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Soudan du Sud. Une femme déplacée sur cinq a été victime de viol, comme arme de guerre

Au Soudan du
Sud, les attaques contre les populations civiles, et les femmes en particulier,
se poursuivent malgré le fragile accord de paix signé en août 2015. Une femme déplacée sur cinq a été victime de viol, selon une récente évaluation. Depuis le
début du conflit, il y a plus de deux ans, le viol comme arme de guerre s’est
fortement généralisé et prend des proportions horrifiques, alerte l’ONG
internationale CARE. 

Les célébrations du cinquième
anniversaire de l’indépendance du Soudan du Sud – le 9 juillet – seront bien
ternes pour les 5,1 millions de Sud Soudanais qui ont besoin d’une aide
d’urgence.

« La
situation humanitaire est critique et les violences contre les populations se
multiplient dans l’indifférence générale. 100 000 à 300 000 civils auraient été
tués au cours de ce conflit. Et la proportion de l’utilisation du viol comme
arme de guerre est tout simplement horrifique. Ces violences dépassent
l’entendement
 », alerte Fred McCray, directeur de CARE au Soudan du
Sud.

Une récente évaluation de l’ONU
démontre l’ampleur de cette crise : une femme déplacée sur cinq a été violée au
cours du conflit. Dans la ville de Bentiu, théâtre de violents affrontements et
lieu d’accueil de nombreux déplacés au nord du pays, 23% des familles ont été
victimes de violences sexuelles au cours des cinq dernières années, selon une
étude complémentaire. 87% de ces agressions ont eu lieu en 2015.

Et le chiffre réel de victimes
pourrait être bien supérieur à ces estimations car ces crimes ne sont pas assez
documentés et les violences sexuelles restent un sujet tabou. De
nombreuses victimes ne se
manifestent pas auprès des autorités ou des centres de santé car
elles craignent d’être stigmatisées par leur famille ou leur communauté.

« La
condition des femmes au Soudan du Sud était déjà très précaire avant le
conflit. Beaucoup nous disent qu’elles sont considérées comme un bien, que leur
valeur se compte au nombre de vaches que leur dot peut apporter. Leur situation
s’est encore dégradée depuis deux ans. Aujourd’hui, les femmes sont
spécifiquement ciblées par les groupes armés. L’usage du viol comme arme de
guerre s’est généralisé 
», explique Philippe Lévêque, directeur de
CARE France.

CARE interpelle les différentes
parties au conflit pour demander la fin des attaques contre les civils.
Sur le
terrain, nos équipes sont mobilisées pour combattre cette forte augmentation
des violences faites aux femmes : nous menons des actions de prévention
qui impliquent les hommes et les garçons. Nous aidons également les victimes à accéder
à une assistance légale, psychologique et médicale. Cela passe notamment par le
soutien de plusieurs centres de santé. Enfin, nous soutenons les victimes à
subvenir à leurs besoins par la création ou le renforcement d’activités
génératrices de revenus.

« De
manière plus globale, il faut revaloriser le rôle des femmes dans la société
sud soudanaise.
C’est pourquoi nous demandons leur participation au processus
de paix et de reconstruction. Nous le constatons à travers le monde, la
participation des femmes aux décisions politiques et à l’économie contribue à
la pacification et au développement des nations », témoigne Fred McCray.

Contact
médias

Nos équipes au Soudan du Sud sont
disponibles pour tout commentaire.

Contactez Laury-Anne Bellessa,
chargée des relations medias, bellessa@carefrance.org, 01 53 19 89 92/ 06 24 61 85 37

A propos de CARE :

CARE est un
réseau humanitaire international de lutte contre l’extrême pauvreté et de
réponse aux urgences, créé il y a 70 ans. En 2015, CARE était présent dans 95
pays.

CARE
intervient dans la région du Soudan du Sud depuis 1993. Nos équipes ont déjà
soutenu 300 000 personnes depuis le début du conflit : aide
médicale, alimentaire, soutien aux activités économiques.  Nous
menons également des programmes de retour de la paix et de prévention des
violences basées sur le genre dans les régions du Nil Supérieur, d’Unité, du Nil
Supérieur et d’Équatoria-Oriental.

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