Paquerette, 15 ans, vit dans l’Est de Madagascar. Sécheresse, cyclone… Paquerette témoigne des impacts du changement climatique sur le quotidien de sa famille. Elle s’engage avec d’autres jeunes pour protéger l’environnement dans le cadre d’une initiative lancée par CARE.
Madagascar, l’un des pays les plus pauvres au monde
« J’habite avec ma famille dans une maison traditionnelle. Les murs sont faits
avec les tiges de l’arbre du voyageur, le plancher avec l’écorce de cet arbre
et la toiture est constituée de feuilles. Cinq
personnes vivent dans une pièce
unique. Nous avons un coin dormir et un coin pour cuisiner.
Mes parents cultivent du riz, du manioc et de la patate douce. Ils font
aussi du petit élevage de poulets. Cela permet de payer nos
frais de scolarité.
Les impacts du changement
climatique
A cause du changement climatique, nos récoltes ont diminué de moitié.
La saison des pluies a changé. La culture du riz commence traditionnellement
vers le mois d’août quand les pluies commencent. Mais l’année dernière, fin octobre, nous n’avions toujours
pas de pluie.
Il fait très chaud maintenant. L’eau des rizières se tarie et nous
n’avons plus de poisson. Notre élevage de poules souffre aussi de la chaleur. Les
maladies aviaires se répandent plus facilement. Mes parents ont moins de revenus.
Des cyclones et inondations de
plus en plus fréquents
L’année dernière a été catastrophique. J’étais dans les champs avec ma
famille et nous ne savions pas qu’un cyclone approchait. Nous n’avons pas eu le
temps de rentrer chez nous. Notre abri dans les champs a été dévasté par les vents violents.
Nos champs ont aussi été ravagés. Après le passage du cyclone, nous
avons voulu replanter du riz mais il n’y avait plus suffisamment de pluie. Nous
n’avions pas grand-chose à manger dans les mois qui ont suivi.
Les jeunes s’engagent contre le changement climatique
Si de tels événements continuent, j’ai peur que ma famille et ma
communauté n’aient pas suffisamment à manger.
J’ai aussi peur de ne plus pouvoir aller à l’école. Mes parents ont du
mal à payer mes livres et mes cahiers. Comme je suis l’ainée des enfants qui
habitent encore avec mes parents, je dois beaucoup les aider.
C’est pour ça que je me mobilise pour protéger l’environnement.
Je fais partie d’un groupe de jeunes, créé par CARE qui sensibilisent
notre communauté. Nous devons agir à notre niveau. On explique que la
disparition de notre forêt est l’une des raisons de la dégradation de notre
environnement. Nous expliquons que celui qui coupe un arbre doit en replanter
deux.
En un an, j’ai planté 4 arbres. Je veux en faire autant chaque année. J’espère
que cela va aider ma communauté. J’espère que si chacun fait des efforts alors tout reviendra comme avant. »
L'action de CARE à Madagascar
A Madagascar, le nombre de cyclones de catégorie 4 à 5 était de 18 entre 1975 à 1989. Il est passé à 50 entre 1990 et 2004. La trajectoire des cyclones a été modifiée par les effets du changement climatique : désormais ils ne touchent plus seulement le Nord de l’île, mais aussi l’Est.
Le pays est également touché par l’élévation du niveau de la mer ainsi que la variabilité des saisons et des précipitations. Ces évènements menacent la sécurité alimentaire, l’approvisionnement en eau et les systèmes de santé publique.
CARE sensibilise les populations, notamment les écoliers, aux impacts du changement climatique. Nous formons également les populations à des pratiques agricoles adaptées aux aléas climatiques.
Nos équipes renforcent les capacités techniques des comités villageois de gestion des risques de catastrophes. Nous les aidons à mettre en place des systèmes d’alerte et d’information et à mener des travaux d’aménagement et de protection (habitats améliorés, digues, murs de soutènement, abris anticycloniques). Afin de réduire les risques de crise alimentaire post-catastrophe, CARE promeut également la construction de greniers communautaires.