L’Inde enregistre actuellement des températures record qui mettent en danger la vie de son milliard d’habitants. L’Afrique du Sud a vécu il y a quelques semaines des inondations qui ont coûté leur vie à plus de 440 personnes, des pluies tropicales particulièrement intenses ont frappé l’Afrique de l’Est, et les dernières études montrent que le niveau de la mer augmente plus vite que prévu menaçant la Nouvelle-Zélande… La liste est longue et non-exhaustive. Les changements climatiques n’ont jamais été si importants avec de lourds impacts : sécheresse, manque d’eau, incendie, perte des récoltes… Pour certaines populations, les conséquences sont déjà irréversibles.  

Le nombre des catastrophes liées au climat devrait passer à 560 par an – soit 1,5 par jour – d’ici à 2030 (contre 400 en 2015) estime le bureau des Nations unies pour les risques de catastrophes. Celles-ci auront des répercussions disproportionnées dans les pays du Sud – pourtant les moins responsables de cette situation – et derrière ce chiffre qui peut sembler abstrait, une terrible réalité : des morts plus nombreux, des terres perdues.  

L’inaction des pays riches en cause

Cependant, les pays du Nord se retrouvent eux aussi rattrapés par cette réalité : l’été dernier a été le plus chaud jamais enregistré en Europe. La France quant à elle est déjà affectée par les vagues de chaleur, la diminution des rendements agricoles, les pénuries d’eau et les inondations. La sécheresse par exemple coûte déjà 1,2 milliard d’€ par an à la France, dû aux pertes agricoles, aux perturbations de la production et à la distribution d’énergie… 

« Des mensonges et les promesses brisées des dirigeants mondiaux­ » a fustigé en avril dernier Antonio Guterres face à l’inaction des pays dans la lutte contre le réchauffement climatique. La France en fait partie. L’an dernier, l’État français a été condamné à deux reprises par la justice pour inaction climatique. Il doit agir au plus vite notamment en s’engageant à réduire de 65% les émissions de gaz à effet de serre au niveau national d’ici 2030 et en augmentant son soutien financier aux pays qui subissent de plein fouet les pires impacts climatiques. 

Les pays du Sud lassés du bla-bla

Lassés de dépendre du bon-vouloir des pays riches pour faire face aux impacts du changement climatique, une coalition de 48 pays du Sud, vient d’annoncer la mise en place d’un dispositif pour tester l’allocation de fonds à des communautés touchées par des pertes et dommages, avec l’aide de deux organisations philanthropiques. Le but? Démontrer aux pays riches qu’il est possible d’agir et de répondre concrètement à l’injustice climatique.  

En effet, à la COP26, les pays vulnérables avaient dû se contenter d’un “lot de consolation”- au lieu de la mise en place de la “facilité de Glasgow”, un instrument financier pour répondre aux pertes et dommages – l’organisation d’un dialogue de 2 ans pour « discuter des arrangements de financements pour éviter, limiter et répondre aux pertes et dommages » sans aucune garantie qu’il aboutisse à des engagements concrets. Ce dialogue débutera d’ailleurs dans un peu plus d’un mois à Bonn, en Allemagne. Les pays vulnérables n’accepteront pas qu’il se résume à une énième session de bla-bla. Aux principaux pays pollueurs de démontrer enfin qu’ils sont prêts à assumer leurs responsabilités en leur apportant des réponses tangibles. 

Contact média :  

Fanny Petitbon – experte climat de l’ONG CARE – est disponible pour des interviews. 

Contactez Camille Nozières : nozieres@carefrance.org, 07 86 00 42 75 

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