Près de 9 000 réfugiés et
migrants sont bloqués en Serbie, du fait de la fermeture des frontières
européennes. Leurs conditions de vie sont très dures, voire épouvantables pour
ceux qui vivent en dehors des camps officiels. Nos équipes locales leur apportent
une aide
humanitaire mais il reste beaucoup à faire. CARE dénonce le manque de
financements et de volonté politique des États européens.
La Serbie est devenue un cul-de-sac pour les réfugiés
Des
milliers de personnes en quête de sécurité et de protection continuent de
passer par les Balkans pour rejoindre l’Europe. Chaque jour, jusqu’à 200
personnes arrivent en Serbie. La plupart ont fui l’Afghanistan, le Pakistan,
l’Irak, l’Iran et la Syrie.
Ils
vivent dans des conditions dramatiques et font face à une totale incertitude
quant à leur avenir, du fait de la fermeture des frontières européennes effective
depuis le printemps 2016. La Croatie et la Roumanie ont totalement fermé leurs portes.
La Hongrie ne laisse plus passer que dix personnes par jour, contre 150
personnes il y a encore quelques semaines. Le délai d’attente pour passer la
frontière est désormais passé d’un à deux ans pour les hommes célibataires.

Aujourd’hui,
plus de 7 500 réfugiés et migrants sont bloqués en Serbie dans des camps
officiels.
2 000
personnes vivent également dans la forêt près de la frontière hongroise, dans
l’espoir de pouvoir poursuivre leur chemin. D’autres, en majorité des jeunes
hommes qui craignent d’être déportés, vivent à Belgrade dans des entrepôts et
bâtiments abandonnés. Ils dorment à même le sol et n’ont pas accès à des installations sanitaires.
Une épaisse
fumée toxique envahit les bâtiments quand ils brûlent des traverses de chemin
fer et des fauteuils pour se protéger du froid. Les températures ont chuté jusqu’à
-15°C mi-janvier.
CARE et
d’autres ONG ont ouvert un centre d’accueil à proximité de ces squats. Les
réfugiés peuvent y recharger leur portable, prendre une douche, avoir accès à
une aide médicale. CARE y distribue également des vêtements chauds et des
chaussures. De plus, les réfugiés peuvent y trouver des informations et
participer à des sessions de soutien psychologique.
CARE
travaille dans les camps de réfugiés officiels
CARE est
présent dans les camps de réfugiés mis en place par le gouvernement, comme, par
exemple, dans celui d’Adasevci, situé à une dizaine de kilomètres de la
frontière croate.
1 700 personnes s’entassent depuis des mois dans cet ancien
motel et sous cinq grandes tentes. La moitié a fui les violences en
Afghanistan. Une centaine de Syriens, des Pakistanais, des Irakiens, des
Iraniens, des Africains et des Cubains résident également dans ce camp.

Les conditions de vie dans les camps officiels sont également très sommaires. À Adasevci, une centaine de réfugiés vivent sous une même tente. Des draps tombent des lits superposés pour créer un semblant d’intimité. Le linge propre est tendu entre les armatures des lits, en espérant qu’il sèche dans ces tentes peu chauffées.
Une unité médicale est ouverte de 8 heures à minuit. Et CARE contribue à améliorer les conditions sanitaires du camp en construisant des toilettes et des douches. Nos équipes distribuent des kits d’hygiène.
CARE organise la distribution de trois repas par jour. Mais, dans ce camp surpeuplé, les réfugiés sont parfois obligés d’attendre jusqu’à deux heures avant de pouvoir manger. CARE dénonce des conditions non adaptées.
CARE a déjà aidé 230 000 réfugiés dans les Balkans
Depuis l’été
2015, CARE a aidé 230 000 réfugiés et migrants dans les Balkans. Nos équipes
distribuent nourriture, produits d’hygiène et vêtements. CARE construit
également des infrastructures sanitaires, dispense des cours de langues et
assure un soutien psychologique aux réfugiés.
Nos équipes
locales dénoncent une situation qui ne peut plus durer. CARE demande aux pays
européens d’agir en urgence en garantissant des routes légales et sécurisées pour
les réfugiés et en soutenant financièrement la réponse des ONG.
