En
2017, la France a consacré 0,43 % de sa richesse nationale à la solidarité
internationale (contre 0,38 % en 2016), soit une hausse de 14,9 %, selon les chiffres de l’OCDE. Une bonne nouvelle attendue par
les ONG. Cependant Coordination SUD, dont CARE France est membre, invite la France
à se projeter plus loin pour se mettre au niveau des standards internationaux.
Coordination
SUD salue cette hausse et rappelle que l’augmentation de l’APD en 2017 est due
à la mobilisation exceptionnelle des parlementaires et des ONG fin 2016, pour
que le budget 2017 soit plus ambitieux : augmentation des crédits de l’APD et
du taux de la taxe sur les transactions financières – TTF (de 0,2 à 0,3 %).
Le
récent Comité interministériel pour la Coopération internationale au
développement (Cicid) a en outre acté une poursuite de l’augmentation de l’aide
publique au développement (APD) pour atteindre 0,55 % de la richesse nationale
en 2022, conformément à l’engagement d’Emmanuel Macron. Un cap cependant
insuffisant pour respecter l’engagement international maintes fois répété des
0,7 %.
Pour
Philippe Jahshan, président de Coordination SUD : « Si cette évolution
parait régulière, un effort budgétaire a manqué jusqu’ici. Il faudra par
conséquent la concrétiser en y allouant chaque année les moyens nécessaires. La
trajectoire actuelle du Cicid ne prévoit un engagement effectif de nouveaux crédits
qu’en 2020. La France doit augmenter sa contribution budgétaire dès 2019 ».
Pour
Claire Fehrenbach, administratrice de Coordination SUD et directrice générale
d’Oxfam France « Le budget 2019 devra aller plus loin. La totalité de la
taxe sur les transactions financières doit être affectée à la solidarité
internationale et aux changements climatiques. La France pionnière des
financements innovants doit maintenir son ambition et donner l’exemple ».
Coordination SUD questionne régulièrement la cohérence de la
structure et les cibles de l’aide française qui nuisent à son efficacité et la
détournent de ses objectifs premiers.
Pour Philippe Jahshan : « L’aide française est marquée par une forte
proportion de sa part de prêts, qui pilotés avec des exigences de solvabilité
ne bénéficient pas aux pays les moins avancés. Ce déséquilibre croissant doit
s’inverser au profit des dons » et d’ajouter « Nous serons vigilants à ce que
les moyens supplémentaires qui doivent être dégagés pour l’APD profitent en
priorité aux pays les moins avancés et à la lutte contre la pauvreté et les
inégalités ».
CARE France est membre de Coordination SUD – Solidarité Urgence Développement, coordination nationale des ONG françaises de solidarité internationale. Elle rassemble aujourd’hui 164 ONG, adhérents directs ou au travers de six collectifs (Clong-Volontariat, Cnajep, Coordination humanitaire et développement, Crid, Forim, Groupe Initiatives), qui mènent des actions humanitaires d’urgence, d’aide au développement, de protection de l’environnement, de défense des droits humains auprès des populations défavorisées mais aussi des actions d’éducation à la solidarité internationale et de plaidoyer.