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Journée de l’alimentation. La crise alimentaire mondiale affecte plus particulièrement les femmes

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, la faim s’accentue dans le monde. Les femmes et les filles sont les plus touchées. Pourtant, comme le révèle notre nouveau rapport, la majorité des mesures politiques prises pour lutter contre la faim ne prennent pas en compte leurs besoins. 

L'insécurité alimentaire grandit dans le monde : des
millions de familles touchées

Début 2020, on estimait que 690 millions de personnes
souffraient de la faim. Du fait de la Covid-19, 135 millions de personnes supplémentaires pourraient être touchées par la faim d’ici la fin 2020,
selon l’ONU.
Et les impacts de la pandémie n’épargnent aucun continent :

  • Le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire a
    triplé en Amérique latine et a doublé en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest. En Ethiopie, environ 9 millions de personnes supplémentaires ont besoin d’assistance
    alimentaire.
  • Les États-Unis ont inscrit plus de 6 millions de nouveaux
    bénéficiaires dans le Programme d’assistance nutritionnelle au
    cours des trois premiers mois de la pandémie. Dans certains comtés ruraux, les taux d’insécurité alimentaire
    passant de 18% à 35%. 

Une crise qui se répercute particulièrement sur les femmes

Les femmes et les filles sont affectées plus sévèrement par
l’insécurité alimentaire.
Alors qu’elles assument le fardeau économique de
l’achat de la nourriture pour toute la famille, elles effectuent aussi 75% du
travail non rémunéré, comme l’entretien de la maison et la garde d’enfants.
Souvent, elles cuisinent pour toute la famille. Pourtant, lorsque la nourriture
manque, elles sont les premières à se priver, au détriment de leur santé :

  • Avant même l’explosion dévastatrice du 4 août dernier à Beyrouth,
    85% des femmes interrogées par CARE au Liban déclaraient avoir réduit le nombre
    de repas qu’elles prenaient par jour.
  • Au Bangladesh, 33% des femmes ont réduit leur propre consommation de nourriture pour tenter de conserver leurs économies.

Les femmes, premières oubliées des politiques de lutte contre la faim

Le constat est alarmant. Sur 73 rapports mondiaux publiés par des bailleurs de fonds
et des décideurs politiques proposant des solutions pour lutter contre la faim dans le monde : 

  • Près de la moitié des rapports – 46% – ne mentionnent JAMAIS
    les femmes et les filles.
  • Aucun rapport ne prend en compte la différence entre les
    femmes et les hommes vis-à-vis de la crise alimentaire.
  • Seuls 5 rapports proposent des actions concrètes pour
    résoudre les inégalités de genre qui paralysent les systèmes alimentaires.

« Pendant une crise, les femmes sont les plus impactées :
leurs droits sont bafoués, elles perdent leurs revenus et sacrifient leur
bien-être et parfois même leur vie !
Afin de changer la donne, il est primordial de prendre en compte leurs besoins, de financer des organisations locales de femmes et surtout de les inclure à la table des décisions. 

C’est pourquoi
nous recommandons que l’ONU nomme un groupe de défense des droits des femmes au
Comité consultatif du Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires en
2021 »,
explique Léa Vernhet, chargée de plaidoyer chez CARE France. 

« Exclues et oubliées » , le nouveau rapport de l'ONG CARE sur la crise alimentaire

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