La date est hautement symbolique. La 10e édition du rapport annuel Crises oubliées de l’ONG CARE sort un an jour pour jour après l’entrée en vigueur du gel de l’aide étrangère des États-Unis. En 2025, l’action humanitaire mondiale a été profondément fragilisée par la décision prise par Washington de supprimer 90 % de ses financements de l’aide humanitaire, cumulée à des réductions similaires dans une dizaine de pays européens, dont 37 % pour la France.  

«Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, porter assistance à des personnes en danger n’est plus unanimement reconnu comme un impératif vital.»

déclare Adéa Guillot, porte-parole de CARE France 

Le bilan de 10 ans d’analyse : 80% des crises oubliées sont en Afrique

Depuis dix ans, le continent africain est, chaque année, largement oublié par les médias. En 2025, près de 43 millions de personnes sont affectées par les dix crises humanitaires les moins documentées au monde, dont près de 80 % se situent dans des pays africains (voir la liste complète dans la note aux éditeurs). La Centrafrique apparait tous les ans dans le classement des 10 crises les moins médiatisées, le Burundi 9 années sur 10.  

0 millions

de personnes sont affectées par les dix crises les moins documentées au monde en 2025

Le changement climatique : facteur commun à l’ensemble des crises

Le changement climatique est désormais un facteur commun à l’ensemble des crises du classement. Tous les pays cités cette année sont confrontés à une alternance d’épisodes de sécheresse et d’inondations, qui détruit les récoltes et entraîne une insécurité alimentaire grave et durable.  

Paysage au Malawi
© CARE
Un garçon marche dans les eaux inondées du village de Gatumba.
© CARE

Ignorance du grand public = absence d’aide

Ces 10 crises sont aussi parmi celles qui reçoivent le moins de financements. En 2025, les réponses humanitaires des Nations Unies pour le Honduras n’étaient financées qu’à 11% et tout juste 14 % pour le Zimbabwe ou le Malawi. La République centrafricaine atteignait 36 %, un « record » dans ce classement mais toujours à peine un tiers des besoins couverts.

«L’invisibilisation de ces crises a des conséquences directes pour les personnes affectées par les guerres, les catastrophes naturelles et la faim : elle se traduit par moins de financements, moins d’aide humanitaire et davantage de vies en danger. Informer reste l’un des leviers essentiels pour mobiliser l’action politique et la solidarité internationale. »

alerte Adéa Guillot, porte-parole de l’ONG CARE France.  

Avec cette dixième édition, CARE ne se contente pas d’un état des lieux. L’ONG lance un appel : ces crises existent, elles s’aggravent, elles nous concernent — et elles doivent être racontées. Maintenant. 

Notes aux éditeurs 

  • Méthodologie du rapport : chaque année, ce rapport de l’ONG CARE analyse les articles publiés en ligne en cinq langues sur les crises humanitaires touchant un million de personnes ou plus. Cette année, 43 pays ont été passés au peigne fin, et le constat est édifiant : la République centrafricaine n’a généré que 1 532 articles, la Namibie 2 379 et la Zambie 2 980, alors que la fermeture temporaire de TikTok aux États-Unis a déclenché 445 342 publications. 
  • Les dix crises oubliées en 2025  
  • 1/ République centrafricaine : 2.4 millions de personnes en situation d’urgence humanitaire  
  • 2/ Namibie : La pire sécheresse depuis 100 ans 
  • 3/ Zambie : 12% de la population en situation d’insécurité alimentaire aigüe 
  • 4/ Malawi : 6.1 millions de personnes en situation d’urgence humanitaire 
  • 5/ Honduras : 1.6 millions de personnes en situation d’urgence humanitaire 
  • 6/ Corée du Nord : Plus de 10 millions de personnes souffrent de malnutrition 
  • 7/ Angola : 1.3 millions d’enfants ont besoin d’aide humanitaire 
  • 8/ Burundi : 2.7 millions de personnes en zone rurale menacées d’insécurité alimentaire 
  • 9/ Zimbabwe : 7.6 millions de personne en situation d’urgence humanitaire 
  • 10 /Madagascar : 2.3 millions d’enfants ont besoin d’aide humanitaire 

Contact presse pour les médias : 

Laurence Bondard

Bondard@carefrance.org / 0033 7 86 00 42 75

En savoir plus

Moins d’aides. Plus d’urgences. Chaque minute compte

[COMMUNIQUE] Syrie : un an après, CARE alerte sur le manque de financement de l’aide humanitaire

un camps de réfugiés au soudan

[Communiqué] Soudan : El Fasher, symbole d’une crise humanitaire volontairement ignorée