies). Et tout cela, sans aucune certitude que le processus aboutira d’ici la COP29 à la création d’un nouveau mécanisme financier. Quel cynisme face aux  pays vulnérables qui alertent depuis plus de 30 ans et voient déjà leurs territoires submergés ou leurs populations au bord de la famine à cause des sécheresses sans fin ! 

 

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Il est urgent d'agir pour le climat

L’initiative portée par la France et la Barbade, de réformer le fonctionnement d’institutions financières telles que la Banque mondiale et le Fonds Monétaire International, offre un potentiel sur le long terme. Mais des solutions qui permettraient de dégager des sommes considérables plus rapidement, comme la proposition de Mia Mottley sur la taxation des profits des entreprises des énergies fossiles, ayant pignon sur rue à la COP27, n’ont malheureusement pas été plébiscitées par les leaders des pays riches. 

 

Le fait que huit gouvernements (Ecosse, Belgique, Allemagne, Irlande, Autriche, Canada, Espagne, Nouvelle-Zélande) se soient engagés cette semaine à financer les pertes et dommages est clairement un pas dans la bonne direction même si les sommes restent minimes par rapport à l’ampleur des besoins. Malheureusement, pour tous ces pays, à l’exception de l’Autriche, il ne s’agit pas d’argent nouveau ou supplémentaire. Les gouvernements se contentent de déshabiller Pierre pour habiller Paul et, redirigent l’argent public initialement alloué à la réduction des émissions et à l’adaptation vers les pertes et dommages. Or il est urgent et nécessaire de continuer d’agir en parallèle sur les différents fronts pour contenir le réchauffement climatique tout en apportant des réponses concrètes aux impacts. 

 

Nous espérons que les gouvernements qui ont démontré leur volonté de financer les pertes et dommages, notamment au sein de l’Union européenne, soutiendront désormais pleinement la création d’une facilité dédiée. Nous ne pouvons pas clore cette COP27 avec une simple décision sur le processus de dialogues et d’ateliers. Le temps des discussions sans fin est révolu. Il s’agit d’une question de justice et d’urgence climatique

 

Contacts médias :  Fanny Petitbon, responsable plaidoyer climat de l’ONG CARE est à Sharm el-Sheikh pour suivre les négociations. Elle est disponible pour des interviews. Contactez Camille Nozières : nozieres@carefrance.org, 07 86 00 42 75 

L'action de CARE contre le changement climatique

Les équipes de l’ONG CARE agissent partout où le changement climatique bouleverse des millions de vies et aggravent les inégalités :

  • nous apportons une aide vitale d’urgence aux plus vulnérables (nourriture, eau, abris, kits d’hygiène…)
  • et renforçons leurs capacités à s’adapter aux impacts climatiques sur le long terme, grâce à des techniques agricoles résilientes par exemple.
  • Nous portons la voix des populations que nous soutenons au sein des conférences internationales sur le climat afin que les gouvernements agissent contre le changement climatique.

Nous portons une attention particulière aux femmes et aux filles, qui en subissent les répercussions les plus importantes. 

© M. Levin / OCHA

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