Près de 6 400 réfugiés et migrants sont bloqués en
Serbie, suite à la fermeture des frontières des pays d’Europe centrale début
2016. Ils vivent dans des conditions très précaires dans l’attente
d’informations pour poursuivre leur chemin. Sabine Wilke, membre de CARE de
retour de mission, raconte leur désespoir.
Ici, les températures peuvent descendre jusqu'à moins 20°C.
Des enfants jouent dans la neige. La scène pourrait être
idyllique, mais ce n’est pas le cas. Le vent souffle et les températures sont
glaciales : moins de 10°C. Or, quelques-uns ne sont vêtus que de pulls
légers, d’autres toussent bruyamment.
Certains ont un regard qui en dit long
sur les horreurs dont ils ont été témoins. Ces enfants ont fui l’Irak, l’Afghanistan,
la Syrie ou d’autres endroits où la guerre fait rage.

D’anciens hôtels, usines ou stations-service ont été reconvertis en camps
de réfugiés.
200 à 250 personnes arrivent chaque jour en Serbie. La
plupart sont transférées dans des camps de réfugiés officiels : d’anciens
hôtels reconvertis, d’anciennes usines ou des stations-service désertées.
Je
peux sentir leur désespoir quand je me rends dans ces bâtiments surpeuplés. 15
à 20 personnes vivent dans une même pièce – des couvertures pendent des lits superposés afin
de recréer un peu d’intimité – et sont
obligées de faire la queue pour aller aux toilettes.

Les procédures de demandes d'asile ou de regroupement familial sont lentes.
Tous espèrent des informations sur ce qui les attend. Ils
peuvent demander l’asile en Serbie ou faire une demande de regroupement
familial si l’un de leurs proches vit déjà en Europe. Mais les procédures sont
lentes et les informations difficiles à trouver.
D’autres, désespérés par
l’attente ou les conditions d’accueil, décident d’avoir recours à des passeurs
afin de traverser la frontière. Mais les abus qui auraient lieu dans les
centres de détention en effraient beaucoup et les dissuadent de tenter toute
action qui pourrait les faire arrêter par la police.

CARE et son partenaire distribuent des vêtements d'hiver.
Ici, à Sjenica, CARE distribue des vêtements d’hiver. Les
bénévoles aident chaque enfant à choisir la bonne paire de bottes, un bonnet et
une paire de gants adaptée à leurs petites mains.
Les adultes reçoivent des couvertures, des produits
d’hygiène et des draps : c’est peu. Ce n’est certainement pas ce à quoi
ils s’attendaient quand ils ont tout risqué pour arriver jusqu’ici. Mais le
linge et les vêtements distribués leur procureront un peu de chaleur pendant
l’hiver.

Ces personnes ont fui la guerre et les persécutions pour sauver leur vie.
Attendre toute la journée, se réveiller dans le froid, sans
savoir ce que l’avenir vous réserve : voici le quotidien de centaines de
milliers de réfugiés.
Ces personnes n’ont pas choisi de devenir dépendantes
d’une aide extérieure. Elles ont fui la guerre et les persécutions pour sauver
leur vie et offrir un avenir à leurs enfants. À leur place, la situation nous
aurait sans doute poussés à rassembler courage et énergie pour en faire de
même.

* Un texte de Sabine Wilke de retour d’une
mission en Serbie. Sabine Wilke est membre de l’ONG CARE en Allemagne.
L'action de CARE
CARE et ses partenaires locaux
fournissent une aide humanitaire aux réfugiés et migrants dans les Balkans.
Depuis 2015, CARE et ses partenaires ont
distribué 130 000 kits de nourriture, 4 200 kits d’hygiène et 38 000 kits
d’urgence (comprenant des vêtements chauds, des couvertures, des chargeurs de téléphone).
CARE a également construit 50 toilettes et douches dans les camps de réfugiés
et a installé des machines à laver.
13 172 personnes, dont 8 000 enfants,
ont participé à des activités de soutien et récréatives organisées par CARE et
ses partenaires.