Cette semaine marque les 2 000
jours du début de la guerre en Syrie. Nos équipes en Jordanie ont souhaité
donner la parole à quelques-uns des 4,8 millions de réfugiés syriens. Ces femmes,
hommes et enfants témoignent de ce qu’ils ont perdu. Ils racontent comment leur vie a basculé depuis l’éclatement des violences et leur exil.
« Notre petit-fils de trois ans a été tué par des snipers. Ils tiraient sur tout ce qui bougeait. »
Wafa, 56 ans, et Samir, 66 ans.
« J’ai été chauffeur
de taxi pendant 42 ans à Damas. J’avais ma propre voiture. Je possédais trois
maisons et un magasin où nous vendions des sacs et des chaussures pour femmes. J’étais
aussi entraîneur de lutte. Avant, j’ai gagné des compétitions internationales.
Notre fils
unique vivait dans la région de la Ghouta. Notre petit-fils a été tué par
un sniper. Il n’avait que 3 ans. Ils tiraient sur tout ce qui bougeait, même
les chats. Après sa mort, nous avons dépensé tout notre argent pour faire sortir
mon fils et sa famille de cet endroit. Nous devions payer à
tous les barrages. Mais nous avons réussi.
Aujourd’hui, le plus
important pour moi est de vivre en paix. C’est mon seul rêve. Mais notre situation
actuelle… Nous avons souvent faim. J’espère que je pourrai retourner en Syrie
un jour, au moins pour vendre mes derniers biens et avoir un peu d’argent pour que
nous puissions retrouver notre dignité. »

« C’était trop
dangereux de rester et tout était devenu très cher. »
Bint Soori*, 50 ans, réfugiée syrienne originaire de Homs.
« J’ai dû quitter
la Syrie parce que nous n’y étions plus en sécurité. C’était trop dangereux de
rester et tout était devenu très cher. Beaucoup de gens étaient emmenés pour
être interrogés et ils ne revenaient jamais. Même des femmes. Nous ne pouvions pas rester.
Nous sommes arrivés en
Jordanie dans le camp de Zaatari mais nous ne nous y sentions pas en sécurité.
Nous étions totalement effrayés. Nous sommes partis du camp et avons trouvé un
officier de police qui nous a aidés à nous enregistrer en tant que réfugiés.
Mon
mari est retourné en Syrie pour voir sa mère dont la santé est fragile. Je n’ai plus de nouvelles
depuis. C’était il y a trois ans. Il est l’une de ces personnes disparues. »
* Le nom a été changé pour des questions de
sécurité.

« Mon père est resté en Syrie. Il pensait que nous allions revenir rapidement. »
Mohammed, 25 ans, originaire de Damas.
« J’étais en
dernière année d’études de commerce à l’université de Damas quand j’ai dû fuir
la Syrie. J’aimais ma vie en Syrie. Nous faisions partie de la classe moyenne.
Mon père avait son propre business. J’ai fui à cause des violences et je ne
voulais pas participer à cette guerre. Les jeunes hommes étaient recrutés de
force par les militaires. Je voulais aussi terminer mes études.
Je suis parti
avec ma famille. Seul mon père est resté en Syrie. Il n’a jamais aimé voyager
et il pensait que nous allions revenir rapidement. Mais la guerre se
poursuit. Maintenant, il a 69 ans. Il lui est trop difficile de nous rejoindre.
Ici en Jordanie, je n’ai
pas pu continuer mes études. Tous mes certificats sont bloqués à Damas.
Mes amis me manquent. Ils ont fui dans d’autres pays. On a tous besoin d’amis et de se sentir
entouré. »

CARE a déjà soutenu 1,5 million de personnes en Syrie et dans les pays voisins. Vous pouvez nous aider à poursuivre notre action.
CARE a déjà fourni une aide humanitaire à plus d’1,5 million de personnes : populations en Syrie, réfugiés syriens ou communautés hôtes des pays voisins comme la Jordanie ou le Liban.
Pour soutenir les réfugiés syriens, nos équipes :
- distribuent de la nourriture et des biens de première nécessité (vêtements, ustensiles de cuisine, matelas),
- améliorent l’accès à l’eau et à l’assainissement,
- apportent un soutien financier (pour l’achat de nourriture, le paiement des loyers ou l’accès à des soins de santé),
- apportent un soutien psychosocial,
- informent les réfugiés sur leurs droits.