Plus de 42 700 jeunes ont été sensibilisés en faveur du
respect des droits des femmes, par les équipes de CARE dans les Balkans. L’écrivaine
Irène Frain s’est récemment rendue en Bosnie pour rencontrer ces groupes de
jeunes. Elle nous livre ses impressions.

L’inégalité des
genres dans les Balkans
Dans les Balkans perdure une vision
traditionnelle et patriarcale du rôle des hommes. Cela se manifeste par des inégalités
de genre et de l’homophobie.
Les violences à l’égard des femmes sont
répandues car liées à la représentation de la virilité. Selon une étude
réalisée par CARE en Bosnie, 45% des femmes ont été victimes de violences.
Déconstruire les
stéréotypes
Dans le cadre du projet « Be a
Man » lancé en 2007, CARE sensibilise les jeunes au respect des femmes. Des
groupes de jeunes hommes, âgés de 13 à 19 ans, se rassemblent pour parler de la
masculinité, de l’égalité des genres, des violences faites aux femmes, de la
sexualité et de l’alcoolisme.
L’écrivaine Irène Frain, engagée aux
côtés de CARE, résume le mot d’ordre de ce projet :
« Sois
un homme, pas en donnant de la voix ni en montrant tes gros bras, et encore
moins en battant ta petite amie, mais en découvrant par toi-même que les
stéréotypes machistes en vigueur dans ton pays conduiront ta génération au
désastre. Autrement dit : on ne naît pas homme, on le devient. Et
devenir un homme, c’est muscler ses neurones plus encore que ses biceps. »
Ces ateliers, menés dans les écoles, favorisent
une réflexion critique et permettent de déconstruire les stéréotypes de genre
très enracinés dans les mentalités.
« Venir ici est un moyen de fuir une
prison, la prison de tout ce qui nous a été raconté, la prison des souvenirs de
la guerre, des nationalismes, de la violence, du manque de perspectives »,
témoigne un des jeunes.

42 719 jeunes ont déjà participé à ces
ateliers qui alternent prises de parole, jeux de rôles et activités artistiques
en Serbie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Kosovo et Albanie.
« Ici, nous avons appris que la violence
verbale est aussi une violence. A travers celle-ci, les personnes se « vident
». Eh ben, qu’ils se vident contre les murs de leur chambre ! Ici nous apprenons
à canaliser notre énergie », témoigne un jeune participant au projet.
Irène Frain salue l’engagement de ces
jeunes qui vivent dans des régions encore hantées par la guerre et
les violences :
« C’est
par eux-mêmes que les jeunes issus de communautés traditionnellement ennemies
identifient les ressorts de la violence. Vite, des passions, des
questionnements et des idéaux communs les réunissent.
A Sarajevo, à Mostar, où
rôde encore la mémoire des bombes et des balles, mais aussi dans les petites
cités où s’agglutinent les réfugiés des camps adverses, ces milliers de jeunes
choisissent librement, en toute conscience, le respect des femmes et le
règlement des conflits par la négociation. Un miracle tranquille dont ils sont
les principaux acteurs. »
Pour aller plus loin :
- Les femmes au cœur des programmes de CARE
- CARE plaide pour l’égalité des genres
- Découvrez des témoignages de jeunes participant au programme de CARE dans les Balkans : 1/2 ; 2/2