Partout en Somalie, la sécheresse et la famine poussent des
familles entières à migrer vers des camps improvisés pour se rapprocher des
points d’eau. Découvrez le quotidien d’Hodan, 15 ans, Sirad, 60 ans, et Amina,
45 ans, qui tentent de faire face à
cette crise d’une ampleur inédite.
« A cause de la sécheresse, nous devons
marcher sept heures pour trouver de l’eau. »
Au
Somaliland, dans une région très affectée par la sécheresse, Hodan, 15 ans, et sa sœur Kawsar, parcourent de longues
distances avec leurs chèvres pour trouver des points d’eau. Au total, elles
marchent souvent 7 heures par jour, chargées de lourds jerricans remplis d’eau.
« Je
voudrais aller à l’école, mais il faut que j’aide ma famille à survivre »,
explique Hodan.
Dans
plusieurs régions du pays, la distance moyenne pour atteindre un point d’eau
est maintenant de 50 km, contre 2 km avant la sécheresse. Hodan se rend trois
ou quatre fois par semaine jusqu’à un puits amélioré par CARE. Ce puits, qui a été
construit à un endroit stratégique, de la région de Sanaag, permet de fournir
de l’eau à des milliers de personnes et à leur bétail.

« Les plus
faibles ont dû rester derrière. »
« Je
n’ai jamais connu une sécheresse aussi dévastatrice. L’année dernière, ma
famille possédait plus d’une centaine de chèvres. Aujourd’hui, elles sont
quasiment toutes mortes », explique Sirad, 60 ans.
En Somalie,
on dit que, lorsqu’un éleveur perd sa dernière bête, il meurt. Espérant faire
mentir ce dicton, Sirad, ses sept enfants et ses nombreux petits-enfants, font
tout pour survivre à la sécheresse. Sans eau, ni nourriture, ils ont parcouru
une quinzaine de kilomètres pour rejoindre un camp improvisé. Des centaines d’autres familles sont
rassemblées autour d’un puits où il reste encore un peu d’eau.
« Ici, nos
conditions de vie ne sont pas bonnes. Nous devons faire la queue pendant des
heures avant de pouvoir puiser de l’eau qui n’est pas vraiment propre. Beaucoup
d’enfants souffrent de maux de ventre ou de diarrhées. Et, comme il n’y a pas
d’abri, des familles vivent sous les arbres. »

« Nous
mélangeons du papier et de l’eau, les animaux prennent cette mixture pour de la
nourriture. »
Sur 6 des 30 vaches qu’Amina possède encore, l’une d’elle
est allongée près d’un arbre, avec un récipient contenant du papier.
« Nous mélangeons du papier avec l’eau, les animaux prennent
cette mixture pour de la nourriture », explique Amina, 45 ans. « Il
vaut mieux ça plutôt qu’ils aient l’estomac vide », ajoute-t-elle.
La nourriture qu’elle reçoit de CARE – blé, farine, riz,
haricots, dattes, sucre, huile – suffit à Amina, son mari et leurs enfants. En
revanche, c’est insuffisant pour le bétail.
« Aujourd’hui, nous avons besoin d’eau et de
nourriture, mais demain… Nous aurons besoin de nouvelles bêtes et d’être formés
à de nouvelles activités génératrices de revenus », explique Amina.

CARE va aider 1,2 million de personnes en Somalie
CARE intensifie sa réponse en Somalie afin d’apporter une
aide d’urgence à plus d’1,2 million de personnes dans les régions les plus
affectées par la sécheresse : Sool, Sanaag, Bari, Awdal, Lower Juba et
Banadir. Nos équipes apportent une aide en eau et nourriture et distribuent du
matériel de première nécessité. Nous apportons également un soutien financier
aux populations déplacées.