La 1ère conséquence du changement climatique : des pluies de plus en plus imprévisibles

Il pleut moins dans le district de Mwenezi au Zimbabwe. Et c’est flagrant : dans le village de Sheba, 45 ans, les sources d’eau, comme les puits sont soit en panne, soit asséchées en raison d’une sécheresse récurrente.

« Sans eau, il n’y a pas de vie. Et Mwenezi est une région très sèche. [Depuis des années], les précipitations sont soit trop faibles, soit soudaines et trop abondantes. Avant le soutien de CARE, nous recueillions l’eau de pluie dans de petits seaux et des plats, mais ce n’était pas suffisant pour tenir lors des périodes de sécheresse. Avec notre bétail, nous devions parcourir de très longues distances pour trouver de l’eau potable », explique Sheba.

La survie des populations en jeu

Quels sont les impacts pour les populations de ces changements climatiques ? Leur quotidien est plus difficile. 

« On avait une augmentation des corvées, les familles passaient une grande partie de leur temps à chercher de l’eau. Ça affectait même les enfants qui n’arrivaient pas à se concentrer sur leur travail scolaire. » 

Mais plus largement, c’est aussi leur alimentation et leur survie qui sont en jeu. Car dans les zones rurales du Zimbabwe, quatre personnes sur cinq vivent de l’agriculture pluviale. Et à cause des sécheresses, la grande majorité de la population manque d’eau pour boire et pour cultiver leurs terres. 

 

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Des réponses existent face à la sécheresse et aux changements climatiques

Donner accès à de l’eau

Depuis 2016, Sheba et d’autres familles sont soutenues par CARE. Comment ? Pour remédier aux pénuries d’eau, CARE a construit des structures de collecte d’eau individuelles et communautaires dans toute la province de Masvingo : 120 réservoirs souterrains et trois barrages. Ainsi dans le village de Sheba, 50 familles profitent désormais de réservoirs et d’un barrage qui contient 45 000 mètres cubes d’eau. L’eau s’écoule directement dans un nouveau jardin communautaire de deux hectares. Ces terres fournissent des légumes aux membres de la communauté tout au long de l’année.

Sheba affirme que le barrage a été très bénéfique pour la communauté, brisant le cycle de pauvreté et d’insécurité alimentaire qui piège encore les autres communautés les plus vulnérables du pays.

« Nous n’avons plus à parcourir plus de 5 km à la recherche d’eau. Nos vies se sont considérablement transformées car la pénurie d’eau signifiait également que nous ne pouvions pas cultiver nos terres. Le réservoir souterrain me permet d’avoir de l’eau potable pour ma famille et à mon bétail. Et je peux aussi arroser mon nouveau jardin potager. »

L'association CARE apporte une aide aux populations frappées par le changement climatique au Zimbabwe
© CARE
Une femme dans un champ au Zimbabwe, touché par des sécheresses et soutenue par l'ONG CARE
© CARE

Une agriculture plus durable face au changement climatique

Car désormais chaque famille peut aussi cultiver son propre jardin potager. C’est ce qu’on appelle la micro-agriculture familiale que CARE a rendu accessible à toutes et tous. Plus de la moitié des participants de ce projet sont des femmes. Sheba s’en félicite car, dans les zones rurales du Zimbabwe, les normes culturelles et traditions font que les femmes et les filles doivent avant tout s’occuper des tâches ménagères et n’ont généralement pas la possibilité de gagner leur vie. Cela rendait les femmes très vulnérables, comme Sheba qui est le seule soutien de sa famille de cinq enfants

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Pour quels résultats ?

Nos équipes locales ont formé les populations à une agriculture, un élevage et de la pisciculture plus durables face aux bouleversements climatiques. Cela aide les communautés à renforcer leurs capacités de résilience pour résister aux chocs climatiques. Et les résultats sont là !

« Nous ne luttons plus au quotidien. Avant, nous avions besoin d’argent pour acheter des légumes pour nos familles, mais maintenant j’ai un jardin potager sur ma propriété et j’ai de l’eau pendant toute la saison sèche. Nous avons maintenant une bonne alimentation. Et nous pouvons même vendre les légumes excédentaires de nos terres et gagner de l’argent pour les frais de scolarité de nos enfants. D’autres villageois qui ne faisaient pas partie du projet sont en train d’adopter les mêmes méthodes sur leurs terres. »

L'action de CARE contre le changement climatique

Les équipes de CARE agissent partout où le changement climatique bouleverse des millions de vies et aggravent les inégalités. Dans de nombreux pays – comme en Somalie, au Bangladesh, à Madagascar, au Guatemala :

  • nous apportons une aide vitale d’urgence aux plus vulnérables (nourriture, eau, abris, kits d’hygiène…)
  • et renforçons leurs capacités à s’adapter aux impacts climatiques sur le long terme, grâce à des techniques agricoles résilientes par exemple. 
  • Nous portons la voix des populations que nous soutenons au sein des conférences internationales sur le climat afin que les gouvernements agissent contre le changement climatique.

Nous portons une attention particulière aux femmes et aux filles, qui en subissent les répercussions les plus importantes. Elles sont souvent privées d’école par manque de moyens, chargées de marcher toujours plus loin pour trouver de l’eau potable ou en première ligne lorsqu’il faut se priver de nourriture pour leurs familles.