Dans
trop de pays, pour trop de femmes, les règles représentent autant de jours à
éprouver un sentiment de honte ou être victimes de discriminations. Il faut que
ça change ! Douze influenceuses se mobilisent aux côtés de CARE et des Nanas
d’Paname pour dénoncer les impacts du tabou des règles.
Libérer la parole, ne pas se sentir
écrasées par le tabou des règles… Découvrez les témoignages de quatre femmes
inspirantes. Et pour découvrir cette campagne sur Instagram, c’est ici.
« Aucune jeune fille ne devrait
pleurer de honte parce que son corps se développe. »
Anaïs Delva, @anaisdelva, chanteuse
« À force de
voir un liquide bleu systématiquement utilisé pour illustrer le sang des règles
dans les publicités pour les serviettes qu’on appelle « hygiéniques » j’ai
grandi en associant le sang des menstruations au sentiment de HONTE.
Il ne pouvait être que répugnant ce sang
puisqu’il fallait le cacher, le transformer dans l’inconscient collectif en un
joli liquide couleur azur. Et puis il n’était pas « hygiénique » (donc sale)
d’être indisposée puisque c’était dans l’intitulé même des protections intimes
qui accueillaient ces stupides taches bleues. Alors
évidemment le jour où mes règles sont arrivées pour la toute première fois
j’étais effondrée.
Je m’en suis rendue compte en voyant une tache
de sang sur ma serviette de bain et ma première réaction a été d’éclater en
sanglots, non pas parce que j’étais bouleversée du changement phénoménal que
vivait mon corps, non… Parce que j’étais morte de honte à l’idée de devoir
avouer que j’avais tachée une serviette de bain avec ce sang si sale dans mon
inconscient auprès de ma propre famille.
Mes règles venaient à peine d’arriver et je
demandais déjà pardon… 20 ans plus
tard, je me surprends encore à cacher mes protections intimes quand je les sors
de mon sac pour ne surtout pas gêner mon entourage.
Aucune jeune fille ne devrait pleurer de honte
parce que son corps se développe. Aucune femme ne devrait se sentir sale
uniquement parce qu’elle est capable de porter la vie. Il est temps de cesser cette mascarade et de
voir la vérité en face : je suis fière de mes règles et je refuse qu’elles
soient considérées comme impures. »

« Un nez qui saigne en public
ne gêne personne alors qu’un vagin qui saigne fait l’effet d’une bombe. »
Noémie de Lattre, @noemie.de.lattre,
artiste et humoriste
« Comment est-il possible qu’un nez qui saigne en public ne gêne
personne, tandis qu’un vagin qui saigne fait l’effet d’une bombe ?
Le tabou des règles TUE. Aux 4 coins du monde il tue des femmes ostracisées
menacées, chassées ou condamnées; en France il tue des femmes infectées par des
matériaux toxiques et mal testés; dans nos rues il tue des femmes qui, faute de
moyens, ont utilisé des objets inappropriés et sales.
Sérieusement on marche sur la lune et il n’existe toujours pas de
médicament décent contre le syndrome prémenstruel qui touche des MILLIARDS de
femmes ??
À quel moment on dépense plus d’argent pour lutter contre les problèmes de
calvitie que pour lutter contre les dégâts physiques et psychologiques liés aux
règles ? »

« Avoir mes règles n'a jamais
été un obstacle pour moi. »
Sarah da
Silva, <span>@hurricaneofbeauty, </span>make-up artist
vegan
« Avoir mes
règles n’a jamais été un obstacle pour moi.
J’ai toutefois eu peur des « fuites » et en
parler naturellement avec mes ami(e)s n’a pas vraiment été facile pour moi.
Je
dirai que c’est plus une peur du jugement parce qu’à la fin, les règles ne
sont-elles pas naturelles ? »

« Mes règles ne m’ont jamais
empêché de vivre ou boxer ma vie. »
Kelly Bessis,<span>@kellybessis, </span>sportive et entrepreneuse
« Pour moi les
règles ont toujours été le symbole de douleur mais ça ne m’a jamais empêché de
vivre ou boxer ma vie !!!
En revenant du Népal c’est la premières fois de ma
vie que j’étais fière d’avoir mes règles d’être une femme et surtout une femme
en France !!
Alors soutenons CARE pour que dans aucun pays se soit une honte
d’être une femme une d’avoir ses règles. »

Pourquoi une mobilisation contre le tabou des règles ?
Le tabou autour des règles a des
conséquences dramatiques pour la vie des filles et femmes dans le monde :
- dans certains pays, les femmes sont considérées
comme impures quand elles ont leurs règles, elles sont exclues socialement
voire exilées de leur maison. - leur santé est mise en danger : 500 millions de femmes dans le monde n’ont pas accès à des protections hygiéniques.
- à la
puberté, beaucoup arrêtent leur scolarité, à cause des préjugés et faute d’accès à des protections hygiéniques ou des infrastructures sanitaires.
Trop de femmes souffrent de ces discriminations ou en meurent. Il faut que ça change ! Mais le tabou des règles, vieux de plusieurs millénaires, ne disparaîtra pas facilement, alors nous avons toutes et tous un rôle à jouer !
L’action de CARE
contre le tabou des règles
CARE est une ONG de
solidarité internationale qui lutte contre l’extrême pauvreté et défend les
droits des femmes.
CARE lutte contre le tabou
des règles partout dans le monde. Au Népal, à Madagascar, au Rwanda, au Vanuatu… Nos
actions sont multiples car il faut s’attaquer à toutes les causes et
conséquences du tabou des règles pour que les choses changent de manière
durable.
- CARE mène des séances d’information à la santé
sexuelle et reproductive. Nous sensibilisons les filles, les femmes, les hommes
et les garçons à l’égalité de genre. Notre ambition est de briser les préjugés
pour permettre à chaque fille et femme de vivre ses règles en toute sérénité,
sans danger pour sa santé et sans impacter ses droits. - CARE construit également des toilettes et des points
d’eau adaptés aux filles dans les écoles et les maisons. Nous soutenons la
fabrication de serviettes hygiéniques réutilisables ou distribuons des cups
lors d’urgences.
#RespectezNosRègles, une
campagne de sensibilisation en France
Cette action est le nouvel
opus de la campagne de sensibilisation contre le tabou des règles lancée par
l’association CARE France :
- une campagne d’information sur les réseaux sociaux en
janvier 2019, soutenue par plus de 50 personnalités et collectifs féministes et
vue par plus de 2 millions de personnes sur les réseaux sociaux. -
une soirée de mobilisation avec des humoristes
pour libérer la parole sans complexe sur le tabou millénaire des règles, en mai
2019. - cette nouvelle action est mise en place avec le collectif féministe Les Nanas d’Paname. Co-fondé par Chloé Bonnard dans le but de rassembler, les Nanas d’Paname
est un collectif solidaire de 50 femmes, artistes, entrepreneuses et
parisiennes. Ce projet humain, fédérateur et artistique met en avant des
femmes inspirantes et porteuses de projets, qui s’assument et qui
croient en leurs rêves… http://lesnanasdpaname.com/