Hafetha et sa famille
font partie des 655 000 Syriens réfugiés en Jordanie. Alors qu’elle souffre de
problèmes de santé, Hafetha affronte un nouvel hiver dans un
appartement humide. CARE lui apporte un soutien financier pour
faire face au froid.
« Quand elle a
froid, elle vomit du sang »
« L’hiver est très difficile pour ma mère. Elle est
malade et quand elle a froid, elle vomit du sang. Nous faisons tout ce que
nous pouvons pour chauffer l’appartement. »
Talal vit dans un deux-pièces avec sa mère et ses quatre
frères et sœurs. Leur appartement est modeste et humide. Ils ne possèdent aucun
meuble, seuls quelques matelas sont posés à même le sol. À 18 ans, Talal
travaille tous les jours dans un restaurant pour faire vivre sa famille. C’est une
lourde responsabilité pour ce jeune homme.

« Mon mari est toujours en Syrie. Il a refusé de
quitter le pays sans notre fils aîné emprisonné à cause de la guerre »,
explique Hafetha, la mère de Talal. « Mais nous ne pouvions pas rester à
cause des bombardements. Il y a avait du sang et des corps partout dans la rue.
On a fui dans un autre village mais la situation y était tout aussi grave, nous
avons donc quitté le pays. »
Aujourd’hui, cette famille n’a plus aucune nouvelle de ceux
qu’ils ont laissés à Homs, en Syrie. Talal est en charge de prendre soin des
siens. Il gagne 338€ par mois, trop peu pour subvenir aux besoins d’une famille
de six personnes et arriver à payer leur loyer de 270€.
Les aides qu’ils
reçoivent ne suffisent pas à faire vivre cette famille de 6 personnes
« Quand nous sommes arrivés en Jordanie, il y a deux
ans, nous avons été installés dans le camp de Zatari. Nous n’y sommes restés que
quelques semaines car les conditions de vie y étaient trop précaires. L’état de
santé de ma mère se dégradait rapidement », se souvient Talal.
Hafetha subit une maladie du foie et des problèmes à l’estomac
qui la font souffrir. Pour la soulager, sa famille a trouvé cet appartement
dans la ville de Mafraq. Les aides mensuelles qu’ils reçoivent ne suffisent pas
à compléter le salaire d’une seule personne : ils ne reçoivent que 67€ du
Programme Alimentaire Mondial et une aide médicale de 27€.
« Quand nous sommes arrivés en Jordanie, nous avions
quelques économies mais aujourd’hui la seule chose que nous avons, ce sont des
dettes : 675€ de dettes. Les aides que nous recevons ne suffisent pas pour
nous permettre de vivre sans stress et en bonne santé », se désespère Talal.
« Je regrette ma
vie passée »
CARE les soutient depuis deux ans. Cette année, nous avons
pu leur apporter une aide financière de 270€. Avec cet argent, cette famille
peut se préparer à faire face à l’hiver et à couvrir ses besoins les plus
urgents, comme les soins de santé de Hafetha. Mais sa famille s’inquiète également
de son état psychologique.

« Je regrette ma vie passée. En Syrie, on vivait comme des rois. Mon pays est la seule chose à quoi je pense quand je pose ma tête sur cet oreiller. Aujourd’hui, tout ce que je veux, c’est être enterrée en Syrie quand je serai morte », murmure-t-elle le regard baissé.
« En fait, on
voudrait retrouver une vie normale »
Hafetha soupire quand elle entend parler ses enfants de leur
absence de perspectives pour le futur.
« Avant, nous pouvions penser au futur mais plus
maintenant. Aujourd’hui, seul le
quotidien nous préoccupe », explique Talal.

Ghalia, l’aînée des filles, elle, continue d’espérer qu’elle pourra retourner à l’école. À 14 ans, elle est seule à prendre soin de sa mère toute la journée.
« En fait, on voudrait retrouver une vie normale. Ce que nous souhaitons aujourd’hui, c’est de pouvoir être accueillis dans un autre pays pour pouvoir aller à l’école, travailler, vivre décemment », explique Talal. Il poursuit : « Mais notre rêve le plus cher, c’est que la guerre prenne fin et que nous puissions rentrer chez nous en Syrie. »
CARE aide les
populations syriennes
CARE et ses partenaires ont
fourni une aide humanitaire à plus d’2,5 millions de personnes en Syrie et
dans les pays voisins.