Depuis le mois de décembre, la région d’Idlib est le théâtre de terribles affrontements. Plus de 200 000 personnes ont pris la route pour fuir les combats. Nebal, vit dans le gouvernorat d’Idlib, elle est enseignante pour l’association syrienne Women Now, partenaire de CARE. Elle témoigne de l’horreur de la situation.
Beaucoup d'enfants souffrent de dépression nerveuse, pleurent et crient toute la journée.
Un vent de peur et d’horreur s’abat
sur les civils de la province d’Idlib : les combats se poursuivent entre l’armée
gouvernementale et l’opposition, et les bombes russes tombent jour et nuit. Au
début du mois de janvier, plus de 100 civils ont été tués à cause des raids
aériens. L’hôpital de Marret AL-Noman, dans le sud du gouvernorat d’Idlib, et
tous les bâtiments qui l’entourent ont été détruits par un bombardement.
5
personnes sont mortes : un nouveau-né, des médecins et un homme qui attendait l’accouchement
de sa femme. La haine de cette guerre a détruit cette famille, tué leur bonheur
avant qu’il ne commence.
Les autorités locales ont fermé les
écoles par crainte des bombardements. Beaucoup d’enfants souffrent de
dépression nerveuse, pleurent et crient toute la journée. La situation ici est
terrible. Nous ne pouvons pas travailler, sortir ou même dormir normalement.
Comme
tout le monde, je ne vais pas bien. J’ai tellement peur de perdre des êtres
chers et mes amis. … Je suis si triste de voir les victimes, les morts, les
blessés et les sans-abris. Ça me fait pleurer. Nous sommes tous en danger.
Il y
a beaucoup de rumeurs sur l’évolution de la situation, l’avancée de l’armée. Plus
de 200 000 personnes ont fui leur maison, certaines ont quitté la région à la
recherche de lieux plus sûrs.
Cette guerre nous prive de notre liberté, de nos droits d'étudier et de vivre en paix
Je suis enseignante dans un centre
éducatif pour femmes, soutenu par l’ONG syrienne Women Now. Ne pas pouvoir
travailler me déprime et me rend nerveuse. J’aime mon travail ; c’est toute ma
vie. Voir mes collègues et amis, ainsi que mes étudiantes, m’a toujours rendue
très heureuse. Malgré la situation actuelle, j’essaie d’être forte et de ne pas
paniquer.
Quand je parle avec mes étudiantes, je les encourage à poursuivre
leurs études. Mais certaines ont déjà fui avec leur famille. La semaine
dernière, l’une d’elles est venue chez moi pour me dire au revoir, elle m’a
embrassé et s’est mise à pleurer. Nous avions le sentiment que nous ne nous
reverrions plus jamais.
Ce que je ressens ? Un mélange de
tristesse et d’amertume envers cette guerre qui nous tue tous les jours et nous
prive de notre liberté, de nos droits d’étudier et de vivre en paix.
Soutenez nos actions en faveur des populations syriennes
L’ONG CARE et ses
partenaires ont fourni une aide humanitaire à plus de 2,5 millions de personnes
en Syrie et dans les pays qui accueillent des réfugiés syriens.
Dans la province d’Idlib, CARE et ses partenaires syriens vont soutenir 25 000 personnes par des distributions d’urgence : nourriture, couvertures, matelas et produits d’hygiène. CARE va également apporter un soutien financier pour permettre aux civils d’acheter ce dont ils ont besoin.
Ce texte a été publié par le Journal du Dimanche