Le coronavirus
se répand de jour en jour à travers le monde. En Sierra Leone, les autorités et
le personnel soignant
se préparent à l’arrivée du virus. Sur place, Rosaline, infirmière dans un établissement
de santé soutenu par CARE nous raconte son quotidien depuis que la pandémie
menace le pays.

Comment réagit la population face à cette
menace de pandémie ?
La situation n’est pas facile, la population est très
inquiète. Les premiers cas suspects ont été déclarés en Guinée, notre pays
voisin. Nous avons peur parce que cette
pandémie nous rappelle le virus Ebola qui nous a frappé il y a quelques mois. Nos capacités médicales sont limitées et nous
sommes inquiets de ne pas pouvoir faire
face à la multiplication des cas.
Nous
avons vraiment besoin d’une aide internationale pour combattre le coronavirus. Nous
n’avons pas assez de matériels. Si nous ne l’obtenons pas, j’ai peur que ce
virus décime notre population
Comment les
autorités et centres de santé se préparent-ils à l’arrivée du virus ?
Tout d’abord, nous devons prévenir et sensibiliser les
populations. Nous avons installé de quoi se laver les mains dans tous les lieux
publics (écoles, établissements de santé…). Les gens ne se serrent plus la main
et la plupart des rassemblements ont été arrêtés (boites de nuit, sports
collectifs…). En tant qu’infirmière, je me rends directement dans les
communautés, je m’assois avec eux et leur explique tout ce qu’il faut savoir
sur ce nouveau virus. Parfois, les gens sont hésitants et ont du mal à me
croire. Alors, je prends le maximum de temps pour bien leur expliquer. Ils me
font confiance car je suis née dans la région, ils me connaissent.
De manière plus globale, CARE coordonne sa réponse au Coronavirus
avec l’OMS et d’autres acteurs de la santé publique. CARE renforce ses
programmes d’accès à l’eau potable et à l’hygiène dans de nombreuses
communautés, ce qui servira à protéger les populations en enrayant la
propagation du virus. Dans nos centres de santé, par exemple, nous sommes en
train de mettre en œuvre nos protocoles de prévention et de contrôle des
infections. Nous avons reçu des équipements de protection individuelle envoyés
par CARE mais nous espérons en recevoir d’avantage, sinon nous allons rapidement
en manquer.
Qu’avez-vous appris d’Ebola et qui vous servira pour
le coronavirus ? Quels conseils donneriez-vous au personnel soignant qui
lutte contre l’épidémie ?
Ce que nous avons retenu d’Ebola, nous l’appliquons au maximum dans le cadre de cette nouvelle épidémie : prévenir, sensibiliser au maximum à l’hygiène et aux gestes à effectuer en cas d’infection, se laver les mains et limiter les contacts avec les personnes infectées.
Vous savez, pendant Ebola, beaucoup de soignants sont morts… Maintenant, je pense que si le virus se déclare en Sierra Leone, nous sommes beaucoup mieux préparés grâce aux protocoles.
Pourquoi choisir d’être en première ligne pour combattre
les épidémies ?
Je suis devenue soignante car mon père est mort d’une
maladie. Je voulais sauver la vie des gens de ma communauté. Tout simplement. Alors
mes conseils à vous toutes et tous ? Prenez soin de vous, de vos proches.
Faites un don pour aider les populations les plus
vulnérables à lutter contre le Coronavirus dans le monde
La pandémie du coronavirus n’a pas de frontières. Les
populations les plus vulnérables, qui n’ont pas accès à l’eau potable, aux
soins ni à l’hygiène, sont les plus menacées. Notre mission est de leur
apporter une aide d’urgence. Aidez-nous !
Nos équipes sur le terrain, habituées à lutter contre les
pires épidémies comme Ebola, Zika ou le choléra, sont mobilisées. Nous
renforçons dès à présent nos programmes de santé, d’accès à l’eau et aux
produits d’hygiène. Mais pour continuer nos actions, face à une crise d’une
ampleur sans précédent, nous avons besoin d’une mobilisation sans précédent.